LIBRE LUCHA !

LIBERTE... SOLIDARITE... RESISTANCE ! Pas justice ? Pas de paix !

10 novembre 2009

Message d’Ehsan Fattahian militant kurde iranien

“Je n’ai jamais eu peur de la mort”

Message d’Ehsan Fattahian, prisonnier politique condamné à mort dont
l’exécution est prévue pour le 11 novembre 2009, publié par Militants
des
droits Humains en Iran le 9 novembre :

Les dernières lueurs du soleil au crépuscule
Me montrent le chemin sur lequel écrire
Le bruits des feuilles sous mes pas
Me disent “Laisse toi tomber
et tu découvriras le chemin de la liberté”

Je n’ai jamais eu peur de la mort. Même maintenant, alors que je sens
sa
présence étrange et honnête près de moi, je veux encore sentir son
arôme
et la redécouvrir ; la mort est le plus ancien compagnon de cette
terre.
Je ne veux pas parler de la mort, je veux poser les questions qui sont
derrière elle. Aujourd’hui, lorsque le châtiment est la réponse à ceux
qui cherchent la liberté et la justice, comment peut-on la craindre ?

Ceux d’entre “nous” qui ont été condamnés à mort par “eux” ne sont
coupables que de chercher l’ouverture vers un monde meilleur et plus juste.

Est- ce que “ils” sont aussi conscients de leurs actes ?

J’ai commencé ma vie dans la ville de Kermanshah, dont le nom est
toujours sur la langue de mes compatriotes pour sa grandeur, la ville dont on
dit qu’elle est le berceau de la civilisation. Alors que mes pensées se
développaient, j’ai pu voir et sentir l’injustice et la
discrimination, une injustice qui me touchait pas seulement en tant qu’individu mais
en tant que membre du genre humain. Je suis partis dans des milliers de
directions différentes pour trouver les raisons de l’injustice. Hélas,
ils avaient tellement fermé les perspectives pour ceux qui cherchaient la
justice que je n’ai pu y trouver ma voix. J’ai migré vers un autre
horizon, hors des limites superficielles, pour trouver les réponses à
mes questions. Je suis devenu un membre de Komalah (1) pour trouver mon
identité volée. Pourtant, je ne me suis jamais séparé de ma première
maison et  j’y retournais par moments pour renouveler mes souvenirs.
Et ensuite, un jour, ils m’y ont trouvé lors d’une de mes visites, m’ont
arrêté et m’ont mis dans une cage. Dès le premier jour, l’accueil que
m’ont réservé mes geôliers m’a convaincu que mon destin serait
similaire à ceux qui ont marché avant moi le long de cette route :  torture,
accusations fabriquées, tribunal biaisé, un verdict injuste et motivé
politiquement et finalement la mort.

Laissez moi m’exprimer sur cette route : après avoir été arrêté le 20
juillet 2008 à Kamyaran, j’ai été emmené au bureau local du ministère
des renseignements. Quelques heures plus tard, j’avais les yeux bandés et
étais enchaîné et ne pouvais plus ni voir ni bouger, une personne, qui
s’est présentée elle-même comme secrétaire du procureur, a commencé à
m’interroger. Ses questions étaient  hors sujet et pleines
d’accusations
(laissez moi vous rappeler qu’il est strictement contraire à la loi
d’interroger les gens ailleurs que dans les cours et les tribunaux).

Ce fut la première des nombreuses sessions d’interrogatoires auxquelles j’ai
dû faire face. La même nuit, je fus emmené au siège provincial du
ministère des renseignements à Sanandaj où m’attendait une vraie fête : une
cellule sale avec des toilettes répugnantes. Les couvertures n’avaient pas été
lavées depuis des années.

Ce fut le début de trois mois de montées et de descentes d’escaliers
de ma cellule à la salle d’interrogatoire, où à chaque fois j’étais battu
le long du parcours. Les honorables enquêteurs étaient tellement désireux
d’obtenir une promotion ou de gagner un peu plus d’argent qu’ils m’ont
accusé de toutes sortes de choses bizarres, même des accusations
qu’ils savaient fausses. Ils ont utilisé tous les moyens en leur pouvoir pour
prouver que j’avais participé à des opérations armées. A la fin, ils
ont simplement pu prouver que j’avais été membre de Komalah et que j’avais
participé à des activités de propagande contre le régime. La
condamnation à dix ans de prison lors du procès initial est une bonne preuve qu’ils
‘avaient qu’une seule accusation.

La 1er branche du Tribunal Révolutionnaire de Sanandaj m’a condamné à
10 ans de prison, qui devaient se dérouler à la prison Ramhormoz, hors du
Kurdistan. L’establishment politique et administratif en Iran a
toujours été favorable à des politiques centralisée, mais, apparement, dans mon
cas, ils avaient décidé l’inverse ! Récemment, des cours d’appel
provinciales sont devenues l’autorité judiciaire pour décider dans les
dossiers relevant de prisonniers politiques, y compris dans les cas de
peines de mort. Les cas de peines capitales étaient de la juridiction
de la cour suprême. Aussi, le procureur de Kamayran a fait appel du
jugement initial et, de façon surprenante et contre la loi iranienne, la 4ème
branche de la cour d’appel du Kurdistan a transformé les 10 ans de
prison en condamnation à mort. Selon l’article 258 du code pénal iranien, les
cours d’appel ne peuvent décider d’une peine plus lourde que si la
condamnation initiale est inférieure à la peine minimale stipulée par
la loi.

L’acte d’accusation présentée par le procureur stipulait l’accusation
de Moharebeh (ennemi de Dieu). La peine minimale dans des cas similaires
est d’un an de prison. Maintenant, jugez par vous-mêmes et comparez la
peine de 10 ans de prison (en exil) avec le minimum requis par la loi, et
voyez combien la condamnation à mort est illégale, contraire à la loi et
politique.

Laissez moi ajouter que, peu avant que ma peine fut transformée en
condamnation à mort, j’ai été emmené de la prison de Sanandaj au
centre de détention du ministère du renseignement, où on m’a demandé de faire de
faux aveux devant une caméra, de montrer des remords pour des actes
que je n’avais pas commis et de rejeter mes convictions. Je n’ai pas répondu
à leurs demandes illégitimes, alors on m’a dit que ma peine de prison
serait transformée en condamnation à mort. Ils ont été rapides à tenir leur
promesse et ils m’ont prouvé à quel point les tribunaux acceptent
toujours les demandes des services de renseignement et des autorités
non-judiciaires. Comment peut-on dès lors critiquer les tribunaux ?

Tous les juges ont prêté serment de rester impartiaux en tout temps et
en toute circonstance, de juger selon la loi et rien que la loi. Combien
de juges de ce pays peuvent dire qu’ils n’ont pas brisé leur serment et
qu’ils sont restés équitables et impartiaux ? Selon moi, ils peuvent
se compter sur les doigts de la main. Lorsque l’ensemble du système
judiciaire en Iran ordonne des arrestations, des procès, des peines de
prison et des condamnations à mort au moindre geste de la main d’un
enquêteur sans éducation, que peut-on attendre de quelques juges de
seconde zone dans une province qui a toujours subi la discrimination ?
Oui, selon moi, ce sont les fondations de la maison qui sont en
ruines.

La dernière fois que j’ai rencontré en prison le procureur qui avait
ordonné la première peine, il a reconnu que la peine était illégale.
Pourtant, pour la deuxième fois, il a été décidé que mon exécution
devait
avoir lieu. Cela va sans dire que l’insistance d’appliquer la peine à
n’importe quel prix est le résultat de pressions exercées par les
groupes
politiques et des renseignements au sein de l’appareil judiciaire. Les
gens qui font partis de ces groupes ne voient la question de la vie ou
de la mort d’un prisonnier que sur la base de leurs propres intérêts
politiques et financiers. Ils ne voient que leurs propres objectifs
illégitimes, même lorsque c’est la question du droit d’un prisonnier à
la vie, le plus fondamental des droits humains. Qu’il est inutile
d’attendre d’eux qu’ils respectent les traités internationaux alors qu’ils ne
respectent même pas leurs propres lois !

Dernier mot : si les dirigeants et les oppresseurs pensent qu’avec ma
mort, la question kurde va disparaître, ils se trompent. Ma mort et la
mort de milliers d’autre comme moi ne guérira pas la douleur, ils ne
feront qu’ajouter des flammes à son feu. Il n’y a aucun doute que
chaque mort est le début d’une nouvelle vie.

Ehsan Fattahian, Prison Centrale de Sanandaj

(1) Komalah est une organisation kurde qui se définit comme marxiste,
voir le site de Komalah.

http://www.komalah.org/

http://www.komalah.org/english/index.htm

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08 novembre 2009

Cette semaine a Sheikh Jarrah

Le 03 Novembre les Israeliens se sont empares d une nouvelle maison
dans la rue du quartier de Sheikh Jarrah. Mettant une nouvelle famille
dans la rue et se felicitant de cela, les colons sont montes sur le
toit d une maison qu ils ont prises et ont agites leur drapeau en
signe de victoire... Ils  n ont donc aucune honte de ce qu ils font,
ils clameront sans doute qu ils faut virer ces arabes musulmans car
ils sont des terroristes...  Alors que les palestiniens tentent
constament de garder leur calme face aux provocations des colons qui
chaque nuit ou presque leur jettent des pierres, et qui dans la
journee ne cessent de passer dans la rue admirer leur prochaine
prise.

Cette semaine par exemple un juif est venu prier en face de la maison
nouvellement prise, il est reste plus de 15 minutes a s agiter dans la
rue sans voir autour de lui les enfants traumatises et les parents
indignes. Une palestinienne est venu klaxonner devant lui pour le
faire degager il n en a pas pris garde non plus... fiers d eux ils
sourient aux cameras et aux appareils photos, on reste bouche bee, on
ne comprend pas comment ils peuvent rester aussi insensible aux
spectacles des familles demunis dans la rue.

La nouvelle prise des colons est pour le moment surveillee par deux
gardes anciennement palestiniens nationalises israeliens; ils
collaborent sans honte et sans se poser de questions.
Toute une journee les palestiniens essayent de discuter avec eux, de
leur expliquer le mal qu ils font en travaillant pour Israel mais les
gardes ne semblent rien comprendre. Une palestinienne nous dira qu ils
sont fous et qu ils n ont rien dans la tete. Nous sommes destabilisees
par cela et les palestiniens voient le terrible "jeu" d israel de
payer et de nationaliser des palestiniens pour surveiller leur prise.
Israel veut montrer que certains palestiniens sont pret a collaborer
et ainsi demontrer que ce ne sont pas eux le probleme.

Nous le savons le probleme : ce sont les etres humains insensibles qui
ne reflechissent pas aux consequences de leur actes et qui acceptent
de prendre des postes aux consequences lourdes comme si de rien n
etait.... comme ces gardes qui disent aux familles que ce n est qu un
boulot pour eux et de ne pas s inquieter car ils ne sont ici que pour
10 jours ! Comme si c etait cela le probleme ! Et ou iront ils
apres ?? Jusqu ou seront-ils capable d aller pour une meilleur
situation que les refugies palestiniens  qui gardent leur nationalite
en gage de resistance et aussi pour garder leur integrite et leur
dignite d etre humain.
On peut vouloir tromper les gens on ne peut pas ni tronquer la verite
ni changer  la realite.

Le monde tourne mal a cause de ces gens qui refusent de prendre
conscience du mal qu ils font, et qui ne comprenent pas l importance
et la responsabilite de chacun de nos actes.


Dans moins de 10 jours maintenant, la cour israelienne aura pris une
decision pour le devenir de la maison en question.
On miment encore une justice pour faire croire au monde que les
decisions ne sont pas prise a la legere alors qu au fond cela revient
toujours au meme, l avocat des familles nous le dira lui meme " cela
se passe mal comme d habitude"

Cette justice est comme les discours des politiques qui parle de la
creation d un etat palestinien sans demander expressement l arret de
la colonisation et le retrait des colonies; comment parler de justice
ainsi ??

qq photos :

http://picasaweb.google.com/lalibrelucha/SheikhJarrah#

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07 novembre 2009

LE 9 OCTOBRE 2009, LA JUSTICE ITALIENNE a condamné en appel 10 inculpés du contre-sommet du G8 de Gênes de 2001

Ils ont reçus, pour « destruction et saccage », de très longues peines de prison ferme :

CARLO A. : 8 ANS
CARLO C. : 8 ANS
MARINA C. : 12 ANS ET 3 MOIS
LUC F. : 10 ANS ET 3 MOIS
ALBERTO F. : 10 ANS
INES M. : 6 ANS ET 6 MOIS
FRANCESCO P. : 15 ANS
DARIO U. : 7 ANS
ANTONIO V. : 8 ANS
VICENZO V. : 13 ANS ET 3 MOIS

Ce procès arrive 48 heures après celui de 45 policiers où 15 seulement ont
été condamnés à des peines très légères. Ont été acquittés le préfet Ganni
De Gennaro, alors chef de la police ainsi que d?autres membres de la
hiérarchies qui ont dirigé la répression à Gênes en juillet 2001, bien que
la justice ait considéré comme illégale la charge de la police ayant
engendré les plus violents affrontements. La répression a fait un mort,
Carlo Giuliani, 23 ans, tué par balles lors de cette charge, plusieurs
centaines de blessés, des violences dont les plus fortes ont eu lieu à
l?école Diaz où était installé le centre de média indépendant et où
dormaient 307 manifestants qui ont été arrêtés puis séquestrés pendant trois
jours dans la caserne du Bolzaneto, subissant sévices et humiliations.

LES JOURNEES DE GENES ont vu la réunion pratique et puissante d?une
opposition à la réunion des chefs d?Etat de la planète, et plus généralement
à l?ordre économique mondial. Réunion internationale, forum social : 300 000
personnes se sont réunies à la manifestation du 20 juillet malgré la
militarisation et le verrouillage de la ville.

HUIT ANS APRES, CE 9 OCTOBRE, les peines prononcées sont très, très lourdes.
La disproportion est éclatante entre les chefs d?inculpation qui touchent
des destructions de biens matériels et ces cent années de prison au total.
Ce n?est pas telle ou telle action individuelle, telle ou telle personne que
la justice italienne punit. C?est l?ensemble des événements politiques du
contre-sommet qui se trouvent sanctionnés. Ces 10-là paient pour toute
l?action collective, pour tout le mouvement social et politique qui a eu
lieu à Gênes. Cette décision de justice ressemble à un grand signal de
terreur pour toutes celles et ceux qui contestent l?ordre social. Elle
poursuit la répression sauvage du contre-sommet. Ces procès sont la deuxième
vague de vengeance de l?Etat italien. Pour que la lutte contre l?injustice
sociale et les rapports économiques sauvages, les conflits qu?ils génèrent
soient cantonnés dans des formes invisibles, aseptisées qui ne gênent pas
réellement l?ordre établi.

La tolérance du pouvoir envers les formes de révolte non autorisées n'a
cessé de diminuer et, alors que la conflictualité sociale tend à s'aggraver,
ces condamnations marquent un nouveau pas dans le délire répressif en cours
en Italie comme ailleurs. Notre pays ne manque lui aussi pas d'exemples dans
ce domaine, comme le montrent les récents évènements de Poitiers (une
manifestation anticarcérale ayant débouché sur le bris de quelques vitrines)
après lesquels un homme a été condamné à quatre mois de prison ferme « pour
jet de pile » sur la police, puis un autre interpellé lors d'une
manifestation de soutien consécutive pour avoir comparé publiquement
l'officier de police à un collabo célèbre.

En dehors du fait que les condamnations de Gênes dépassent toutes les bornes
de l'entendement, et demeurent même sans commune mesure avec les peines les
plus dures infligées pour ce genre d'actes, elles sortent totalement des
règles les plus ordinaires du droit pénal. Les personnes condamnées se
voient infliger, pour quelques dégâts matériels (des bris de vitrine), des
peines que nombre de meurtriers ne purgeraient pas.
Dans ce cas, comme dans ceux où il maquille des assassinats sous des
accidents de la route, comme à Villiers-le-bel, ou à Fréjus récemment,
l'Etat réprime en faisant fi des règles qu'il s'est lui même imposé.
Quand il protège les siens contre les poursuites judiciaires que des
affaires de corruption ou de moeurs pourraient entraîner, il outrepasse
également la légalité. C'est que le droit est traversé par les rapports de
forces qui existent au sein de la société, et que parfois il n'a pas eu le
temps de s'adapter aux nouvelles pratiques de la domination, alors sa
sacro-sainte indépendance est violée, mais cela fait bien longtemps que ce
n'est plus une sainte-nitouche.....
La plupart du temps, le droit s'adapte, et en nos temps de répression tous
azimuts, cela donne les législations antiterroristes, qui permettent de
torturer des Irakiens, ou d'enfermer des épiciers communistes. Si la justice
a été un temps garante des libertés individuelles contre l'arbitraire de
l'Etat, aujourd'hui elle n'est plus qu'un des accessoires entre les mains de
l'arbitraire étatique, qu'il utilise selon ses humeurs. Ceux qui quémandent
auprès de l'appareil judiciaire un peu de justice sociale, prennent cette
bureaucratie de tribunaux et de prisons pour la garantie d'un monde d'amour
et de paix, ceux qui préfèrent manifester entourés de « gardiens de la paix
» plutôt qu'aux côtés de briseurs de vitrines ne font que retarder un peu
l'émancipation des exploités par eux-même.

Aujourd'hui, alors que nos camarades italiens sont persécutés par l'Etat
berlusconiste depuis huit ans, mettons tout en oeuvre pour qu'ils cessent
d'être poursuivis, et que ce genre de condamnations ne se reproduise plus.

Nous appelons à ce qu'une solidarité en actes se manifeste un peu partout
contre ces procès intolérables. Nous appelons à ne pas céder à
l'intimidation et à ne pas oublier qu'ici comme ailleurs, le pouvoir à de
bonnes raisons lui aussi de trembler. Nous appelons ainsi à participer à la
MANIFESTATION DU 8 NOVEMBRE CONTRE LES PRISONS.

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
POUR ORGANISER DES ACTIONS FACE À LA RÉPRESSION MARDI 10 NOVEMBRE À 18
HEURES AU CICP ___________________________________________
LISTE DE DISCUSSION resistons_ensemble@rezo.net [L'envoi doit avoir un seul
destinataire, la liste] Pour consulter le site: http://resistons.lautre.net/
___________________________________________

NOTE : POUR LA MANIF DU DIMANCHE 8 NOVEMBRE (dans le cadre de la "SEMAINE DE
MOBILISATION POUR LA SUPPRESSION DES LONGUES PEINES, DES MITARDS, DES
QUARTIERS D'ISOLEMENT..." (du 2 au 8/11/2009), RENCARD à 14H à BASTILLE, IL
Y'A AUSSI CE JOUR LA UN ACCUEIL A PARTIR DE 11H AU CICP (21 ter, rue
Voltaire - Paris 11è - M° "Boulets de Montreuil" ou "Nation") où UNE A.G EST
PREVUE + A NOTER AUSSI QUE LA VEILLE (SAM. 07/11, TOUJOURS DANS LE CADRE DE
CETTE "SEMAINE DE MOBILISATION...") LE CICP EST OUVERT A PARTIR DE 11H POUR
TOUTE LA JOURNEE AVEC PROJECTIONS, DEBATS, ATELIERS, BOUFFE ET CONCERT EN
SOIREE - PRIX LIBRE - plus d'infos sur mon blog (quand c'est pour la bonne
cause, ca fait toujours plaisir d'faire un peu d'pub):
http://terrificpunkyparty.blogspot.com/ ou sur le site de l'ARPPI
(Association pour le Respect des Proches de Personnes Incarcérées):
http://www.arppi.info/

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Chaos à Jérusalem pendant que les politiciens radotent

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

                                                                       
 
Hier, pendant que les politiciens s’excitaient sur des termes comme “ralentissement” ou “retenue » au sujet des activités coloniales illégales, les autorités israéliennes ont continué de démolir des maisons et ont expulsé 30 personnes de Jérusalem. Une pièce dans un immeuble démoli abritait une vieille dame handicapée, ses amis et voisins l’avait aidée à y faire des modifications qui lui facilitaient la vie.
                        
                                                                                                                                                                                     
                                                





















Ce soir, nous avons entendu un rapport plutôt déprimant d’une organisation du quartier Al-Bustan, à Silwan (Jérusalem occupée) où 88 maisons (hébergeant 1.500 personnes, dont 60% d’enfants) vont être détruites pour créer un « Parc Roi David ».

Dans une ville normale, les parcs sont créés pour le bien-être des résidents du coin, pas à des fins de nettoyage ethnique. Il y a à côté suffisamment d’espaces pour créer des parcs, mais les projets d’Israël pour Jérusalem impliquent le nettoyage ethnique de ses habitants arabes pour qu’il ne reste plus rien à négocier et qu’elle devienne une ville juive (la capitale éternelle d’Israël).

Le plan d’ensemble pour la judaïsation de la ville est décrit dans le projet « Jérusalem 2020 ». Après la construction de deux anneaux de colonies autour de Jérusalem (qui seront reliés par des tramways qui feront un réseau de « faits accomplis »), les projets de cet anneau le plus proche des colonies, des parcs, des synagogues et des musées est le plus destructif pour les habitants du secteur. Le fait qu’Israël viole le droit international (les conventions de Genève et les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies) semble ne rencontrer que des protestations étouffées de la « communauté internationale ».

On nous parle d’un gamin de 7 ans dont la mère a remarqué le sac de classe plein à craquer quand il est parti à l’école. A son retour, elle l’a ouvert pour découvrir qu’il était rempli de jouets. Lorsqu’elle lui a demandé pourquoi, il a répondu qu’il avait entendu ses parents parler de l’ordre de démolition qu’ils venaient de recevoir, et il voulait être sûr que lorsqu’il reviendrait de l’école pour trouver sa maison démolie, ses jouets les plus précieux seraient sauvés.

J’ai le cœur brisé pour ces familles. Je suis triste pour les partisans du sionisme qui provoquent tant de douleurs dans notre nouvelle génération d’enfants qui souffrent sous la brutalité de l’Etat colonisateur. Comment parvenir à une réconciliation lorsque 7 millions de personnes ont été transformées en réfugiés ou déplacées, jusqu’à maintenant (en bien plus encore à venir). Le droit international soutient-il la résistance ? Et la résistance est-elle de la seule responsabilité des victimes, ou bien aussi celle de tous les êtres humains dignes, quelles que soient leurs religions ?

Une autre nouvelle nous dit qu’un colon terroriste juif américain, Jack (c’est-à-dire Yaakov) Teitel, responsable d’un crime et de saccages contre des Palestiniens il y a 12 ans (il avait tué Isa Mahrama en 1997 et avait été libéré sans aucune peine de prison) vient d’être arrêté par la police israélienne… parce qu’on le soupçonne d’avoir projeté de cibler des Juifs de gauche et homosexuels !

La vie et les biens palestiniens continuent de ne pas valoir bien cher, sur cette terre impie.
                     
 Source                         :                                                                          A Bedouin in Cyberspace, a villager at home                                                                        
 Traduction                         :                         MR pour ISM                       
  

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01 novembre 2009

4 Familles palestinienne expulsees a Al Quds dans le quartier de Sheikh Jarrah ( Jerusalem Est )

C est la deuxieme fois aujourdhui que nous nous rendons aupres de familles palestiniennes qui ont ete expulsees de leur maisons par des colons il y a de cela plusieurs mois. Depuis qu elles ont ete expulsees, n etant pas relogees ni indemnisees pour, ni par les Israeliens ni par l autorite palestinienne, elles restent dans la rue face a leur maisons envahit par des juifs extremistes qui reclamaient leurs maisons depuis 1970 en se servant d un faux titre de propriete datant de l occupation Ottomane. La cour Israelienne a recement reconnu le droit des colons sur cette maison qui appartient pourtant depuis plus de 60 ans a des palestiniens ! Les colons qui se sont empares de leurs maisons viennent de Brooklyn ou ils ne devaient pourtant manquer de rien mais ils voulaient a tout prix cette maison au peril de la vie de plusieurs familles. Ils ont donc vires les palestiniens qui y vivaient avec l aide de la police et de l armee. Les colons sont completement insensibles a la vue des familles qui s abritaient sous un campement de fortune pour survivre a la pluie jusqu a ce que la police viennent demanteler leur tente. A ce stade la, c est pire que de l insensibilite car en plus du fait de s etre empares de leurs maisons ils narguent les palestiniens en restant tout sourire devant la maison et envoient regulierement la police qui encore ce matin est venu prendre le peu d affaires et de nourritures qu ils avaient. Donc ils laissent cette famille depossedee dans la rue face a leur maison cherement payes qu ils avaient obtenu en 1948 apres avoir ete chasses une premiere fois de leur village d origines. Refugies deux fois, ils subissent chaque semaine voir plus des agresssions de la part des colons, de la police et de l armee. Les colons ont meme eu le culot de leur apporter leur facture d electricite ! Ils osent tout... Sourires aux remarques et aux insultes; sourires aux familles deposedees, aux enfants ne sachant avec quoi jouer : enfants qui preparent du feu pour se rechauffer, enfants qui ramenent des matelats de la decharge... Colons qui rentrent dans leurs maisons, colons qui dansent dans la rue face aux palestiniens atteres; colons qui viennent blesser physiquement au couteau les palestiniens pendant la nuit ... et deviner quoi ? c est les palestiniens qui prennent, ils sont envoyes a l hopital puis au poste de police israelienne... C est "simple", Israel veut s emparer de Jerusalem ( pour ne parler que de Jerusalem), et ne veut plus d"arabes". C est ainsi qu` au fur et a mesure, ils expulsent des familles entieres sans que personne ne se preoccupe de ce qu ils vont devenir. Cela s appelle simplement de l`epuration ethnique et ils ne pourraient le renier, ils n ont aucune honte d etre dans cette rue d un quartier arabe dont ils veulent s emparer. Chaque famille de la rue a obtenu un avis d expulsion; des familles sont allees a Washington plaider leurs cause, nous n en avons aucune nouvelle; plus personne n espere rien, mais les familles refusent d abandonner et ne savent comment, avec quels moyens elles vont pouvoir se reloger, d autant plus que les Israeliens refusent dorenavant la vente des maisons aux nons juifs. C est clair si personne ne reagit, Al Quds, Jerusalem ne sera bientot plus que juifs comme ils aiment le dire, en realite ils sont quoi americain, francais... peut importe ils ne sont plus rien, plus humain pour agir ainsi et pourtant personne ne semble essayer d agir pour les empecher encore une fois d exproprier les palestiniens. Les internationaux sont une poignees a peine a se relayer aupres des familles pour tenter d empecher de nouvelles violences mais cela n est pas suffisant... Encore une fois nous sommes impuisants et pendant ce temps, les gouvernements, les gens puissants dorment bien tranquillement au chaud...

photos : http://picasaweb.google.com/lalibrelucha/SheikhJarrah

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27 octobre 2009

Israël accusé de priver d'eau les Palestiniens

Un bulldozer détruit sous les yeux des soldats israéliens un canal construit illégalement par des Palestiniens près d'une colonie juive à Hebron en juin 2009.
Un bulldozer détruit sous les yeux des soldats israéliens un canal construit illégalement par des Palestiniens près d'une colonie juive à Hebron en juin 2009.

Selon un rapport d'Amnesty International, près de 200.000 Palestiniens n'ont pas accès à l'eau courante, alors que les Israéliens en ont en quantité illimitée.

Israël prive d'eau les Palestiniens, tout en laissant ses colons de Cisjordanie profiter de quantités «presque illimitées». C'est la conclusion d'un rapport d'Amnesty International publié mardi. L'organisation de défense des droits de l'homme parle de «politiques discriminatoires » de la part d'Israël. D'après les conclusions de l'enquête, l'Etat hébreu utilise plus de 80 % de l'eau disponible, et limite à seulement 20 % la consommation des Palestiniens. Parmi ceux-ci, près de 200.000 n'ont même pas accès à l'eau courante en Cisjordanie.

Dans certaines régions, des colonies utilisent même 20 fois plus d'eau par tête d'habitant que les localités palestiniennes voisines. «Piscines, pelouses bien arrosées et vastes exploitations agricoles irriguées dans les colonies contrastent avec les villages palestiniens voisins dont les habitants doivent se battre quotidiennement pour assurer leurs besoins en eau», décrit le rapport.

Les Palestiniens, eux, survivent avec seulement 70 litres par personnes et jour, soit bien en-dessous du minimum de 100 litres recommandé par l'Organisation mondiale de la santé. Les Israéliens en consomment quatre fois plus, soit 300 litres par personne et par jour.

L'eau polluée dans la bande de Gaza

Dans la bande de Gaza, des enfants Palestiniens vont chercher de l'eau potable.
Dans la bande de Gaza, des enfants Palestiniens vont chercher de l'eau potable.

Selon Amnesty, les Palestiniens ne sont pas autorisés à creuser des nouveaux puits ou à restaurer les anciens sans permis des autorités israéliennes. En outre, de nombreuses routes de Cisjordanie sont fermées ou limitées à la circulation, ce qui contraint les camions-citernes à faire des détours pour ravitailler les villages qui ne sont pas reliés au réseau de distribution d'eau.

Dans la bande de Gaza, la situation est encore plus critique. L'offensive israélienne de l'hiver dernier, «Plomb durci» a endommagé les réservoirs d'eau, les puits, les égouts et les stations de pompage, des dégâts qui s'ajoutent à l'impact des blocus israélien et égyptien du territoire. Le système de traitement des eaux usées a été particulièrement touché car Israël interdit l'importation des tuyaux et autres équipements métalliques de crainte qu'ils ne servent à fabriquer des roquettes artisanales. En outre, sur les côtes de Gaza, la mer et les plages sont polluées par l'infiltration des égouts.

Amnesty appelle donc Israël à «à lever immédiatement toutes les restrictions imposées aux Palestiniens» pour leur permettre un accès équitable à l'eau. L'organisation a adressé également une lettre à l'Union européenne, principal donateur des Palestiniens, pour l'inviter à protester auprès des Israéliens.

Le ministère israélien des Affaires étrangères conteste les conclusions du rapport. Les Palestiniens ont droit à 23,6 millions de m3 par an selon un accord bilatéral et «dans les faits bénéficient de deux fois plus», se défend le ministère.

L.D. (lefigaro.fr) avec AFP

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20 octobre 2009

En Palestine/ Ramallah...

Ramallah est chaque annee de plus en plus infernale : le centre avec
la place Al Manara ornee de lions est affreusement capitaliste, cela
creuse un ecart enorme entre les gens et les autres regions de
Palestine.
Les rues sont bondees d hommes et cela a tendance a etouffer.
On retrouve des activistes palestiniens et internationaux et on nous
apprend que depuis cet ete, en plus du fait que les oliviers n ont
presque pas fournit d olives; en plus du fait que les israeliens en ai
rases plus d une centaine dans certains villages; ils ont egalement
decides de ruiner pour punir encore un peu plus les agriculteurs
palestiniens en leur prenant de l argent s ils recoivent des
internationaux pour les aider a la cueillette.
" cette annee c est tres dur, Dieu n a pas ete avec nous pour les
olives:  non seulement on en a pas; on a encore et tjrs la
colonisation mais en plus ils viennent prendre l argent que les
agriculteurs n ont pas !"
Dans certains endroits donc, les internationaux doivent se cacher dans
les maisons des agriculteurs pour ne pas leur faire payer.
Certains israeliens, colons et/ou militaires detestent encore plus
ceux qu ils qualifient comme anarchistes, israeliens ou internationaux
qui viennent voir les palestiniens
" ils poussent les palestiniens a se revolter !"

Tandis qu Israel donne aux palestiniens une chance de se sortir de la
resistance en se defoncant ! : cette annee on nous parle  du haschich
qui apparement se "developpe" par le biais des Israeliens qui en
vendent a des palestiniens car il faut les rendre apathique... Calmer
leur coleres dans les joints !
Tant bien meme nous n avons jamais ete contre les joints, son
exploitation comme l exploitation des drogues en general ici comme
ailleurs ne vise qu a asservir encore plus les populations.
La situation est chaque annee de pire en pire, de nvelles choses
apparaisent, de nvelles interdictions, restrictions tandis que
certains palestiniens, comme ceux qui choisisent le camp de l autorite
palestinienne et qui l assument pleinement, choisisent de faire avec
cette situation et d en tirer profit comme il se doit.
Notre ami Raed quand nous sommes arrives nous as dit " les gens ne
veulent plus rien". Phrase simple mais qui veut dire beaucoup.
Il n y a aucun prototype palestiniens, chaque region est particuliere
et differente.
Chaque personne aussi mais pour la plupart aujourdhui garder espoir
releve du miracle.
Quelle miracle pourrait/ devrait intervenir pour les palestiniens ?
Un soulevement de la communaute internationale a leurs cote ? partout
dans le monde la rage des opprimes qui s eleverait et ruinerait les
marchands d armes et tous les autres mafieux capitalises ?
Il s agirait deja ici meme de refuser de s aligner et de ressembler
aux enemis.
La lutte continue.... mais elle est faible et triste parfois; elle ne
sait ou donner de la tete et comment se rendre le plus utile ?

Photos :http://picasaweb.google.com/lalibrelucha

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19 octobre 2009

Des nouveaux fichiers

Les décrets publiés dimanche 18 octobre au Journal officiel portant création de deux nouvelles "bases de données" de police précisent le type de données qui peuvent y être recensées, ainsi que les dérogations possibles. Dans la première, destinée à la "prévention des atteintes à la sécurité publique", figureront: - Motif de l'enregistrement - Photographies - Etat civil - Nationalité - Profession - Signes physiques particuliers et objectifs - Adresses physiques et électroniques - Numéros de téléphone - Titres d'identité - Immatriculation des véhicules - Informations patrimoniales - Activités publiques - Comportement et déplacements - Agissements susceptibles de recevoir une qualification pénale - Personnes ayant entretenu des relations directes et non fortuites avec l'intéressé (se limitant à leur identité, sauf si elles-mêmes présentent un risque d'atteinte à la sécurité publique). En outre, "à titre dérogatoire et dans un cadre strict", selon une circulaire du ministère de l'Intérieur adressée dimanche aux préfets, pourront être indiqués: - Signes physiques particuliers et objectifs "pris comme éléments de signalement" (tatouage, cicatrice, couleur de cheveux) - Origine géographique ou appartenance à un même quartier - Activités politiques, philosophiques, religieuses ou syndicales L'inscription dans cette base de données sera automatiquement supprimée trois ans après le dernier événement ayant donné lieu à son enregistrement pour les mineurs, et après dix ans pour les majeurs. Dans la seconde, consacrée aux "enquêtes administratives liées à la sécurité publique", seront seulement enregistrés: - Motif de l'enquête - Photographies - Etat civil - Nationalité - Profession - Adresses physiques et électroniques - Numéros de téléphone - Titres d'identité Pourra également, "à titre dérogatoire", être fait mention d'éléments à caractère politique, philosophique, religieux ou syndical si y est lié un comportement "incompatible avec l'exercice des fonctions ou missions envisagées". Des mineurs peuvent y être inscrits, s'ils ont plus de 16 ans et ont fait l'objet d'une enquête administrative les concernant directement dans le cadre d'une procédure de recrutement. L'inscription sera automatiquement supprimée cinq ans après son enregistrement "quel qu'ait été le résultat, favorable ou non de l'enquête" (Nouvelobs.com)

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14 octobre 2009

Le manuel des policiers de la PAF

Comment «tranquilliser» un étranger en situation irrégulière lors de
son expulsion? Comment serrer son cou pour l'empêcher de crier?
Comment détourner l'attention des autres passagers pour éviter qu'ils
ne se «rebellent»? Toutes les réponses à ces questions, et d'autres,
sont consignées dans le manuel des escorteurs de la PAF, dont
Mediapart publie de larges extraits.

Depuis le passage de Nicolas Sarkozy au ministère de l'intérieur, les
reconduites à la frontière constituent l'un des piliers de la
politique de «maîtrise des flux migratoires». En 2008, Brice Hortefeux
a fait «éloigner» du territoire, selon la terminologie administrative,
29.796 personnes, soit près de 4.000 de plus que l'objectif fixé.
Entre le 1er janvier et le 31 juillet 2009, 17.350 sans-papiers ont
subi le même sort, avec Éric Besson à la tête du ministère de
l'immigration et de l'identité nationale.

Au-delà des chiffres, les informations sur les conditions de ces
retours forcés manquent. Les instructions délivrées aux policiers
chargés des escortes révèlent les marges de manœuvre dont disposent
les forces de l'ordre pour contraindre les plus «récalcitrants» à
partir.

Le manuel de 64 pages à usage interne a été mis à disposition des
agents en 2003, après le décès de deux «reconduits», Ricardo
Barrientos, un Argentin de 52 ans, en décembre 2002, et de Mariame
Getu Hagos, un Éthiopien de 24 ans, en janvier 2003. Depuis, d'autres
actes de violences ont été relevés par les associations de défense des
droits des étrangers, notamment la Cimade, présente dans les centres
de rétention administrative, et l'Anafé, en zone d'attente.

Parmi les gestes, la «régulation phonique»

Le livret s'adresse principalement aux 180 agents de l'unité
nationale d'éloignement, de soutien et d'intervention (Unesi),
rattachée à la direction centrale de la police aux frontières, créée
en janvier 1999 et basée à Rungis, dans le Val-de-Marne. Il rappelle
les conditions de recrutement de ces fonctionnaires: visite médicale,
entretien avec un jury composé du chef de service, d'un psychologue et
de deux escorteurs «confirmés», épreuve de «GTPI» (gestes techniques
professionnels en intervention) et test oral de connaissance de
l'anglais.

Tout en exposant le cadre législatif des «éloignements», il vise
surtout à délivrer des «conseils techniques utiles aux fonctionnaires»
afin d'«escorter efficacement les reconduits aux frontières
internationales». Y sont répertoriés les moyens de coercition à leur
disposition: les menottes textiles ou métalliques, les bandes velcro
et la «ceinture d'immobilisation». «Toute forme de bâillonnement est
strictement prohibée», précise le manuel, pour tenter de mettre fin à
une pratique employée il y a quelques années. À l'aide de schémas et
de photographies «en situation», les gestes visant à maintenir la
personne expulsée sont explicités. Comme la «régulation phonique» qui
consiste en un étranglement et dont l'objectif est de «déstabiliser
physiquement» la personne, de «diminuer sa résistance» et de «diminuer
ses capacités à crier». Les risques sont listés: «détresse
ventilatoire et/ou circulatoire», «défaillance de l'organisme» et
«risque vital».

Extrait du manuel des escorteurs.

La présence d'armes («armes à feu», «bombes lacrymogènes»), insiste
le manuel, est interdite, mais dans le cadre des «vols groupés», c'est-
à-dire lorsque plusieurs personnes sont renvoyées en même temps, des
«moyens de défense à usage collectif» peuvent néanmoins être utilisés,
comme les boucliers, les casques de protection ou encore les «bâtons
de défense».

Des conseils sont prodigués pour toutes les étapes de l'expulsion.
Avant le départ, «les escorteurs adoptent vis-à-vis de l'étranger une
attitude courtoise, mais aussi déterminée, ne laissant pas d'autre
alternative que la certitude de son embarquement pour la destination
prévue». Ils doivent «être en tenue civile correcte». «Les appareils
photographiques ou caméras sont à proscrire», précise le manuel. Quant
aux «fonctionnaires féminins», elles «prendront soin, lors d'escortes
à destination de pays islamisés, d'adapter leur tenue aux usages
locaux».

Dans un chapitre consacré à la «fouille» des personnes, il est indiqué
que «les lames de rasoir, fines et aisément dissimulables sont les
objets usuels les plus dangereux découverts. Destinées à des auto-
mutilations superficielles qui saignent abondamment, afin de faire
échec à l'embarquement ou à dérouter l'avion en vol, elles ont été
découvertes fréquemment dans un livre, une semelle de chaussure, le
revers de la chemise, du blouson, dans la ceinture, dans un stylo,
etc.»

«Réduire les risques de rébellion»

L'étranger doit toujours être embarqué «par l'arrière de l'aéronef»
pour «réduire au maximum les risques d'incidents ou de rébellion qui
pourraient survenir lors du cheminement d'accès dans les allées
jusqu'aux places réservées». Il monte aussi dans l'avion avant les
autres pour éviter que les passagers ne le voit. «Observée par
l'équipage», l'installation sur le siège «doit être réalisée
rapidement» car «en cas de difficultés, le personnel navigant peut
être amené à demander au commandant de bord de faire débarquer
l'escorte et l'éloigné». «Dans la mesure du possible, souligne le
manuel, il convient d'isoler les derniers rangs de passagers de ceux
de l'escorte afin d'éviter des gênes aux autres passagers et limiter
ainsi tout risque de prise à partie au cours du vol.» Par ailleurs,
«si plusieurs reconduits voyagent sur le même vol, il est nécessaire
de les séparer afin d'éviter des phénomènes de groupe».

En vol, les escorteurs sont invités à «éviter d'entreprendre sans
nécessité absolue toute discussion tant avec les passagers qu'avec
l'équipage et se concentrer exclusivement sur la surveillance du
reconduit. Il convient également d'instaurer, tout au long du vol, un
dialogue permanent avec le reconduit afin de le tranquilliser». Il
faut aussi «éviter tout déplacement inutile pendant le vol». À propos
des repas, «si l'individu est récalcitrant et/ou si le vol est de
courte durée (jusqu'à 4 heures), on évitera de prendre un plateau
repas». «Toute boisson alcoolisée est strictement prohibée tant pour
l'étranger que pour les fonctionnaires d'escorte», juge utile de
rappeler le manuel. Il faut enfin «s'assurer que le plateau repas
servi au reconduit ne comporte aucun couvert métallique. De même, lors
de la restitution du plateau repas, les escorteurs veilleront à
retrouver les couverts en plastique distribués».


Les déplacements aux toilettes sont également encadrés. Effectués sous
la surveillance de deux fonctionnaires pour «faire obstacle à toute
tentative de l'éloigné de se coucher à terre», ils doivent être
précédés d'une inspection des lieux «sans oublier la poubelle» afin de
«vérifier que l'étranger ne puisse y trouver d'objet dangereux
(rasoir, verres) offert habituellement par la compagnie aux passagers
ou placé là par un comparse voyageant à bord du même avion». Lors du
vol retour des escorteurs, il est précisé que «la consommation de
boissons alcoolisées, vin ou bière à l'exclusion de tout autre alcool,
n'est autorisée qu'en accompagnement d'un repas».


Ces consignes, par les interdits et les autorisations qu'elles posent,
complètent le récit de l'escorteur publié sur Mediapart (ici et là),
la question des pratiques et des éventuels débordements étant d'autant
plus difficile à approcher que les contre-pouvoirs sont quasi
inexistants au moment de la reconduite et qu'une fois expulsé,
l'étranger a peu d'occasions de témoigner.

http://www.mediapart.fr/article/offert/eaf8c992fdc7f59c12bae4583a9aab8c

Posté par critiquesbliss à 20:41 - POLICE PERSONNE NE BOUGE ! - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Hortefeux veut créer deux nouveaux fichiers

Alors que l’on "attend", depuis plus d’un an, le décret d’application
d’Edvirsp (pour “Exploitation documentaire et de la valorisation de
l’information relative à la sécurité publique“), qui devait remplacer
le fichier Edvige, France Info révèle ce matin que Brice Hortefeux
n’attend plus que le feu vert du Conseil d’Etat pour créer deux
nouveaux fichiers, dont une “version édulcorée” d’Edvige, censée
répondre aux incidents survenus ce week-end à Poitiers.

En déplacement à Poitiers, au lendemain des “graves incidents” qui ont
eu lieu en marge du rassemblement contre la prison de Vivonne, Brice
Hortefeux a “demandé aux préfets de réaliser “un inventaire des lieux
de vie communautaire où se regroupent des mouvances anarchistes
potentiellement violentes” de la part des services compétents, et
sollicité “une identification très précise du ou des groupuscule(s)
qui organise(nt) ces incidents”, pour mieux lutter contre ce type de
violences“.

Selon France Info, “le ministre est prêt a assumer deux nouveaux
fichiers, dont une version un peu édulcorée d’Edvige : les personnes
appartenant à des bandes violentes y seront répertoriées, mais les
orientations sexuelles des militants, par exemple, ne seront plus
mentionnées… :

    Brice Hortefeux en est convaincu : une police mal préparée est
d’abord une police mal renseignée. La preuve : sur les 18 personnes
placées en garde à vue à Poitiers, plus de la moitié n’était pas
fichée.

    Pire : pour le ministre, rien n’a permis d’anticiper l’ampleur des
violences. Les manifestants étaient cinq fois plus nombreux que prévu,
et surtout très bien organisés.

Revenons un peu sur ce qui s’est passé. Fruit d’un partenariat public-
privé d’un montant de 50M d’euros, la nouvelle prison de Vivonne, où
les détenus de l’ancienne prison de Poitiers ont été transférés ce
dimanche, était “déjà surpeuplée” avant même d’être livrée, comme
l’atteste cet article paru en décembre dernier dans la Nouvelle
République :

    « L’effectif théorique de Vivonne est de 560 détenus » expliquait
la semaine dernière un juge d’application des peines, « avec 240
places en centre de détention et 240 en maison d’arrêt.

    Or, selon le cahier des charges imposé au constructeur (la société
Thémis, groupe Bouygues), il est prévu 780 places. On atteindra vite
ce chiffre. On est donc très loin de l’encellulement individuel ! On a
visité les lieux lundi dernier (le 8 décembre). On a bien vu qu’il y
avait trois lits par cellule ».

Le collectif contre la prison de Vivonne appelait à une manifestation
anticarcérale festive places d’Armes, précédée de débats et devant
logiquement se clôturer par des concerts rap et punk.

Dans les faits, les policiers ont été débordés par des “militants
d’ultra-gauches” cinq fois plus nombreux que prévus, et “extrêmement
bien préparés“, alors que les forces de l’ordre ne l’étaient semble-t-
il pas assez.

C’est d’autant plus étonnant que les “vilains gauchistes” et autres
“anarcho-autonomes” sont pourtant clairement placés sous surveillance
depuis, au moins, 2006, et que, comme le rappelait récemment l’agence
Reuters, “le ministère de l’Intérieur a mobilisé depuis plusieurs mois
ses services sur cette forme de contestation radicale, qui prendrait
de l’ampleur” (voir A propos, je ne sais pas si vous savez, mais les
gauchistes mangent des petits enfants).
Fichiers policiers: quand y’en a plus, y’en a encore…

Depuis des années, c’est devenu une habitude, les faits divers sont
souvent instrumentalisés afin de créer, qui une nouvelle loi (depuis
2002, 30 textes de lois sécuritaires ont été adoptés), qui un nouveau
fichier policier (on en dénombre 58, soit +70% en trois ans).

Comme de juste, et plutôt que de prendre le temps d’analyser les
dysfonctionnements, et l’impréparation, de ses services de
renseignement, Brice Hortefeux en appelle donc à la création de deux
nouveaux fichiers : un pour identifier les “mouvances anarchistes
potentiellement violentes”, un autre pour recenser leurs “lieux de vie
communautaires”…

En mars dernier, le ministère de l’Intérieur expliquait aux 70
parlementaires qui l’avaient interrogé sur les suites données au
fichier Edvige qu’Edvirsp (pour “Exploitation documentaire et de la
valorisation de l’information relative à la sécurité publique“), son
successeur, “ne comportera que des données directement liées à la
sécurité publique ou permettant de répondre aux demandes d’enquêtes de
recrutement imposées par la loi” (voir EDVIGE servira à recruter… et
licencier).

Le problème ? Edvirsp n’étant toujours pas officiellement créé, les
anciens RG (rebaptisés SDIG -Sous direction de l’information
générale-, à l’occasion de la création de la DCRI -Direction centrale
du renseignement intérieur) en sont tenus à maintenir leurs fiches sur
des bouts de carton… (voir Comment légaliser les fichiers
policiers ?).

Comme le souligne France Info, “le fichage actuel, à base de fiches en
carton remplies à la main, est “obsolète”, commente-t-on place
Beauvau“.

Et alors que l’on attend, depuis plus d’un an, la publication du
décret portant création d’Edvirsp, il a suffi d’une émeute dans les
rues de Poitiers pour voir poindre, en une journée, deux nouveaux
fichiers, dont les décrets -miracle- auraient déjà été soumis au
Conseil d’Etat :

    Les fichiers pourraient entrer en vigueur par décret. Le ministère
n’attend plus que le feu vert du Conseil d’Etat. Une manière d’éviter
des débats houleux au Parlement, avec le risque que l’opposition
qualifie de passage en force cette manière de faire.

Pour ceux qui l’ignoreraient, le nombre de fichiers policiers a
augmenté de 70% ces trois dernières années, et le quart des fichiers
recensés n’a aucune existence légale : la loi informatique et libertés
a été modifiée pour leur donner le “droit d’être “hors la loi”
jusqu’en 2010. Or, la moitié des Français y sont fichés, et, rien que
sur ces trois dernières années, plus d’un million y sont toujours
considérés comme “suspects” alors même qu’ils ont été blanchis par la
Justice (voir Le quart des 58 fichiers policiers est hors la loi).

http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/10/13/hortefeux-veut-creer-deux-nouveaux-fichiers/

Posté par critiquesbliss à 20:38 - Politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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