Libre rage ( relais et critiques...)

31 août 2016

Marianne et le garçon noir

" J’emprunte à Louis Calaferte ce propos sur l’amertume, et les mots qui suivent : Le monde est nous tous ou rien. L’abri de votre égoïsme est sans effet dans l’éternité. Si l’autre n’existe pas, vous n’existez pas non plus.
 
A Adama Traoré, Amadou Koumé, Lamine Dieng, aux frères, aux fils dont les noms me sont inconnus, nous souhaitons de reposer en puissance. A Marianne, nous disons que nous n’avons pas de haine et que notre amour est aussi une exigence. Celle de l’égalité en droits, de la justice et du respect."
 
( Léonora MIANO- Ecrivaine / http://www.liberation.fr/debats/2016/08/30/marianne-et-le-garcon-noir_1475516 )

14 août 2016

Réfugiés : la violence de l'Etat doit cesser

Plusieurs associations dénoncent la toute-puissance policière contre les migrants et demandent à ce que les citoyens se fédèrent et témoignent de cette violence, toujours plus présente, contre les plus précaires.

Depuis un an, les pouvoirs publics nous ont habitués à ornementer la moindre action liée à la «crise migratoire» d’opérations de communication bien ficelées. A Paris, point de chute de la majorité des exilé.e.s, les responsables politiques se gargarisent, lorsqu’un campement de fortune de plus est évacué, du nombre de personnes temporairement relogées.

Et comme pour sonner le glas de nombreuses critiques, la Mairie de Paris a récemment annoncé l’ouverture prochaine de deux centres d’accueil, censée résoudre tous les maux et mettre définitivement fin au renouvellement inexorable des campements parisiens. L’envers du décor est beaucoup moins reluisant selon nous, associations, collectifs et citoyen.e.s solidaires œuvrant au quotidien auprès des personnes migrantes pour pallier la défaillance des autorités.

Des violences physiques et verbales

Nous constatons depuis quelques jours un usage croissant et quotidien de la violence verbale et physique de la police à leur égard. Ainsi, le 22 juillet, le dernier démantèlement du camp qui s’était formé aux abords du métro Jaurès (XIXe arrondissement) a donné lieu à des charges policières aveugles et de jets de gaz lacrymogènes.

A LIRE AUSSI Paris : les migrants chassés sans relâche

Un cap a depuis été franchi lors de la première semaine d’août. Dans la nuit du dimanche 31 juillet, les forces de l’ordre n’ont pas hésité à charger brutalement et à matraquer indistinctement les migrant.e.s, dont une vingtaine de femmes et des mineurs, pour les empêcher d’installer un nouveau campement à même le sol.

En parallèle, la police harcèle quotidiennement ces personnes en organisant des opérations massives de «vérification des situations administratives» comme elle le fait régulièrement pour traquer les personnes sans-papiers. Ces rafles ont conduit environ 400 personnes migrantes au commissariat et 80 d’entre elles, qui n’avaient pas eu le temps d’effectuer les démarches de demande d’asile, se sont vues notifier leur obligation de quitter le territoire français.

Nous ne sommes pas dupes: nous savons que cette mécanique sécuritaire gouvernementale est bien rodée et que la brutalité policière est de plus en plus commune à différentes franges sociales. Elle existe depuis de trop nombreuses années dans les quartiers populaires où la police contrôle, harcèle, frappe et tue sans ne jamais être inquiétée. On ne compte plus les personnes arrêtées mortes par «asphyxie» – comme Ali Ziri, Lamine Dieng, Wissam El Yamni ou et, très récemment, Adama Traoré –, les «bavures» – comme la mort de Zyed et Bouna ou comme à Pantin sur une mère de famille et ses deux enfants mineurs en décembre dernier ou encore les tués par balle – comme Amine Bentounsi.

L’intimidation policière décomplexée

Les manifestant.e.s en font également largement les frais lorsqu’ils et elles se heurtent à des policiers qui frappent, gazent, matraquent, blessent et tuent. Les exemples ne manquent pas: opposant.e.s à la loi El Khomri, zadistes de Notre-Dame- des-Landes, éborgnés du flash-ball, manifestant.e.s contre la COP 21 à Paris en novembre 2015 ou encore la mort de Rémi Fraisse. Les migrant.e.s ont donc rejoint la liste des personnes ciblées par une gestion étatique des problèmes sociaux qui ne prend presque plus que la forme de l’intimidation policière décomplexée.

À travers cela, le gouvernement nous fait savoir qu’il n’y a pas de discussion possible. La réponse sécuritaire est devenue la règle, et les migrant.e.s se voient traités en ennemis politiques et «condamnés» avant même d’avoir pu entamer leurs démarches de demande d’asile. Nous nous interrogeons sérieusement: réelle incapacité à gérer la crise migratoire ou manœuvre visant à décourager les migrant.e.s de la part du pays des droits de l’homme?

Nous, associations, collectifs et citoyen.ne.s accompagnant les migrant.e.s et luttant contre les violences policières, dénonçons le fait que des personnes précaires, des racisé.e.s, des révolté.e.s sociaux, des exilé.e.s ayant fui la mort puissent faire l’objet d’une violence étatique à travers son bras armé légitime: la police. Nous fustigeons les démonstrations de force policière qui visent à effrayer pour mieux faire régner l’ordre de la terreur chez les citoyen.e.s.

Riposte solidaire

Nous condamnons l’impunité des forces de l’ordre qui est l’un des pires ennemis d’un État de droit, et qui renforce chaque jour le règne de la toute-puissance policière en France. Nous appelons les citoyen.e.s à prendre conscience de cette violence, à se fédérer et à s’organiser. Le temps de la réflexion collective est venu pour construire une riposte solidaire: manifester, filmer les bavures, déposer des plaintes, etc. L’impunité ne peut continuer à gagner du terrain, elle doit cesser partout, et pour tout le monde, maintenant.

 

Signataires : Association KÂLÎ, Le BAAM, le Collectif Austerlitz, le Collectif de soutien du Xe et du XIIIe aux migrants d’Austerlitz, le Collectif OEIL, le Collectif Urgence notre police assassine La CSP75, le Mouvement pour la dignité et les droits des Maliens, Almamy Mam Kanouté, le Collectif parisien de soutien aux exilé.e.s, le Collectif de La Chapelle debout.

Un collectif d'associations
Source : http://www.liberation.fr/debats/2016/08/09/refugies-la-violence-de-l-etat-doit-cesser_1471297

11 août 2016

Murale (Extrait d'un poème de M.DARWICH)

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(...) 

Un jour je serai ce que je veux.

Un jour je serai une idée qu’aucun glaive ne porte
A la terre désolée, aucun livre …
Une idée pareille à la pluie sur une montagne
Fendue par la pousse d’un brin d’herbe.
Et la force n’aura pas gagné,
Ni la justice fugitive.

Un jour je serai ce que je veux.

Un jour je serai oiseau et, de mon néant,
Je puiserai mon existence. Chaque fois que mes ailes se consument,
Je me rapproche de la vérité et je renais des cendres.
Je suis le dialogue des rêveurs.
J’ai renoncé à mon corps et à mon âme
Pour accomplir mon premier voyage au sens,
Mais il me consuma et disparut.
Je suis l’absence. Je suis le céleste
Pourchassé.

Un jour je serai ce que je veux.

Un jour je serais poète
Et l’eau se soumettra à ma clairvoyance.
Métaphore de la métaphore que ma langue
Car je ne dis ni n’indique
Un lieu. Et le lieu est mon péché et mon alibi.
Je suis de là-bas.
Mon ici bondit de mes pas vers mon imagination …
Je suis qui je fus, qui je serai
Et l’espace infini me façonne, puis me tue.

(…)

Un jour je serai ce que je veux.

Voici ton nom,
Dit une femme
Puis elle disparut dans le couloir de sa blancheur.
Voici ton nom. Retiens-le bien !
Ne vous chamaillez pas pour une lettre
Et ne te soucie pas des bannières des tribus.
Sois l’ami de ton nom horizontal,
Teste-le sur les vivants et les morts,
Entraîne-le à la bonne diction en compagnie des étrangers,
Trace-le sur une paroi de la caverne.
O mon nom : tu grandiras quand je grandirai,
Tu me porteras et je te porterai,
Car l’étranger est un frère pour l’étranger.
Nous capturerons la femelle avec la voyelle longue dévolue aux flûtes.
O mon nom : où sommes-nous à présent ?
Dis ! Qu’est aujourd’hui ? Qu’est demain ?
Qu’est le temps, le lieu,
L’ancien, le nouveau ?

Un jour nous serons ce que nous voulons.

Le voyage n’a pas commencé, le chemin n’a pas abouti,
Les sages n’ont pas atteint leur exil
Ni les exilés, leur sagesse.
Des fleurs, nous n’avons connu que les coquelicots.
Montons donc au plus haut des fresques :
Verte est la terre de mon poème, haut,
Parole de Dieu à l’aube que la terre de mon poème
Et je suis le lointain,
Le lointain.

 

(...)

 

Source : http://mahmoud-darwich.chez-alice.fr/murale_extraits.html

 

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Photos : PALESTINE/J.B

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10 août 2016

"Le livre de la pauvreté et de la mort"

(...) Les grandes villes, Seigneur, sont maudites;

la panique des incendies couve dans leur sein

et elles n'ont pas de pardon à attendre

et leur temps leur est compté.

 

Là, des hommes insatisfaits peinent à vivre

et meurent sans savoir pourquoi ils ont souffert;

et aucun d'eux n'a vu la pauvre grimace

qui s'est substituée au fond de nuits sans nom

au sourire heureux d'un peuple plein de foi.

 

Ils vont au hasard, avilis par l'effort

de servir sans ardeur des choses dénuées de sens,

et leurs vêtements s'usent peu à peu

et leurs belles mains vieillissent trop tôt.

 

La foule les bouscule et passe indifférente,

bien qu'ils soient hésitants et faibles,

seuls les chiens craintifs qui n'ont pas de gîte

les suivent un moment en silence.

 

Ils sont livrés à une multitude de bourreaux

et le coup de chaque heure leur fait mal;

ils rôdent, solitaires, autour des hôpitaux

en attendant leur admission avec angoisse.

 

(...)

 

RAINER MARIA RILKE

Extrait de " le livre de la pauvreté et de la mort"

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05 août 2016

Adama Traoré : La Vérité

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03 août 2016

....

"Dès que vous honorez le moment présent, toute la tristesse et la difficulté disparaissent, et votre vie commence à se remplir de joie et de facilité. Lorsque vous vivez dans le moment présent, tout ce que vous faites s’emplit de qualité, d’attention et d’amour. Même les choses les plus simples."

Eckhart Tolle

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23 juillet 2016

....

 

Les yeux des animaux calme

l'innocence animale fait du bien

....

 

source photo : https://twitter.com/Elverojaguar

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22 juillet 2016

VERITE ET JUSTICE POUR ADAMA TRAORE

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verite et justice adama traore

 

 

 

Mardi 19 juillet 2016
notre frère Adama traoré
a trouvé la mort le jour même de son 24 ème anniversaire

Les circonstances de son décès
sont excessivement troubles. 
En effet suite à une interpellation plus que musclée par les forces de l'ordre 
Adama a été amené dans les locaux de la gendarmerie sans possiblité de retour.

Très vite la nouvelle est tombée
Adama Traoré est décédé.

Les bavures policières 
ne sont pas qu'aux États Unis. 
Elles sont tout aussi réelles ici chez nous.

Voilà pourquoi nous invitons toutes les villes et quartiers de France à se soulever et à manifester au même moment que nous
Vendredi 22 juillet 2016 à 17h pour une marche silencieuse dont le départ sera le terrain de foot du quartier de Boyenval. 
( rue de Boyenval 95260 Beaumont sur oise) 
(Gare persan BEAUMONT)
STOP AUX BAVURES

N'attendez pas dêtre touchés personnellement pour réagir
mais AGISSEZ avec nous afin d'anticiper "

https://www.facebook.com/La-v%C3%A9rit%C3%A9-pour-Adama-160752057668634/

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10 juillet 2016

LA LISTE DES VICTIMES DE LA POLICE NE CESSE DE S'ALLONGER... AUX ETATS-UNIS comme ailleurs

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Source photo : http://hyperallergic.com/310037/a-man-was-lynched-by-police-yesterday-flag-goes-up-in-new-york-city/

 

 

 

Plus sur les victimes de la police en France et ailleurs : http://atouteslesvictimes.samizdat.net/

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07 juillet 2016

FESTIVAL // Palest’[In] & Out

Du 7 au 13 juillet se tient à Paris la seconde édition du festival Palest’In & Out, festival d’art contemporain mettant à l’honneur la scène émergente palestinienne, toutes disciplines confondues. L’occasion de découvrir de jeunes talents mais aussi d’explorer un univers culturel loin des clichés habituels sur la Palestine.

Festival Palest'in & out 2016

Palest’In & Out est un festival d’art contemporain qui célèbre la scène émergente palestinienne et met en avant de jeunes artistes de moins de 35 ans. Révéler la création palestinienne dans ce qu’elle a de plus contemporain, dans ses formes d’expressions et dans les sujets qu’elle aborde est l’objectif principal du festival. Un événement qui permet à la culture palestinienne de se réapproprier son image, réaffirmer son identité multiple trop souvent niée.

Organisée par l’Institut Culturel Franco-Palestinien, cette seconde édition propose une programmation riche et variée : musique alternative, danse contemporaine, arts plastiques, photographie, théâtre et arts vidéo ; toutes ces formes artistiques se croisent et dialoguent. Seront présents cette année : Hiam Abbas, Arab et Tarzan Nasser, Tamer Abu Gazaleh, Larissa Sansour, Valerie Jouve, Ernest Pignon Ernest. Plusieurs lieux de la capitale seront investis comme la Gaieté lyrique (Paris 3), l’Institut du Monde Arabe (Paris 5), New Morning (Paris 10), Maison de la poésie (Paris 3), etc.

Le festival se démultiplie cette année : concerts, performances, projections, master class, rencontres et ateliers seront l’occasion d’échanges privilégiés entre cultures, générations et expériences. A Paris du 7 au 13 juillet mais aussi à Jérusalem, Ramallah, Nablus, Gaza et Haifa du 24 au 30 octobre 2016.

Retrouvez l’ensemble des événements dans le programme du festival et sur le site de l’Institut Culturel Franco-Palestinien.

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