30 octobre 2008
Le suicide d’un jeune n’est pas un jeu, c’est un drame !
Lundi 6 octobre, un jeune homme détenu de 16 ans a de nouveau été victime du système carcéral. Le jeune Nabil, qui avait déjà donné l’alerte avec plusieurs tentatives de suicide, a mis fin à ses jours en se pendant dans sa cellule du quartier mineurs de la prison de Metz-Queuleu (Meurthe et Mozelle). Il s’agit du quatrième suicide en cinq mois dans cette prison sans compter les multiples tentatives qui ont déjà eu lieu. D’après les dires de la ministre de la justice il s’agit pourtant « d’une prison exemplaire » . On peut donc s’interroger sur les critères qui permettent d’obtenir un tel label.
Suite à ce nouveau drame, certains gardiens (de la mort) ont affirmé que les tentatives de suicide étaient un jeu. Il ne s’agit pas d’un jeu, mais bien l’expression de la détresse de jeunes qui peinent à envisager un avenir entre quatre murs et même après une sortie de détention. Ce genre de propos révèle la valeur que certains personnels de l’administration pénitentiaire accordent à la vie de ces jeunes qu’ils prétendent protéger.
De son côté, la garde des sceaux qui n’oublie jamais une occasion de communiquer a annoncé immédiatement des mesures pour prévenir le suicide des jeunes détenus : présenter les jeunes au parquet avant leur mise en détention pour leur expliquer pourquoi on les enferme, et mettre en place une grille d’évaluation censé prévenir le suicide. On ne doute pas un instant de l’efficacité de telles mesures !
Les réponses apportées après un tel drame montrent que le gouvernement réaffirme sa volonté de contrôler et de réprimer une partie de la jeunesse jusqu’à la laisser mourir. Après les établissements pénitentiaires pour mineurs, la loi prévention de la délinquance et la loi sur la récidive, comment les jeunes peuvent penser qu’on les aide à construire leur avenir ? Plutôt que d’ouvrir de nouvelles places en détention et mettre davantage de mâtons derrière chaque détenu, la meilleure prévention est la fermeture de tous les lieux d’enfermement et la récupération des espaces pour peut-être faire de vrais jeux.
24 octobre 2008
Tous et toutes à Vichy le 3 novembre
Tous et toutes à Vichy le 3 novembre
pour la manifestation contre le sommet européen sur l’immigration !
Le Ministre de l’immigration et de l’identité nationale, Brice Hortefeux, a choisi Vichy pour organiser les 3 et 4 novembre prochains une conférence réunissant 27 ministres de l’Union Européenne. Le but affiché : l’harmonisation, à l’initiative de la France, de leurs politiques sur l’"intégration" des immigrés.
# Ils disent « intégration » ?
Ne soyons pas dupes de cette langue de bois ! Le gouvernement Sarkozy-Hortefeux pratique tous les jours l’exclusion et les expulsions de sans-papiers, avec les arrestations au petit matin à leurs domiciles, les rafles dans les gares et les rues, l’internement dans les centres de rétention ou dans les prisons. Au lieu de permettre aux migrants d’organiser leur vie dans le « pays d’accueil » dans de bonnes conditions, il fabrique des sans-papiers à la pelle. Les refus de séjour et les Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF) pleuvent sur les jeunes étrangers dès qu’ils atteignent 18 ans, sur les demandeurs d’asile déboutés, sur tous les immigrés jugés inutiles aux besoins de l’économie française. Quant à celles et ceux qui finissent par obtenir des papiers, ils n’obtiennent plus que des titres provisoires d’un an maximum. Pour les rares personnes qui obtiennent une carte de 10 ans, il faut qu’elles répondent à des conditions de plus en plus sévères.
« Intégration vous avez dit ? » Derrière ce discours de façade, il y a le durcissement des politiques européennes de l’immigration sous l’impulsion du gouvernement Sarkozy qui juge ce dossier incontournable dans le cadre de la présidence européenne de la France : la « directive de la honte » conseillant l’emprisonnement des personnes sans papiers jusqu’à 18 mois dans les centres de rétention et des interdictions de territoire européen de 5 ans pour les expulsés, le « Pacte sur l’immigration » que Sarkozy est actuellement en train de faire adopter par ses collègues européens, et qu’il s’apprête à soumettre à ses homologues africains. Ou comment mieux coordonner les expulsions et les faire accepter par tout le monde !
Intégrations-expulsions : les deux faces d’une même politique discriminatoire ! D’un côté on expulse les migrants indésirables, les « inutiles », les pauvres, et de l’autre on prétend accueillir et « intégrer », mais sous conditions, celles et ceux que l’Etat juge utiles !
# Pourquoi choisissent-ils de se réunir à Vichy ?
Le choix de Vichy pour tenir un sommet européen sur l’immigration n’est pas anodin et sonne comme une provocation. Il correspond à une récupération politique du symbole de Vichy : « On en a ras-le-bol de cette histoire du passé » déclare Hortefeux. L’enjeu politique est de tourner la page du « devoir de mémoire », confiner l’esprit de résistance à une époque révolue. Or, loin de faire oublier les pages les plus sombres de l’histoire de la France, la politique xénophobe et utilitariste du « ministère de l’identité nationale », tout comme les pratiques discriminatoires des administrations et les méthodes policières utilisées, nous les rappellent beaucoup trop. Aujourd’hui, la résistance reste à l’ordre du jour !
Soyons nombreux à la manifestation du lundi 3 novembre à Vichy !
Manifestation à 18h ; rassemblement et point de presse à 17h devant le
lycée Albert Londres.
ZIED ET BOUNA, 3 ANS DEJA !!!
ET POURTANT…
Le 27 Octobre 2005, alors qu'ils étaient poursuivis par les forces de Police en revenant d'une partie de football, Bouna Traoré et Zied Benna sont morts électrocutés dans une centrale d'EDF à Clichy-sous-Bois.
Trois ans après, pour que leur mort ne soit pas vaine, pour dénoncer une justice à plusieurs vitesses et afin de comprendre les raisons de cette lenteur qui affecte le déroulement de ce dossier
RDV LUNDI 27 octobre 2008 à 14h00 devant le tribunal de grande instance de Bobigny pour manifester ensemble et unis et exiger des explications des autorités judiciaires qui semblent ignorer qu'il y a des familles et toute une ville qui attendent depuis trois années le dénouement de cette obscure affaire qui leur permettrait d'enfin faire le deuil de leurs enfants partis trop tôt.
L'abject désintérêt porté à cette tragédie par les dépositaires de la justice républicaine nous pousse à regarder de face cette réalité monstrueuse qu'au sein de la Nation des Droits de l'Homme et du Citoyen la JUSTICE DE CLASSE est REINE !!!!
23 octobre 2008
L’imprudence de Rama yade dans l’affaire Salah Hamouri
La délicieuse Rama Yade, que Nicolas Sarkozy envisage de dégager vers un job de député européen et on se demande bien pourquoi, vient d’ajouter une bourde à sa collection. Questionnée par Jean-Claude Lefort, un ancien député du PCF, sur le sort de Salah Hamouri, un jeune français emprisonné en Israël depuis trois ans, Rama répond avec pleins, déliés et autorité :
« …Lors de l’audience le 10 avril dernier, Monsieur Hamouri a reconnu avoir été en compagnie de Monsieur Moussa Darwish, accusé d’avoir voulu assassiner le rabbin Obadia Yossef et condamné pour cette tentative d’assassinat à 12 ans de prison. Monsieur Hamouri a reconnu qu’il avait essayé d’expliquer à son camarade qu’il valait mieux reporter cette tentative par manque d’armes et de munitions. Le juge a alors accusé le prévenu de tentative d’assassinat avec préméditation. Monsieur Hamouri a déclaré être en accord avec l’énoncé des faits et n’avoir rien à ajouter. Le 17 avril dernier, le juge a relevé que Monsieur Salah Hamouri n’a exprimé aucun regret et l’a condamné à une peine de réclusion assortie d’une peine probatoire de 3 ans à sa libération… »
Circulez député Lefort, il n’y a plus rien à voir. Le manque de chance, pour Rama, c’est de trop faire confiance à ses conseillers qui, en la matière, l’ont expédiée dans les gravillons de l’échappatoire.
Revenons au début de l’histoire. Denise Hamouri, une professeure originaire de Bourg-en-Bresse à un fils avec un palestinien, Salah. Une affaire, donc, qui commence bien mal. A Jérusalem, c’est en tant que français que Salah grandit puisque « l’identité » palestinienne n’existe pas. Le gamin parle, lit, écrit et dit des gros mots en langue de Bresse comme un gosse hexagonal. A 16 ans il est arrêté pour avoir manifesté contre l’occupation de ce qui est aussi son pays. Celui qui a ordonné la lecture de la lettre de Guy Mocquet dans les écoles nous dira sûrement ce qu’il en pense. A 20 ans, au prétexte qu’avec un pote il est passé en voiture, trois mois plus tôt, devant la maison du rabbin d’extrême droite Yossef Ovadia, chef du parti Shas, Hamouri est arrêté avec son coéquipier Moussa Darwich. Bien fait.
Dans ce territoire occupé, Hamouri est maintenu en prison. Pendant plus de deux ans, un tribunal militaire va se réunir 20 fois sans être capable d’étayer une accusation cohérente contre ce jeune. Ces officiers oubliant que Bourg-en-Bresse est aussi connue pour ses poulardes que pour ses liens avec Al-Qaïda. Hamouri a pour avocate Léa Tsemel, une israélienne qui milite pour la paix.
En avril 2008, lors d’une nouvelle audience du tribunal, les juges militaires préviennent Hamouri : « Cette fois, ou tu plaides coupable, ou tu en prends pour 14 ans… ». Il se trouve que le « député honoraire » Lefort, alors dans la salle, a été le témoin de ce marchandage. Et l’avocate Tsemel conseille à son client, « pour en finir et préserver l’avenir », de plaider « coupable ». Il est donc entendu qu’Hamouri et son copain ont voulu tuer le rabbin… Tarif : sept ans pour Salah, 12 ans pour Moussa. Tout est en ordre.
Dans sa lettre imprudente, Rama Yade recopie, avec application, le contenu de ce juste jugement. Et c’est alors qu’elle loupe la marche. Jamais cette dame, la préservatrice de nos Droits de l’homme, ne remarque que le tribunal qui a condamné Hamouri est un tribunal « militaire ». Et qu’il siège en territoire « occupé ». Deux choses que les défenseurs des droits de l’homme détestent. Rama est-elle trop jeune ou trop pressée pour savoir qui est Georges Clemenceau ? Un vieux con à moustaches qui gagné la Guerre de 14, puis fait innocenter Dreyfus. Que disait ce grincheux, justement à propos des juges du capitaine : « La justice militaire est à la justice ce que la musique militaire est à la musique ». Musique.
Sans être tordu, aucun amoureux du droit ne peut défendre une décision prise par une juridiction militaire, c’est-à-dire, par définition, d’exception. N’est-ce pas un tribunal du même métal qui a condamné De Gaulle à mort lors de son départ à Londres. Circonstance aggravante, disent en chœur les juristes debout sur la Convention de Genève, un tribunal d’occupants ne peut se réunir et juger sur une terre occupée. On se demande si, pour Rama Yade, le mot « Convention », fut-elle de Genève, n’est rien d’autre que le nom d’une station de métro. Et voilà bien la bourde qui embarrasse les juristes. Après une lettre comme celle-ci, allez gueuler, par exemple, contre les activités sportives des « juges militaires » de Rangoon !
Si elle a juridiquement tord, Rama n’a pas politiquement raison. Voilà que des mal-élevés, venus de son propre parti, l’UMP, signent une pétition pour la « libération de Salah Hamouri » ! Et Jack Lang aussi, qui n’est pas encore UMP bien qu’il ait voté la réforme de la Constitution. Le casting de ceux qui défendent ce jeune automobiliste ayant audacieusement roulé devant l’immeuble d’un rabbin prend chaque jour de l’ampleur. Outre des députés ou sénateurs de droite et de gauche, on y croise Henri Alleg, Rony Brauman, Albert Jaquard, Monique Chemillier-Gendreau, monseigneur Gaillot, Marcel-Francis Khan, Michèle Sibona (présidente des Juifs de France pour la Paix), Stéphane Hessel… Autant d’énergumènes connus pour leur soutien à Ben Laden. Sur ce coup là, le show- biz est frileux. Seul François Cluzet est monté au front. Il devrait téléphoner à sa collègue Juliette Binoche qui, la folle, après avoir naguère manifesté pour la liberté en Palestine l’a regretté longtemps.
Bref, ce français en prison militaire n’intéresse ni le président de la République, ni son dévoué Kouchner et, par voie de garage, sa sous ministre aux Droits de l’Homme, Rama Yade. Peut- être que, dans sa taule, Salah Hamouri pourrait monter une petite « assoce » et la baptiser « Arche de Zoé » ? Ah ! Le nom est déjà pris…
source : BAKCHICH.INFO
22 octobre 2008
QUAND LES BOURREAUX RECLAMENT JUSTICE
PALAIS DE JUSTICE DE PARIS ; 5 NOVEMBRE 2008, 9h00 du matin, 24ème Chambre
PLAIGNANT : Hubert Védrine, complice dans le génocide des tutsi du Rwanda
DANS LE BOX DES ACCUSÉS : le collectif Génocide Made in France
Xavier Renou et Mariama Keïta risquent tous deux une peine de 5 ans de prison et 75 000 € d’amende.
Génocide
Made in France diffuse à cette occasion un documentaire citoyen qui
résume le rôle de la France au Rwanda, et appelle chacun à le faire
connaître le plus largement possible.
Les faits
Le
28 nov. 2007, H. Védrine est recouvert d’un colorant alimentaire rouge.
La presse, avertie, ne relaie pas l’information. Les images filmées par
une équipe de M6 ce jour-là sont détruites, et le reportage annulé par
la chaîne. H. Védrine porte plainte pour « agression avec violence », « dégradation » et « diffamation ». Estimant les tâches, pourtant délébiles, faites sur son « costume Lanvin, et son manteau en cachemire, d’une valeur de 2900 Euros » plus
essentielles que les accusations publiques de complicité de génocide
portées contre lui, il abandonne la diffamation au profit d’une simple
« atteinte à l’honneur », moins susceptible d’entraîner un débat
fâcheux sur son rôle dans! le génocide (1).
La chasse aux images
Le même jour, les images de l'action sont diffusées sur Internet. Les conseils d'Hubert Védrine invoquent alors la législation happy slapping,
adoptée pour réprimer des violences juvéniles, réelles et gratuites,
pour faire censurer ces images et donc les informations qui s'y
rapportent ! C’est logique : la défense des réputations mal assises a
toujours nécessité beaucoup de contorsions. Toutefois, le collectif a
produit depuis un documentaire de 15 minutes sur le rôle de la France
au Rwanda qui reprend ces images et explique pourquoi le collectif a
voulu sensibiliser ses concitoyens, H. Védrine compris. Génocide made
in France invite donc tous ceux qui n'acceptent pas l'impunité à
regarder le film, à le diffuser très largement et à le mettre en lien
sur le plus de sites Internet et blo! gs possible avant son éventuelle
interdiction.
«
En abandonnant sa plainte pour diffamation, Hubert Védrine cherche à
éviter que la Justice ne se penche sur son rôle dans le génocide des
Tutsi au Rwanda, relève Xavier Renou porte-parole du collectif Génocide Made in France.
Mais nous n’avons pas l’intention de cesser notre combat contre
l’impunité tant que les complices français du génocide n’auront pas
tous été jugés ! »
Contacts
Xavier RENOU, porte-parole, ![]()

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06 64 18 34 21
.
Yvette, porte-parole, ![]()

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01 40 35 03 03
.
www.genocidemadeinfrance.com
Génocide Made in France dénonce l’impunité dont bénéficient les
complices français - politiques, militaires de haut rang, ambassadeurs
- du génocide des Tutsi de 1994. Après une première action au Louvre,
dont les bassins avaient été teintés de faux sang, des actions furent
menées au Trocadéro où fut reconstitué un charnier symbolisant ceux du
Rwanda, à la Cité de l’immigration avec l’inauguration en grande pompe
d’une aile dédiée aux crimes de la « Françafrique », ou encore à la
vente des effets personnels de François Mitterrand pendant laquelle
furent proposés aux admirateurs de l’ancien président de la République
des machettes, crânes et autres souvenirs de la politique qu'il mena au
Rwanda.
1. Il n’est donc pas diffamatoire de qualifier Hubert Védrine de « complice de génocide » pour son rôle dans le soutien à l’extermination d’un million de Tutsi du Rwanda en 1994. CQFD
19 octobre 2008
LE MONDE DIPLO / Le scandale Salah Hammouri
par Alain Gresh
Salah
Hammouri est ce jeune franco-palestinien, emprisonné durant plus de
trois ans, condamné par un tribunal miliaire israélien sans preuves à
sept ans de prison à l’issue d’un procès où l’utilisation des "aveux"
rappelle de sinistres souvenirs. Hammouri reste inconnu pour de
nombreux français. Alors que la mairie de Paris et le gouvernement
français se mobilisent pour les « otages », et en premier lieu pour le
soldat franco-israélien Gilad Shalit, le silence autour du cas de
Hammouri a quelque chose d’exemplaire, comme l’explique dans un article
d’une page de Libération Christophe Ayad, « Israël : un Français aux
oubliettes » (18-19 octobre 2008) – je n’ai pas trouvé l’article sur le
site de Libération, hasard ? J’en reproduis donc de longs extraits.
«
Salah Hammouri a été arrêté le 13 mars 2005 sur la route de Ramallah.
Deux heures plus tard, la police israélienne retournait l’appartement
de ses parents, à Jérusalem-Est, à la recherche de preuves. Ils ont
tout retourné, saisi le disque dur de son ordinateur. Ils sont allés
jusqu’à démonter les lavabos, se souvent Denis Hammouri, la mère de
l’étudiant en sociologie de l’université de Bethléeem. Pendant que son
fils est détenu pendant trois mois à la prison de la Moskobieh, à
Jérusalem, elle apprend dans la presse qu’il est censé avoir participé
à un complot visant à assassiner le rabbi Ovadia Yossfe, chef spirituel
du parti Shas (ultra-orthodoxe séfarade). Il est aussi accusé
d’appartenir au FPLP. Pendant les trois années qui suivent, Salah
Hamouri est maintenu en détention administrative, comme la grande
majorité des 11 600 prisonniers palestiniens, c’est-à-dire sans
supervision de la justice civile. La routine en Israël. »
Pourquoi a-t-il avoué ?
C’est
que le procureur lui a proposé un marché. « Si Salah reconnaît les
fait, il prendra sept ans de prison : sinon ce sera quatorze. Le
dossier est pourtant mince : aucune preuve matérielle, ni armes, ni
mails, ni plan, ni écoutes. Les seules "preuves" sont les témoignages,
aussitôt rétractés, de détenus palestiniens et l’aveu de Salah, qui a
reconnu être passé devant la maison du rabbin avec un ami, accusé lui
aussi. L’avocate conseille à la famille d’accepter, car les juges
militaires suivent toujours les réquisitions. En tant que Palestinien
de Jérusalem, Salah n’a droit à aucune remise de peine. Il ne peut
faire appel. »
Jusque-là, il faut le dire, rien que de très
banal pour un Palestinien. N’oublions pas que la Palestine occupée
compte sans doute le plus grand nombre de prisonniers politiques du
monde ; que la torture est d’usage courant ; que les détentions sans
jugement le sont aussi ; que la majorité des jeunes hommes, à un moment
ou à un autre, passent par les prisons israéliennes ; que ces centaines
de mineurs et de femmes sont aussi emprisonnés.
«
Ce qui est scandaleux dans cette affaire, c’est le silence
assourdissant des autorités françaises. Dès la condamnation, souligne
Christophe Ayad, les autorités françaises se retrancheront
systématiquement derrière la décision de justice et derrière cet aveu
de culpabilité. Dans un courrier, Rama Yade va jusqu’à reprocher à
Salah Hammouri de ne pas avoir exprimé de "regrets". Lors de sa
rencontre avec Denise Hammouri, fin mai, la secrétaire d’Etat aux
droits de l’homme semble découvrir l’affaire. L’ambassadeur spécial des
droits de l’homme, François Zimmeray est aux abonnés absents. Tout
comme l’Elysée. »
Un mot sur François Zimmeray. Cet ancien député
européen socialiste s’est tellement aligné sur les positions
israéliennes au début des années 2000 que le Parti socialiste, peu
suspect pourtant de pencher en faveur des Palestiniens, a finalement
décidé de ne pas le représenter aux élections de 2004. Mais Nicoals
Sarkozy l’a récupéré. (une recherche rapide sur Google permet de
trouver les déclarations de ce personnage).
En conclusion,
Christophe Ayad souligne que l’Elysée, qui a trouvé le temps de
recevoir les parents de Gilad Shalit, n’a pas trouvé le temps pour
recevoir Denise Hammouri. « Une tiédeur qui contraste avec les mots de
réconfort du père de Gilad Shalit, qui avait su trouver les mots pour
répondre à la lettre que lui avait envoyé Denise Hammouri en souhaitant
la libération de leurs deux enfants. »
Notons que l’ancien député communiste Jean-Claude Lefort vient de
créer un comité de soutien à Salah Hammouri.
Le
17 octobre s’est ouvert devant la cour d’assise de Seine Saint-Denis le
procès suite à la mort dans la cité des 4 000 à La Courneuve, le 19
juin 2005, d’un jeune de 11 ans (par une balle perdue). C’est cette
mort dramatique, provoquée par un affrontement entre bandes et une
histoire d’amour entre un jeune noir et une jeune fille d’origine arabe
qui avait amené la fameuse sortie de Nicolas Sarkozy, alors ministre de
l’intérieur et sa promesse de netttoyer les cités au karcher (« Procès
à La Courneuve : le coeur et le Kärcher », par Marie Huret,
L’Express.fr, 17/10/2008).
Malgré les promesses faites par le
ministre de proposer plus que la répression, rien n’a changé à « La
Courneuve, trois ans après le Karcher », comme l’explique Dany Stive
dans L’Humanité, le 17 octobre.
Il n’est pas inutile de
rappeler, à propos des déclarations du futur président, ce qu’en disait
Claude Askolovitch, alors journaliste au Nouvel Observateur. Le 27 juin
2005, sur le site Acrimed, Mathias Reymond écrivait une article : C’est
officiel : au Nouvel Observateur, on "nettoie" les "détritus" :
"«
Un type qui tire sur un gamin de dix ans est une ordure et un détritus,
au Nouvel Obs comme ailleurs." C’est par ces mots que Claude
Askolovitch commente, dans l’émission "On refait le monde" le 21 juin
2005 sur RTL, le "nettoyage" préconisé par Nicolas Sarkozy dans la cité
des 4 000 à La Courneuve. »
« La colère de Claude Askolovitch contre les délinquants n’a d’égal que sa rage d’informer et de s’informer. »
«
Enervé, Askolovitch, l’est d’abord contre le Syndicat de la
Magistrature (classé à gauche) : "Le politiquement correct a bon goût
et j’invite le Syndicat de la Magistrature à déplacer son siège quelque
part dans la cité des 4 000. ". Seulement voilà, ledit Syndicat n’avait
pas encore fait alors (sauf erreur de notre part [1]) de déclaration.
En revanche, l’Union Syndicale des Magistrats, positionnée à droite
avait réagi avec émotion aux propos du président de l’UMP en déclarant
que l’Etat "devait faire appliquer les lois de la République à tous" et
n’était pas là "pour nettoyer". Dans Le Monde, le président de l’USM,
Dominique Barella précise : « Le mot de nettoyage est un mot historique
lourd de sens dont il faut éviter l’usage. » De quoi scandaliser, en
effet, un journaliste "de gauche"... »
Il
faut dire que peu de gens, à l’époque, pensaient encore que Claude
Askolovitch était "de gauche". En revanche, il sévissait dans un
hebdomadaire qui se réclamait de la gauche, mais se préoccupait en
priorité de ne pas trop critiquer Nicolas Sarkozy. Il a été enfin
récompensé pour ses bons et loyaux services.
On lira sur ce
sujet « L’ascension d’un journaliste – Claude Askolovitch », par Daniel
Schneidermann (Libération, 1er septembre 2008), repris sur un site
Europe Solidaire sans frontière.
«
Comment se déroule une ascension médiatique, en République sarkozienne
? Très simplement. A ciel ouvert. Le cas de Laurence Ferrari, sa vie,
son œuvre, ses traumatismes d’enfance, ayant été exploré comme il
convenait par la totalité de la presse française et francophone,
attardons-nous sur un autre, plus discret : celui de Claude
Askolovitch, nouvel embauché du groupe Lagardère. Scénario : un
journaliste (de talent) que les hasards de la carrière ont envoyé dans
un hebdomadaire étiqueté à gauche ( le Nouvel Obs) s’y ennuie. Il s’y
sent bloqué. Il y suit les activités de José Bové, les oscillations de
Clémentine Autain, et les forums de Porto Alegre, ce qui peut lasser à
la longue. Il trompe l’attente en répétant à longueur d’émissions,
d’articles, de blog, que la candidate de la gauche est d’une nullité
crasse ; il rédige à la chaîne des livres de discussions avec un
socialiste passé à l’adversaire (Eric Besson), avec un socialiste
raisonnable (Manuel Valls), avec une ministre sarkozyste (Rachida
Dati), mais l’ennui persiste. C’est terrible, l’ennui. »
«
Au début de l’été, le Destin lui sourit : il vole soudain à la radio
défendre courageusement le fils du président de la République, cible
d’une infâme agression antisémite, dans une chronique que personne
n’avait lue, en page 19 d’un hebdomadaire satirique. Bingo ! L’affaire
prend. La France s’embrase. Insultes, polémiques, pétitions. Et à la
fin de l’été, abracadabra, on le retrouve dirigeant les pages
politiques du Journal du dimanche (groupe Lagardère), et en charge de
l’éditorial politique de la radio Europe 1 (groupe Lagardère),
réussissant l’exploit d’en avoir déboulonné l’indéboulonnable Catherine
Nay. Il est devenu une pièce centrale du dispositif. Venant de la
gauche, il incarne l’ouverture médiatique. »
«
Reste une inconnue - de taille. Sa Majesté a-t-elle explicitement donné
consigne de faire nommer Askolovitch au firmament du groupe de son ami
Arnaud Lagardère, pour service rendu à la famille ? Ou bien, dans
l’état-major de Lagardère, a-t-on précédé ses désirs ? La simultanéité
des deux nominations laisse irrésistiblement penser que la décision a
été prise au sommet du groupe, et pas seulement dans chacun des deux
médias. Le groupe en question est d’ailleurs habitué aux nominations «
conseillées ». L’an dernier, l’ex-patron Elkabbach avait déjà consulté
Sarkozy sur la nomination du chef du service politique. Et puis,
qu’importe ? Qu’on ait cédé aux désirs du prince ou qu’on les ait
précédés, le résultat est le même : l’accession de la personne adéquate
au poste qui l’attendait. »
Dernière
opération lancée par Claude Askolovitch dans les colonnes du Nouvel
Observateur, l’accusation contre Siné, relayée par toutes les nobles
voix intellectuelles, mais qui va se retourner contre ses instigateurs
(Lire Pierre Rimbert, « Siné et l’inquisition », sur le site du Monde
diplomatique).
La question à laquelle il ne sera pas répondu est
de savoir comment un tel journaliste, spécialiste d’opérations
nauséabondes, a pu sévir tant d’années au Nouvel Observateur ?
Solidarité avec Romain contre la répression d’Etat !
En février dernier, notre camarade Romain était condamné à 800 euros
d’amende et un euro de dommages & intérêts pour outrage à autorité
publique. En décembre 2006, lors de la garde à vue de Florimond Guimard
suite à une manifestation du réseau Éducation sans frontières (RESF),
Romain, alors militant de la CNT éducation du Jura, avait adressé les
protestations de notre syndicat au ministère de l’Intérieur. Ce courriel
dénonçait les relents liberticides et vichystes de la politique menée
par Sarkozy, demandait la libération de Florimond et l’arrêt des
poursuites, et revendiquait la fermeture des camps de rétention et la
régularisation de tous les sans papiers. Dans cette affaire comme dans
bien d’autres, le tout-réactionnaire au pouvoir use de l’intimidation et
de la criminalisation. La solidarité est l’expression de tendresse entre
les humains. C’est la trainer en justice qui est criminel.
Les organisations signataires appellent à soutenir Romain à l’audience
d’appel le mercredi 22 octobre 2008 à 9 heures, 11e Chambre, section B,
Escalier K, 2e étage, Palais de Justice, 6 bd du Palais à Paris (1er).
Un préavis de grève couvre les personnels qui souhaitent se mettre en
grève pour venir au rassemblement.
CGT éduc’action Créteil, CGT éduc’action Paris, CGT éduc’action
Versailles, CNT-FTE, CNT éducation RP, Sud éducation Créteil, Sud
éducation Versailles, SUNDEP Créteil.
Tract intersyndical à télécharger :
http://www.cnt-f.org/fte/IMG/pdf/solidarite_Romain.pdf
Préavis de grève de la CNT-FTE :
http://www.cnt-f.org/fte/IMG/doc/preavis_Romain_22oct08-2.doc
Pétition de soutien de RESF :
http://www.educationsansfrontieres.org/?article12979
Une femme s'immole pour protester contre l'exclusion de son compagnon sans-papiers
(source : LEMONDE.FR avec AFP )
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Une femme dont le compagnon sans-papiers est menacé d'expulsion vers l'Arménie a été grièvement blessée, samedi 18 octobre, après s'être immolée devant la maison d'arrêt du Mans, dans la Sarthe. Vers 8 h 50, la femme qui avait donné rendez-vous à des journalistes de la presse locale s'est aspergée le corps d'essence avant d'y mettre le feu.
Selon un correspondant de l'AFP, elle aurait voulu protester contre l'incarcération et l'expulsion de son compagnon. Le compagnon de la victime purge une peine de deux ans à la maison d'arrêt du Mans pour avoir refusé à 18 reprises de monter dans l'avion qui devait le reconduire en Arménie. Il devait être transféré samedi au Centre de rétention administrative de Rennes en vue d'une nouvelle expulsion.
Blessée gravement, la victime dont le pronostic vital ne serait toutefois pas engagé a été transférée à l'hôpital du Mans. Deux journalistes ayant assisté à la scène ont été également transportés en état de choc vers l'hôpital. L'un d'entre eux est brûlé à une main. D'après un témoin, la jeune femme avait convoqué la presse pour attirer l'attention sur le sort de son compagnon sans préciser ses intentions. Les journalistes se sont immédiatement portés au secours de la victime sans toutefois pouvoir empêcher son geste désespéré. "Elle a sorti la bouteille d'alcool, quand on s'est approché d'elle, c'était trop tard."
16 octobre 2008
Plus de 1.000 caméras supplémentaires à Paris à l'horizon 2010
( source: afp )
Le préfet de Police Michel Gaudin présentera lundi devant le conseil de Paris le plan de mise en place de 1.226 caméras de vidéoprotection dans la capitale qui devraient être opérationnelles fin 2010 a-t-on appris jeudi auprès de la préfecture de police (PP). Lire la suite l'article
Selon la PP les propositions d'implantations de ces nouvelles caméras résulte "d'une analyse concrète et approfondie des points de congestion du trafic, des sites accidentogènes, des besoins relatifs à la sécurisation des grands rassemblements et des lieux les plus touchés par la délinquance" à Paris.
Selon les documents de la PP, "il ne s'agit pas de couvrir chaque parcelles du territoire parisien" mais d'aboutir "à une fourchette de 50 à 70 caméras (supplémentaires ndlr) par arrondissement".
L'opération fera l'objet d'un contrat de partenariat public-privé qui devrait être signé à l'été 2009 et la mise en service du dispositif se fera progressivement pour être opérationnelle fin 2010.
Actuellement, la préfecture de police de Paris dispose de 120 caméras sur la voie publique, de 120 caméras mobiles embarquées auxquelles s'ajoutent les images des 206 caméras, de voie publique, appartenant à la ville de Paris, des 9.500 caméras des réseaux RATP-SNCF de Paris et de la banlieue et des 114 caméras du Parc des Princes, dont 13 appartiennent à la ville de Paris...
ET QUI SAIT QUI PAIE TOUT CA SANS POUVOIR REFUSER ?!!
Exposition, projections, lectures, musique et chants autour de Mahmoud Darwich
*/Il s’appelait Mahmoud Darwich. Il était Palestinien et c’était le
poète contemporain le plus important du monde arabe./*
*L’Association **/Jafra/**/ /**et l’Espace Culturel **/Mawal/** vous
invitent les _17 et 18 octobre_ à un hommage poétique et musical au
poète palestinien Mahmoud Darwich :*
* *
*Exposition, projections, lectures, musique et chants**.*
*Vendredi 17 octobre*
*19h00*
*Vernissage de l’artiste peintre Imad Altayeb*
Tableaux inspirés de l’œuvre poétique de Mahmoud Darwich.
*20h00*
*Représentation théâtrale*
Interprétée par Assile.
*20h30*
*Projection de « /Nous aussi nous aimons la vie… /» en présence du
réalisateur*
Entretien accordé par Mahmoud Darwich à Jean Asselmeyer, 13 mn,
Metropolis/Arte.
*De 21h00 à 22h30*
*Concert avec la formation /Al Qods/*
Musique et chants inspirés de la poésie de Mahmoud Darwich.
*Samedi 18 octobre*
*19h30*
*Lectures poétiques*
Sélection de poèmes de Mahmoud Darwich interprétés en arabe et en français.
*20h15*
*Projection de « /Nous aussi nous aimons la vie… /»*
Entretien accordé par Mahmoud Darwich à Jean Asselmeyer,13’,
Metropolis/Arte.
*20h30*
*Projection d’une sélection de lectures poétiques réalisées par Mahmoud
Darwich*
Document audiovisuel non sous-titré, 20 mn.
*De 21h00 à 22h30*
*Concert avec la formation /Hanine/*
Musique et chants inspirés de la poésie de Mahmoud Darwich.
*Espace culturel Mawal*
*92, rue Saint Maur, Paris 75011*
*Mail : cafemawal@yahoo.fr
*Métro : Rue St Maur/Parmentier*
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