LIBRE LUCHA !

LIBERTE... SOLIDARITE... RESISTANCE ! Pas justice ? Pas de paix !

28 avril 2009

Libérez Julien Coupat !

Tout ou presque a été dit sur le dossier, sur l'inconsistance des
charges, sur la présomption de culpabilité dont bénéficient les
détenus politiquement ciblés, sur les détentions provisoires qui trop
souvent sont la règle, sur l'absurdité de l'épithète "terroriste"
accolée à une dégradation purement matérielle, sur la toute-puissance
du parquet, sur les dérives tentaculaires des lois antiterroristes,
sur la criminalisation à découvert de l'édition, sur l'expansion à
l'infini des répressions, ici les bandes, là, les cagoules, etc.

Et pourtant Julien Coupat est toujours détenu, sans même, au diable
la jurisprudence européenne, avoir été autorisé à étudier son propre
dossier... ! Cela fera bientôt six mois qu'il arpente les courettes de
la Santé, les sous-sols du Palais de justice, les cabinets des juges,
et qu'en rentrant le soir dans sa cellule, si petite qu'elle pourrait
devenir invisible, il découvre sa photo de filature sur l'écran de la
télévision...

Huit "terroristes" pourtant vite relâchés, abusivement dispersés
depuis dans l'Hexagone et, lui seul, toujours détenu, mais pourquoi ?

Pour s'être tu pendant quatre-vingt-seize heures de garde à vue
antiterroriste, pour avoir défié les convenances judiciaires, pour
avoir protesté contre les fouilles à nu, pour avoir refusé les
enquêtes de personnalité, pour avoir ri parfois du questionnement des
juges, pour n'avoir pas livré ses goûts littéraires, ses penchants
philosophiques, ses opinions politiques, pour avoir sillonné le monde
sans téléphone portable et s'y être fait des amis dont il a tu les
noms, pour avoir refusé tous les fichages, pour avoir pensé, écrit,
manifesté, voyagé, pour n'être pas tombé dans le panneau des
idéologies précuites, pour avoir dérangé l'ordre morose d'un temps qui
parfois passe si lentement, bref pour avoir à sa façon "travaillé à
l'établissement conscient et collectif d'une nouvelle
civilisation" (Armand Gatti).

Déjà, souvenons-nous, le 19 décembre 2008, un juge des libertés et de
la détention (depuis lors introuvable) avait ordonné sa libération, en
estimant "que dans ce dossier, toutes les personnes mises en examen
ont été placées sous contrôle judiciaire (...), que Julien Coupat a
été interrogé (...), que la détention provisoire de l'intéressé
n'apparaît pas aujourd'hui indispensable à la manifestation de la
vérité (...), qu'il offre toutes garanties de représentation, qu'au
surplus, il n'a jamais été condamné". C'était compter sans
l'acharnement désespéré d'un parquet mis à mal.

Une nouvelle demande de mise en liberté a été déposée au nom de la
simple application de la loi française : "La personne mise en examen,
présumée innocente, reste libre" (article 137 du code de procédure
pénale).

"Vous tiendrez votre liberté de ce que vous aurez libéré...", écrivait
le poète Joë Bousquet. Que tous ceux qui se sentent concernés
demandent avec nous la nous la libération immédiate de Julien Coupat.

par Irène Terrel

Source : Le monde
LE MONDE

Posté par critiquesbliss à 13:58 - soutiens - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 avril 2009

*APPEL POUR UN CAMP NO BORDER A CALAIS 23-29 JUIN*

Le camp No Border de Calais est un projet mené par des militantEs
françaisES et belge, et des groupes de soutien français en coopération
avec le réseau No Borders britannique. Il vise à mettre en lumière la
situation à Calais et dans le nord de la France, construire des liens
avec les communatés de migrantEs, contribuer à développer les liens
entre les groupes qui les soutiennent, et enfin défier les autorités
sur le terrain pour protester contre la répression croissante contre
les migrantEs et les militantEs de la région.

Le camp revendique la liberté de circulation pour tous et toutes, la
fin des frontières et des contrôles migratoires. Nous appelons à un
mouvement radical contre les systèmes de contrôle qui nous divisent
entre citoyenNEs et non-citoyenNEs, entre avec et sans papiers.

*Pourquoi Calais ?*
Nous avons choisi Calais pour deux raisons essentielles. C'est un lieu
important dans l'histoire du développement des contrôles migratoires et
depuis longtemps un goulet d'étranglement pour celles et ceux qui
cherchent à se rendre en Grande-Bretagne. C'est surtout un lieu
d'affrontement entre ceux qui veulent stopper toute migration vers
l'Union Européenne et ceux qui luttent pour détruire les barrières
entre les peuples, les frontières qui empêchent la liberté de
circulation pour tous et toutes, et non pour quelques privilégiéEs.

Depuis le milieu des années 90, des dizaines de millier de migrants ont
vécu à Calais sans aucune ressource, contraints de dormir à la dure
dans la “jungle” dans l'espoir de pouvoir un jour traverser la Manche
vers l'Angleterre. En 1999 la Croix Rouge a ouvert un centre dans la
ville voisine de Sangatte, mais celui-ci a du fermer sous la pression
conjuguée de la France et de la Grande-Bretagne. Depuis, une présence
policière et une répression renforcées obligent des milliers d'hommes,
de femmes et d'enfants à errer dans la région de Calais et le long des
côtes du Nord de la France, de la Belgique et des Pays-Bas. Ils et
elles sont régulièrement brutaliséEs par la police, victimes de gaz
lacrymogènes, battuEs, arrêtéEs et enferméEs régulièrement au Centre de
Rétention Administrative (CRA) de Coquelles. La police brûle
régulièrement leurs abris et les maigres possessions qu'ils
contiennent. Les groupes qui les soutiennent en leur fournissant des
repas et de l'aide humanitaire subissent une répression croissante par
la police et plusieurs militantEs ont été arrêtéEs ces derniers mois.
Pendant ce temps, le ministre de l'immigration Phil Woolas a appelé à
la construction d'un centre de rétention permanent à l'intérieur du
Port de Calais.

*La partie la plus visible de l'iceberg*
Calais n'est pourtant qu'une petite partie de l'ensemble des contrôles
migratoires européens, une frontière interne majeure au sein du système
hi-tech des frontières européennes. Depuis le début des années 2000,
l'UE s'emploie à construire “l'Europe Forteresse” en externalisant ses
frontières en Asie et en Afrique avec des patrouilles frontalières en
Méditerranée, en Lybie et sur la côte Ouest de l'Afrique grâce à
l'agence Frontex (Agence européenne pour la gestion de la coopération
opérationnelle aux frontières extérieures), et via sa politique
extérieure qui permet de payer des Etats, de l'Ukraine jusqu'au Maroc,
pour effectuer à sa place le travail de prévention de l'immigration.

*Les droits des migrants sont aussi ceux des travailleurs*

A travers ce système de contrôle aux frontières, les autorités créent
deux sortes de migrants: une minorité de migrants “qualifiés”,
considérés comme “utiles” à l'état, et une majorité de travailleurs
sans papiers, à laquelle aucun droit n'est garanti et qui se retrouve
donc exploitée à loisir sur le marché du travail. C'est pourquoi notre
combat pour la liberté de circulation est également un combat pour les
droits de tous les travailleurs.

*La solidaité transnationale marche!*

Etablir des liens en travaillant ensemble nous permet d'échanger de
l'information à un niveau transnational, et ainsi d'exploiter les
failles et les fissures de cette “Europe Forteresse”. En novembre
dernier, c'est en partie grâce à un effort de solidarité transnationale
que la déportation organisée de réfugiés afghans de Calais à Kaboul a
pu être empêchée.

*Camper et Faire Campagne contre les Frontières*
Ce camp s'inscrit dans la tradition des camps No Border organisés à
travers le monde depuis les années 90. Comme le camp de Lesbos au mois
d'août prochain, ce sera un espace pour partager des informations, des
compétences et des expériences, un espace pour préparer et réaliser des
actions contre le système des frontières qui nous divise tous et
toutes. Depuis des siècles, les puissances impérialistes européennes
exploitent la terre, les ressources et les populations de la majorité
de la planète pour s'enrichir et devenirs plus puissantes, semant sur
leur passage la guerre, la destruction de l'environnement et des
inégalités criantes. Tenter le voyage vers le Royaume Uni, c'est lutter
contre cette injustice. La situation calaisienne est une conséquence de
la politique d'immigration britannique et nous appelons les groupes,
réseaux et individus à agir à travers la Manche pour participer au
mouvement global de solidarité qui défend leur droit qui défend leur
droit à la circulation à travers les frontières.

Egalité des droits pour touTEs!

Personne n'est illégal. Liberté de circulation et d'installation pour
touTEs!

*http://calaisnoborder.eu.org/ <calais@riseup.net>*

*http://london.noborders.org.uk/calais2009*

Contact à Calais: noborder-groupelocal-calais@hotmail.fr

Posté par critiquesbliss à 01:44 - Mouvement sans papiers - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 avril 2009

Citation du jour

J'écris pour des raisons qui poussent les autres à dévaliser un bureau de poste, abattre le gendarme ou son maître, détruire un ordre social. Parce que me gêne quelque chose :
un dégoût ou un désir
"

Louis Scutenaire

Posté par critiquesbliss à 13:38 - Citations - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 avril 2009

Espace PALEXTILE à PARIS :

démonstration et vente de produits

Les Amis d'Al Rowwad ont ouvert depuis avril 2009 un espace vente à Paris. Cet espace présente tous les produits diffusés par notre association :

  • Textile : tous les vêtements de la gamme PALEXTILE, Soit-Disant, etc..
  • Artisanat : sacs brodés, bourses, cousins, petits accessoires...
  • Produits traditionnels : Huile d'Olive, savon de Naplouse, Zatar, Infusion, etc...
  • Multimédia : les DVD des spectacles des tournées en France, livre photo et DVD des productions du programme Images For Life...
  • Documentation : des petits livrets sur l'histoire, des chroniques, des livres...

Horaires : deux journées d'ouverture, assurées par nos bénévoles :
- mercredi de 14h00 à 18h00
- samedi de 11h00 à 19h00

Emplacement :
24, rue Custine
75018 PARIS
M° Chateau Rouge (Ligne 4) - Bus n°80, 85, 31 et 56
Tél. : 01 42 52 24 29

>> Voir le plan d'accès sur notre site

Le fonctionnement de cet espace est possible grâce à l'engagement des bénévoles de l'association :
- les permanences sont assurées par les bénévoles
- le local a été mis gracieusement à disposition de l'association.

Ce projet n'engendre donc aucun quasiment frais supplémentaire pour l'association, et le fonctionnement ne repose pas sur les dons des particuliers à notre association.


Le Projet PALEXTILE

Quand la Mode épingle l'occupation israélienne et déchire le blocus économique imposé aux palestiniens...
PALEXTILE est une exposition sur l'art de la broderie et une collection de vêtements actuels « Made in Palestine », brodés à la main par les femmes du camp de réfugiés d'Aida de Bethléem. Des vêtements porteurs de sens : tee-shirts avec reproductions de graffitis du "Mur de la Honte", broderies de noms de villages détruits en 1948, vêtements agrémentés par des empiècements en keffieh - symbole de la résistance palestinienne-, des coupes et des broderies féminines et modernes.

>> tout savoir sur PALEXTILE


La boutique en ligne
Retrouvez (presque) tous les produits palestiniens de notre boutique parisienne sur notre site web : passez vos commandes, avec paiement sécurisé PAYPAL.

>> la boutique en ligne

Posté par critiquesbliss à 15:18 - PALESTINE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 avril 2009

MANIFESTONS CONTRE LES CENTRES DE RETENTION

POUR DIRE NON AUX RAFLES, NON AUX CENTRES DE RETENTION, NON AUX
EXPULSIONS

LE SAMEDI 18 AVRIL 2009 A 14H30

DE JOINVILLE LE PONT VERS LE CENTRE DE RETENTION DE VINCENNES,
Joinville-le-Pont (RER B)

ARRÊT DES RAFLES, ARRÊT DES EXPULSIONS
FERMETURE DES CENTRES DE RETENTION
REGULARISATION DE TOUS LES SANS-PAPIERS

9emecollectif.net

Posté par critiquesbliss à 18:23 - Mouvement sans papiers - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 avril 2009

Hervé Bourde, un musicien qui ne néglige pas la poésie

 

Les poètes ne le savent que trop, ce ne sont pas toujours les créateurs les plus talentueux qui accèdent le plus facilement à la plus grande notoriété, et pour cause : puisant dans le plus profond d’eux-mêmes, les forces qui font le génie de leur création, il y a des concessions qui leur sont impossibles, ce qui les écarte des grandes autoroutes de la communication (ce qu’on appelle « les grands médias » qui ne sont grands que par l’ampleur du bruit, du vacarme, par lequel ils tentent de faire taire toute voix du coeur qui cherche à s’exprimer).

Nous avons, il y a quelques années, eu la joie de travailler avec Hervé Bourde, musicien classique virtuose de formation, mais qui, parce qu’il éprouvait que les chemins de la création contemporaine passent par là, s’est tourné dès sa jeunesse vers le jazz, dont il est un des compositeurs et musiciens actuels à la fois les plus intègres, les plus audacieux et les plus humbles. Jean-Pierre Rosnay lui avait confié la « mise en musique » d’un disque publié avec la FNDIRP (Fédération Nationale des Déportées Internées et Résistant) où la troupe du Club des Poètes interprétait ces poèmes dont les échos nous sont parvenus par-delà les barbelés des camps de la mort ou depuis la profondeur des forêts où les combattant de la Résistance (dont Jean-Pierre fit partie durant son adolescence) se cachaient : « Poésie de la Résistance et de la Déportation ».

Adjoindre une musique, ou plutôt une athmosphère musicale, à ces voix qui nous parviennent du fond de l’enfer, à ces bribes de phrases sauvées du massacre de millions d’hommes et de femmes, demandait du génie, et Hervé Bourde, par sa sensibilité et son humilité, se mettant en retrait des textes pour les servir et nous en favoriser l’accès, a concouru à donner à cet enregistrement une dimension unique.

Dans un autre registre poétique, nous avons eu, il y a moins d’un mois l’occasion d’écouter Hervé accompagner à la flûte traversière la « Compagnie Passages » pour un voyage dans les pays lointains d’où le poète Henri Michaux nous écrit — un spectacle inénarrable et microscopique mêlant les jeux d’ombres, de voix, et la manipulation d’objets, intitulé « Je vous écris d’un pays lointain » (d’après le titre du poème de Michaux qui était interprété par Sabine Rosnay sous la direction de Violaine Roméas). Parmi les ombres qui hantèrent ce spectacle, celle d’Hervé jouant de la flûte traversière n’était pas la moins précieuse, et tel un faune s’accompagnant d’un roseau, il fut, en toute discrétion, notre guide dans cet itinéraire fantasmagorique.

N’allez pas croire qu’Hervé Bourde ne travaille pourtant qu’avec les poète. Comme quelques autres musiciens qui poursuivent leurs chemins loin des carrières trop facilement identifiables (il faudrait aussi citer par exemple le violoniste génial Dimitri Artemenko), Hervé est disponible pour jouer partout où il y a de la vie, de l’audace, de la rigueur, de la vraie fantaisie. A l’initiative de sa fille Juliette, elle aussi passionnée de musique, et sans se départir de sa sérénité, il a par exemple courageusement bataillé, avec pour seule arme son saxophone, en improvisation, avec des DJ et rappeurs.

Mais c’est assez parlé. Est venu le temps pour vous de découvrir et d’écouter : voici quelques liens où vous pourrez faire la connaissance de ce musicien, l’un des plus talentueux et authentique du jazz contemporain :

http://www.deezer.com/#music/artist/184826

http://www.myspace.com/hervebourde

http://www.hervebourde.com

Auteur :   Blaise Rosnay

http://www.poesie.net

Posté par critiquesbliss à 11:46 - MUSIQUE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Salah Hamouri va avoir 24 ans.

Ecrivons lui !

Salah Hamouri aura 24 ans le 25 avril 2009, dont 4 années passées dans les geôles israéliennes parce qu’il est palestinien et victime d’une occupation cruelle et où il est encore détenu bien qu’il soit français mais oublié par les autorités françaises.

Afin de manifester notre solidarité à Salah et de rappeler encore et toujours que nous exigeons le droit et la justice pour Salah et tous ses camarades de prison, submergeons sa prison de cartes postales anniversaire de soutien !

Son adresse en prison :

Salah Hamouri

Doar nah Guilboa

10900 - Beit Shean

Israël

NB : Affranchir les cartes à 0,85 centimes.

Il faut compter une dizaine de jours pour que les cartes arrivent

Appel du Comité national de soutien à Salah Hamouri

Vous pouvez écrire à Salah pour son anniversaire dans sa prison israélienne , afin de lui témoigner votre solidarité et l’assurer que des citoyen-ne-s de son pays, la France, entendent obtenir justice pour lui et le faire libérer .

Nous suggérons que lui soient envoyées des cartes postales « anniversaire » au point que sa prison soit submergée. Il faut compter au moins 10 jours pour qu’elles lui parviennent à Guilboa.

Il s’agit, de cette façon, de marquer notre solidarité avec Salah, de parler encore et toujours du sort insupportable qui lui est réservé et de mettre en évidence les responsabilités des uns et des autres.

Le Comité national de soutien à Salah Hamouri

http://www.salah-hamouri.fr

Submergeons sa prison de cartes postales anniversaire de soutien !

Posté par critiquesbliss à 11:17 - PALESTINE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Arrêt des poursuites ! Liberté pour toutes et tous !

Le mardi 7 avril, Moïse Diakité et Ali Diallo comparaissaient en appel de la dernière demande de mise en liberté qui leur avait été refusée. Le maintien en détention a été confirmé.

Accusés dans le cadre de l'incendie qui le 22 juin 2008 a détruit le
centre de rétention de Vincennes, cela fera bientôt un an qu'ils sont en
prison, sans qu'une date de procès n'ait été fixée.
Pour mémoire, 8 personnes sont inculpées pour cette révolte collective qui
faisait suite au décès la veille de Mr Souli, un retenu tunisien. Sur ces
8 personnes,  5 sont toujours inculpées et poursuivies mais en liberté (certaines sous contrôle judiciaire). Moïse, Ali et Mahamadou, quant à eux, restent emprisonnés.

N'hésitez pas à leur écrire, non seulement cela leur fait très plaisir de
recevoir du courrier, mais cela montre aussi à l'Administration
pénitentiaire qu'ils ne sont pas isolés.

Voici leurs adresses :

Moïse Diakité, écrou no 369111 H, bât. D5 Maison d'arrêt des hommes de
Fleury-Mérogis, 7 allée des Peupliers, 91700 Fleury-Mérogis. En France
depuis 18 ans, il n'a pas revu ses sept enfants depuis sa mise en
détention. Toutes ses demandes de remise en liberté ont été refusées
malgré toutes ses garanties de représentation.

Ali Diallo, écrou no 367347, bât. D5 Maison d'arrêt des hommes de
Fleury-Mérogis, 7 allée des Peupliers, 91700 Fleury-Mérogis.
Ali, jeune homme d'une vingtaine d'années, il espérait faire une formation de frigoriste pour
poursuivre sa vie ici en France. Mis en garde à vue le soir même
de l'incendie, il a tout d'abord été remis en liberté. Il s'est ensuite
rendu, confiant ,à l'audience qui faisait appel de cette décision et, là,
son incarcération a été décidée.

Mahamadou Drame, écrou no 367337, Maison d'arrêt des hommes de
Fleury-Mérogis, 7 allée des Peupliers, 91700 Fleury-Mérogis.
Mahamadou travaillait depuis plusieurs années en France, notamment dans la
restauration. Il avait été victime de plusieurs arrestations (rafles),
notamment en se rendant à son travail. Sa famille proche vit ici.

(En prison, le courrier est systématiquement lu, aucune mention de
l'incendie ou question s'y rapportant ne doit y figurer)

Comme à Bordeaux où, suite à l'incendie du centre, quatre personnes sont
incarcérées à la prison de Gradignan, ou  encore à Toulouse où, après un
début de feu à Cornebarrieu, trois personnes ont été emprisonnées, il
s'agit pour l'État de faire des exemples dissuasifs, de « frapper fort »
pour faire peur et faire en sorte que ceux qu'on appelle les
« sans-papiers » acceptent leur sort sans se révolter. Ne les laissons pas
seuls se battre pour la LIBERTÉ !

Arrêt des poursuites ! Liberté pour toutes et tous !

Posté par critiquesbliss à 10:59 - Mouvement sans papiers - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

OTAN en emportent les black blocs

Notes sur la journée strasbourgeoise du 4 avril 2009

« L'insurrection désoriente les partis politiques. Leur doctrine, en
effet, a toujours affirmé l'inefficacité de toute épreuve de force et
leur existence même est une constante condamnation de toute insurrection »
Frantz Fanon, Les damnés de la terre, 1961.

1

Ce qui s'est passé à Strasbourg était relativement prévisible, et
relativement inévitable. Pourtant, comme après chaque contre-sommet qui
donne lieu à de belles émeutes, de gauche à droite on hurle au scandale,
on accuse les uns et les autres d'avoir laissé faire les émeutier-e-s,
de les avoir incité-e-s, ou, encore plus fort, d'avoir machiavéliquement
organisé tout ça, dans l'ombre.
Tous les partis politiques, y compris à l'extrême-gauche, se font les
porte-voix de discours sécuritaires tous plus puants les uns que les
autres, déplorant explicitement ou implicitement l'impuissance policière
face aux actes émeutiers (voir plus bas, le florilège de citations bien
pensantes).

Au final, c'est toujours le même cinéma, avec dans le fond une idée
commune à l'UMP et au Parti Socialiste, d'Attac jusqu'au Front National
: il est impossible que des gens soient révoltés au point de se lancer
d'eux-mêmes dans des pratiques émeutières. Il faut forcément, pour cela,
que ces gens soient d'une manière ou d'une autre manipulés.

2

Comme cela a pu être fait en juillet 2001 suite aux grandes émeutes de
Gênes lors du sommet du G8, nous le répétons : nous n'avons besoin de
personne pour nous révolter et pour lutter. Ce samedi 4 avril 2009, à
Strasbourg, si nous avons cassé des vitrines ou mis le feu à des
bâtiments qui sont au service de l'Etat et du capitalisme (douane,
banques, station essence, office de tourisme, hôtel Ibis, etc.), si nous
avons saccagé des caméras de vidéosurveillance et des panneaux
publicitaires, si nous nous sommes attaqué-e-s à la police, ce n'est pas
parce qu'une organisation occulte nous y a poussé, mais parce que nous
l'avons choisi délibérément.

3

Si nous avons eu autant de facilité à agir, c'est que nous étions
plusieurs centaines à le faire, peut-être même plusieurs milliers (les
fameux black blocs internationaux !).

C'est aussi parce que les flics ne sont pas totalement des robots. Ce
sont des humains, eux aussi peuvent ressentir la peur, par exemple.

Et dans une « démocratie », aussi sarkozyste soit-elle, ça ferait
mauvais genre de tuer des manifestant-e-s. Parce qu'une des possibilités
pour la police de faire taire les émeutes plus rapidement aurait été de
tirer à vue. Et autre chose que des gaz lacrymogènes, des grenades
assourdissantes et des tirs de flashball... Le 8 avril 2009, Luc Chatel,
porte-parole du gouvernement, a déclaré que « la priorité du
gouvernement était qu'il n'y ait pas de mort ». Parce que leur «
démocratie » ne se sent pas encore trop en danger.

4

Si nous n'avons pas pu agir ailleurs que dans les quartiers pauvres du
port autonome de Strasbourg, c'est parce que nous n'avons eu ni la force
ni la finesse de parvenir jusqu'au centre-ville. La police et l'armée
ont protégé la fameuse « zone rouge », autrement dit le centre-ville et
les quartiers bourgeois de Strasbourg. Mais personne n'est dupe : nous
aurions été bien plus redoutables dans ces quartiers riches...

Par ailleurs, personne n'est dupe non plus sur le fait que seuls des
bâtiments institutionnels ou commerciaux ont été attaqués. Les biens de
la population locale n'ont pas été touchés.

Nous luttons contre le pouvoir, pas contre celles et ceux qui le subissent.

5

Le discours médiatico-politicien cherche à donner une image de «
casseurs nihilistes et sanguinaires » aux black blocs. Pourtant, les
pratiques des black blocs ne se limitent pas à des actes de destruction
(tout comme nos existences ne se limitent pas aux black blocs, qui ne
sont que des modes ponctuels et contextuels de manifestation). Les black
blocs pratiquent l'entraide et la complicité avec tou-te-s les
manifestant-e-s, dans l'affrontement, l'auto-défense et la fuite face à
l'ennemi policier.

Dans l'émeute, se créé une solidarité spontanée et anonyme, authentique
au sens où chaque geste n'attend rien en retour.
Il y a là deux mondes qui s'opposent dans leurs démarches mêmes : d'un
côté, des manifestant-e-s déterminé-e-s qui sont là pour leurs
convictions, leurs désirs, leur rage de vivre, gratuitement et
pleinement. De l'autre côté, des flics asermentés qui sont là par
contrainte et obéissance, pour l'ordre et pour l'argent, ils sont payés
pour réprimer et doivent réfléchir le moins possible à ce qu'ils font
(le risque de démission serait trop important).

6

Ce qui se discutait lors du sommet de l'OTAN à Strasbourg nous concerne
tou-te-s. Les guerres post-colonialistes menées par les puissances
occidentales nous font gerber et la guerre aux « ennemis intérieurs »
nous révulse également. Contrôle des populations, gestion des flux
migratoires, renforcement des polices, perfectionnement du renseignement
et du fichage, c'est contre tout cela que nous nous sommes soulevé-e-s.

7

L'enjeu principal, pour le pouvoir, est de continuer à imposer à
tou-te-s la démocratie capitaliste comme unique organisation sociale
possible. Et malgré les vies de merde qui sont les nôtres, malgré
l'aspect chancelant du capitalisme ces derniers temps, force est de
constater que les perspectives révolutionnaires semblent tellement
lointaines qu'on ne les imagine qu'avec difficulté. Pourtant, la
résignation profondément contre-révolutionnaire de notre époque n'est
pas une fatalité. C'est un bel enjeu que celui de réussir à s'émanciper
du capitalisme, par la lutte et l'entraide. Et de fait, cette
émancipation ne peut co-exister avec le pouvoir capitaliste et étatique.

8

Sachant qu'un autre monde ne peut être possible sans l'anéantissement de
la démocratie capitaliste mondialisée, sachant que « toutes les classes
dominantes ont toujours défendu leurs privilèges jusqu'au bout avec
l'énergie la plus acharnée » (Rosa Luxembourg, Que veut Spartacus ?,
1918), semer le chaos et la destruction (pour reprendre les termes
spectaculaires des médias) au sein de ce monde d'oppression et de
contrôle social ne nous pose pas de problème. Cela nous semble même
insuffisant.

Toute possibilité de transformation révolutionnaire de ce monde ne peut
avoir lieu sans rapport de force tangible. C'est aux dominé-e-s de poser
de nouvelles bases de vie sociale, sans attendre l'assentiment des
dominant-e-s.

9

Ces dernières années ont été traversées par des soulèvements qui
inquiètent le pouvoir : émeutes des quartiers pauvres en novembre 2005,
mouvement anti-CPE au printemps 2006, émeutes anti-Sarko lors des
élections présidentielles de 2007, mouvements étudiants et lycéens de
2007-2008, et dernièrement la quasi insurrection grecque.

Pour ces mouvements comme pour les black blocs qui ont agi à Strasbourg,
les médias focalisent sur la jeunesse de ces mouvements, comme pour
enfermer la révolte dans un phénomène générationnel (avec toutes les
remarques condescendantes qui vont avec : « vous verrez, dans dix ans,
vous aurez oublié tout ça et vous serez résigné-e-s comme tout le monde »).

Nous pensons qu'il y a là un danger à dépasser absolument. Une
insurrection ne peut être uniquement le fait de la jeunesse (une
révolution encore moins) mais, comme la lutte des classes, elle doit
être traversée et vécue par tou-te-s, au-delà des différences d'âge, de
couleur de peau, de genre, de corporation, etc. Avec une conscience
pleine des dominations et des exploitations.

10

Si nous sommes parti-e-s du constat que pour renverser le pouvoir, il ne
sert pas à grand chose de se contenter de manifester calmement, aussi
nombreux soit-on, même à plusieurs millions de personnes, nous sommes
également conscient-e-s que s'attaquer à la police et vandaliser des
propriétés de l'Etat et/ou du capital à quelques milliers ne suffit pas
non plus.

A quelques millions, ça aurait déjà plus de gueule. Toutes les
technologies de contrôle et de répression pourraient s'avérer
insuffisantes à maintenir la colère généralisée.

Mettons en place et répandons des pratiques communes de résistance, des
solidarités concrètes, des moyens de lutte hors la loi et des
perspectives révolutionnaires... Tout un programme pour en finir avec le
vieux monde et ses technologies d'un futur déjà bien moisi !

Quelque part en fRance, le 8 avril 2009, quelques « casseurs » d'un
groupe affinitaire actif parmi les black blocs du 4 avril 2009 à Strasbourg

--------------------------------------------------------------------------------

Florilège de citations bien pensantes :

« Ils viennent exclusivement pour casser et sont au stade ultime de la
bêtise (...). Ils n’ont pas d’autre idéologie que la violence. Ceux sont
des voyous qui auraient même pu devenir des criminels quand on voit
certaines images. »
Robert Herrmann, premier adjoint au maire (PS) de Strasbourg, cité par
Philippe Wendling dans un article de 20 Minutes, 3 avril 2009.

« Mais surtout, j’ai de la colère, parce que des gens qui seront
présentés comme des militants anti-OTAN alors qu’ils ne méritent que le
nom d’imbéciles, ont commis des actes très graves qui méritent une
condamnation claire et sans ambiguïté. Ces gens ne sont pas des nôtres,
ce ne sont pas des militants pacifistes et nous refusons que leurs actes
soient rapprochés d’une manière ou d’une autre de la manifestation pour
la paix à laquelle les communistes ont participé. »
Marie-George Buffet, communiqué du Parti Communiste Français, 4 avril 2009

« Le PCF du Bas-Rhin condamne avec la plus grande fermeté les violences
gratuites des groupes venus au nom de prétextes fallacieux pour casser.
Ces gens là n’ont rien à voir avec les mouvements démocratiques qui
organisaient le Contre-sommet de l’OTAN. Ces groupes font le jeu des
Sarkozy, Merkel, Berlusconi, Brown etc… qui dominent l’Europe et qui
l’ont conduite dans l’ornière de la crise économique et sociale
d’aujourd’hui… »
Communiqué de la fédération du Bas-Rhin du Parti Communiste Français, 4
avril 2009

« L’objectif du gouvernement était clair, faire passer pour des casseurs
tous ceux et celles qui souhaitaient manifester leur opposition à l’OTAN. »
Communiqué du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), 4 avril 2009

« On voit bien aujourd'hui de quel côté se situent l'extrémisme et la
violence : à gauche ! Le Front National dénonce le saccage de Strasbourg
par des bandes de voyous venus principalement d'Allemagne. »
Bruno Gollnisch, vice-président exécutif du Front National, 4 avril 2009

« Avant même le début de la manifestation, et pendant de longs moments,
des casseurs venus de toute l’Europe se sont livré à des actes criminels
dont les premières victimes sont les habitants du quartier du port du
Rhin. Ces actes intolérables ont durement touché des strasbourgeois
parmi les plus modestes, et contribué à empêcher l’expression pacifique
de nombreux européens à la politique de l’OTAN.
Poste de douane, pharmacie, hôtel ont été incendiés, une Eglise
investie, le mobilier urbain complètement saccagé, et l’école du
quartier elle même n’a pu être préservée que par la mobilisation
spontanée des habitants du quartier. Nous condamnons ces actes sans
ambiguité. Leurs auteurs méritent d’être poursuivis et jugés
conformément à la Loi.
Ces événements tragiques ont pu se produire en dépit de l’important
déploiement policier et nous ne pouvons pas ne pas nous interroger sur
la responsabilité de l’Etat et la stratégie qui a été la sienne durant
ces heures éprouvantes. »
Communiqué du Groupe des élu-e-s Verts de Strasbourg, 5 avril 2009

« L’UNSA-POLICE – Le Syndicat Unique condamne les émeutes d’une rare
violence commises par des groupes de casseurs en marge de la
manifestation organisée à Strasbourg à l’occasion du sommet de l’OTAN (...).
L’UNSA-POLICE – Le Syndicat Unique rappelle la difficulté d’exercer le
métier de policier dans un climat de plus en plus tendu et une nouvelle
fois réclame l’abandon des suppressions d’effectifs prévues jusqu’en 2012.
L’UNSA-POLICE – Le Syndicat Unique apporte son soutien aux agents
blessés et félicite l’ensemble des policiers pour l’exemplarité de leur
conduite et du professionnalisme dont ils ont fait preuve. ».
Communiqué de l'UNSA-Police, 5 avril 2009

« Les élus du Mouvement populaire ne peuvent comprendre que des
responsables politiques participent à l'incitation à la violence à des
fins politiciennes. Inciter à la révolte ou à la rébellion, ne peut
constituer un programme politique crédible et n'est pas digne des grands
partis républicains.
L’UMP veut par ailleurs rendre hommage au professionnalisme des forces
de l'ordre qui font un travail remarquable et ne doivent pas être la
cible de quelques délinquants.
Il faut donc adopter la plus grande fermeté avec ces individus, comme
avec les casseurs qui cherchent coûte que coûte à troubler l'ordre public. »
Eric Ciotti (UMP), Secrétaire national à la sécurité, 6 avril 2009

« Ce que je souhaite, c'est que les casseurs soient punis avec une
extrême sévérité. »
Nicolas Sarkozy, président de la République, cité par Arnaud
Leparmentier dans un article du Monde, 6 avril 2009.

« tous les partis politiques condamnent cette violence, ces casseurs,
ces voyous. »
Bernard Accoyer (UMP), président de l'Assemblée Nationale, cité par
Arnaud Leparmentier dans un article du Monde, 6 avril 2009.

« 'des groupes ultraminoritaires et ultraviolents qu'il faut sanctionner
sans aucune faiblesse ».
Laurent Fabius (PS), cité par Arnaud Leparmentier dans un article du
Monde, 6 avril 2009.

« 'Le pouvoir instrumentalise les violences qu'il a lui-même orchestrées
pour tenter d'occulter le caractère massif de la protestation contre le
sommet de l'OTAN qu'il n'a pu qu'entraver mais pas empêcher. »
Communiqué du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), 6 avril 2009

« Des grenades lacrymogènes ont été tirées pendant les prises de parole
sans la moindre justification, contraignant la manifestation à se former
dans la confusion et l'urgence, permettant à des groupes violents de
s'infiltrer dans le cortège ;
Ces éléments violents ont pu passer les frontières alors que le
dispositif Schengen avait été levé (...)
Les forces de l'ordre ont laissé ces mêmes éléments violents, au
demeurant peu nombreux, (dont le Ministère de l’Intérieur se targue
pourtant de connaître les identités) détruire l'ancien poste de douane
sans intervenir (...) ; comment interpréter les autres destructions que
les forces de l'ordre, pourtant en surnombre dans Strasbourg, n'ont pas
su ( ?) empêcher ? Incompétence ou volonté de laisser faire ?
Les forces de l'ordre, comme c'est leur mission lors d'une manifestation
autorisée, n'ont pas assuré la sécurité des manifestants, mais l'ont, au
contraire délibérément compromise en laissant les éléments violents agir
à leur guise »
Communiqué d'Attac France, Attac Strasbourg et Attac Vosges du Nord, 6
avril 2009

« le dispositif policier était au point, de l’aveu même d’Alliot-Marie,
et le maire de Strasbourg, qui adopte une posture de dénonciation, était
dans la confidence depuis le début, il s’agit donc purement et
simplement d’une combinaison cynique dont les habitants d’un quartier
défavorisé, plus faciles à punir et à surveiller que les flux de
capitaux, ont fait les frais ».
Communiqué de la Fédération Anarchiste, 6 avril 2009

« La lumière doit être faite sur les raisons qui expliquent que les
casseurs ont pu avoir le terrain libre pendant près d'une heure, leur
permettant d'incendier le bâtiment des douanes, un bâtiment abritant une
pharmacie et l'office de tourisme et l'hôtel Ibis. »

Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg, cité dans un article de
nouvelobs.com, 7 avril 2009


texte trouvé sur indymedia francophone et cemab
http://www.dissent.fr

Posté par critiquesbliss à 10:51 - Politique internationale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 avril 2009

RASSEMBLEMENT au tribunal de paris pour la libération de Juan

Après presque 10 mois en préventive, Juan s'est vu refuser sa demande de mise en liberté. Il fait appel. D'ici une à deux semaines, la chambre d'instruction décidera de le maintenir en détention ou de le libérer. La date sera connue prochainement.
Juan est toujours détenu depuis presque 10 mois, il est actuellement à la maison d'arrêt de Boisd'Arcy. Il fait appel de son refus de mise en liberté. En attendant d'avoir la date (d'ici une à deux semaines) de l'audience pour se rassembler et demander sa libération, nous republions sa lettre depuis la prison de Rouen où il rappelle les circonstances de son incarcérations. Et pour plus d'infos: http://infokiosques.net/mauvaises_intentions

LETTRE DE JUAN DEPUIS LA PRISON DE ROUEN (OCTOBRE 2008)

Durant la période électorale qui a vu l'arrivée de Sarkozy à la présidence, l'ambiance est à la colère et à la révolte. De manifs sauvages à des bris de vitrines de permanences d'élus, de nombreux actes marquent cette période. Début mai, il y a eu aussi une tentative d'incendie d'une voiture de flics (dépanneuse) devant un commissariat de Paris.
C'est pour cette tentative qu'Isa, Juan et Damien sont en détention préventive, au motif que leurs ADN, pris à leur insu ou de force, auraient été retrouvés sur l'engin incendiaire.
Tous les trois sont sous le coup d'une instruction antiterroriste.

J'écris depuis la prison de Rouen, qui s'est une nouvelle fois illustrée le 10 septembre par la mort d'un détenu, victime de la folie... de l'Administration Pénitentiaire.

Ca fait maintenant quatre mois que je suis en détention provisoire pour terrorisme.
Terrorisme ! Quel outil formidable pour l'Etat ! Le terrorisme vient aujourd'hui justifier des mesures de contrôle et de fichage de plus en plus poussées au nom de notre sécurité. On ne s'étonne même plus de croiser dans les gares des militaires, mitraillettes à la main. Démocratie ou pas, la peur reste le meilleur moyen pour soumettre et gouverner.

Dans l'imaginaire collectif, le terroriste, avec le pédophile, est devenu une des figures même du mal. D'un côté il a le visage de monsieur tout le monde, ce qui en fait une menace permanente et insidieuse qui ne peut se combattre que par un contôle généralisé de plus en plus strict. Et de l'autre, il a le visage repoussant d'un monstre sanguinaire, fasciné par la violence et n'ayant plus rien d'humain ni de commun avec nous pour éviter qu'on le comprenne et que de tels actes se propagent. Apposer l'étiquette de terroriste sur quelqu'un, c'est donc le condamner au bannissement. Qui soutiendrait des barbares pareils ?

C'est une habile manoeuvre politique pour isoler et affaiblir. On fait passer des amis, des camarades de lutte pour des illuminés en décrédibilisant les moyens considérés comme violents (sabotage, bris de vitrine, etc) autant que le sens politique de leur action. Diviser pour mieux régner, rien de nouveau. On fait le tri entre la contestation « raisonnable », que l'Etat tolère, voire intègre pour se renforcer ; et celle sauvage et non autorisée, plus difficilement récupérable. On frappe fort sur quelques-uns pour que tout le monde ferme sa gueule et sache à quoi s'en tenir. Evidemment pour être efficace, ça doit servir d'exemple, on ne peut pas faire de tout le monde des terroristes.

La Mouvance Anarcho-Autonome Francilienne (MAAF), l'organisation terroriste à laquelle nous sommes supposés appartenir, rend bien compte de cette intention. Vous n'avez jamais vu de tract ou d'attentat au nom de la MAAF. Et pour cause : ce sexy sigle est une invention policière, le titre d'une catégorie de classification des RG (Renseignements Généraux). Le mot « mouvance » montre à quel point c'est flou. Il peut suffir d'un contrôle d'identité au cours d'un moment de contestation sauvage, de la fréquentation d'un lieu ou d'une personne, d'une lecture ou d'une opinion subversive. Certains thèmes aussi sont plus sensibles comme les prisons ou les sans-papiers ; RESF par exemple est qualifié de mouvement "quasi-terroriste".

Cette histoire de tentative d'incendie est loin d'être l'affaire du siècle. Et si le pouvoir, relayé par les médias, l'a gonflée au maximum, ce n'est pas que l'Etat craignait de ne pouvoir se relever de ce coup. Malheureusement, il faudra plus qu'un incendie – même réussi - pour mettre vraiment en danger le système. Si l'Etat est attentif et soucieux de ces "menaces" politiques et que cet affront devait être puni, il en a surtout profité pour faire de cette affaire un exemple, répondre à la contestation sociale, et remettre à jour quelques fichiers de renseignements et bases de données policières.

Nous nions tous les trois notre implication dans cette tentative d'incendie. Mais en vérité c'est un détail.

D'abord parce que face à la supposée irréfutabilité de la preuve par l'ADN des scientifiques, il est difficile d'expliquer la présence de poils qu'on a pu éventuellement semer, si tant est que ce soient les nôtres !

Ensuite parce que la Justice donne peu d'importance à ce qu'on a à dire. Elle n'a pas besoin de toi pour te juger. Qu'importe ce que tu as réellement fait. Si tu as le profil, et il peut suffir d'une garde-à-vue, de la participation à une manif ou d'opinions affichées, ça suffit à être condamné. Tout le reste est du théâtre.

En ce sens, la Justice ne s'est sans doute pas trompée. Je crois bien avoir le profil recherché. Non pas celui d'un fanatique qui veut semer la terreur dans la population pour arriver à ses fins – c'est plutôt l'apanage des gouvernements, qu'ils soient despotiques ou démocratiques -, mais plutôt celui d'un révolté parmi les autres.

Dans ce monde régi par le fric où la plupart des gens crèvent de faim pour soutenir le rythme de vie des riches ; où le seul horizon pour beaucoup est un travail de merde qu'on est réduit à pleurer au moment de perdre ; où l'ennui et la dépression sont la norme ; où ceux qui n'ont pas de papiers doivent raser les murs ; où la nature devient un luxe pour touristes ; où notre pouvoir sur nos vies se limite au choix de la chaîne télé, du bouffon qui nous gouverne, et de la marque de lessive ; où la police te rappelle à chaque instant de fermer ta gueule ; et où la prison t'accueille si tu déroges à la règle.

Dans ce monde moisi, il serait malvenu de pleurer la carcasse cramoisie d'une voiture de flics. Nous n'avons que trop de raisons de nous révolter.

Ce n'est pas la répression qui nous les enlèvera.

En taule comme dans la rue, que la lutte continue avec rage et joie !

Liens:: http://infokiosques.net/mauvaises_intentions
( l'appel est à diffusé largement, mais la date ne sera surement connue que quelque jours avant. soyons attentifs !!!!!!! )

Posté par critiquesbliss à 11:46 - soutiens - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »