LIBRE LUCHA !

LIBERTE... SOLIDARITE... RESISTANCE ! Pas justice ? Pas de paix !

29 mai 2009

Moïse Diakité va être libéré !

EN DETENTION PREVENTIVE SUITE A L'INCENDIE DU CENTRE DE RETENTION DE
VINCENNES, M.

Le juge de liberté et de détention (JLD) a décidé jeudi 28 mai de ne pas
prolonger
de 4 mois sa détention provisoire et de lui accorder la liberté
conditionnelle, sous
contrôle judiciaire (il doit se présenter une fois pas semaine au
commissariat) pour
le 10 juin, fin de son mandat de dépôt. Il aura passé 8 mois en prison.
Nous ne
savons pas encore si le parquet fait appel.

A sa sortie du cabinet du juge, Moïse, avec ses mains menottées, trainé
par les
gendarmes, a pu néanmoins faire le V de la victoire,
devant la double rangée de gendarmes, à l'intention de la trentaine de
militants
présents qui criait « Liberté, liberté ! »

Malheureusement, cette victoire n'est que très partielle :deux inculpés
sur huit
sont encore en détention préventive, un autre est à l'hôpital depuis 7
mois après
avoir été agressé dans sa cellule à Fresnes, tous sont toujours inculpés.
On ne sait toujours pas quand aura lieu le procès mais on compte sur tous
et toutes
pour se mobiliser, continuer la lutte pour la libération d'Ali et
Mahamadou et exiger
l'arrêt des poursuites pour tous les inculpés !

NOUS NE LACHERONS PAS!

Collectif de solidarité avec les inculpés de Vincennes
liberte-sans-retenue@riseup.net

Paris, 28/5/09.

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27 mai 2009

SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE MAPUCHE

LIBERTÉ POUR LES PRISONNIERS POLITIQUES MAPUCHE
LIBERTÉ POUR ELENA VARELA

Chroniques d’un État policier et discriminatoire

La Présidente du Chili, Michelle Bachelet, en visite officielle à Paris, recevra la communauté chilienne dans la matinée de vendredi 29 mai dans un salon d’un grand hôtel proche de l’Opéra.

À cette occasion, nos comités et associations de défense des droits de l’homme et des peuples indigènes souhaitent informer l’opinion qu’au lendemain de la visite au Chili, début avril, de M. James ANAYA, rapporteur des Nations Unies sur la situation des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales des Peuples Indigènes, de violentes perquisitions ont été menées par les forces spéciales policières dans plusieurs communautés mapuche au sud du Chili. D’importantes rafles ont été menées simultanément dans différentes villes de la région ainsi qu’à Santiago entraînant l’arrestation et la mise en détention provisoire de plusieurs dizaines de Mapuche.

À ce jour, 50 Mapuche sont emprisonnés, 15 sont assignés à résidence sous contrôle judiciaire en attente de leur procès. 3 sont réfugiés, l’une en Suisse, les deux autres en Argentine. 6 militants chiliens solidaires de la cause mapuche sont assignés à résidence, en attente de leur procès.

En début d’année, l’avocat Lorenzo Morales, a eu son domicile perquisitionné ainsi que celui de sa mère 24 heures avant la tenue du procès du Lonko Avelino Meñaco, dont il assurait la défense.

Mais la répression au Chili s’étend aussi à ceux qui s’intéressent ou se solidarisent à la cause mapuche. Deux jeunes cinéastes français ont été arrêtés sans motif, le 20 mars 2008, puis détenus au commissariat de Collipulli et leur matériel audiovisuel saisi. Le 7 mai suivant, deux reporters italiens se sont fait expulser du pays après avoir réalisé un reportage dans une propriété de l’entreprise forestière Mininco. Le même jour, la documentariste chilienne Elena Varela, après avoir eu sa maison longuement perquisitionnée, et son matériel cinématographique et documentaire saisi, a été arrêtée et mise en détention préventive. Elle a subi de longs interrogatoires accompagnés de menaces graves envers son entourage et particulièrement sa fille. Elle a été mise en liberté provisoire trois mois plus tard. Son procès est reporté au 5 juin prochain. Un montage politico-judiciaire a permis au Procureur du tribunal de Rancagua  de réclamer contre elle une condamnation de 15 ans de prison.

Dimanche 17 mai, Marcelo Garay, journaliste de «  La Nacion  », membre de l’Association Nationale des journalistes du Chili, a été interpellé et son matériel saisi alors qu’il photographiait un édifice privé. Le même jour, une centaine de gendarmes lourdement armés ont encerclé la maison du journaliste Jorge Fernando Serey Baeza, une dizaine d’entre eux ont pénétré chez lui, sans mandat, et ont perquisitionné toute sa maison. Les deux journalistes ont déposé une plainte auprès de la Cour d’Appel de Temuco. À plusieurs reprises au cours des dernières années, des avocats de dirigeants mapuche ont fait l’objet d’écoutes téléphoniques, de menaces et de perquisitions de leur cabinet.

Il s’agit là d’une véritable persécution de la part de l’Etat chilien qui n’hésite pas à continuer d’appliquer la loi dite « antiterroriste », mise en place par Pinochet à l’encontre des opposants à la dictature, et appliquée à présent aux membres des communautés mapuche qui revendiquent leurs terres usurpées par l’Etat, les colons et les entreprises forestières multinationales. La Présidente Michelle Bachelet avait promis  que cette loi ne serait pas appliquée durant son mandat. Nous dénonçons la « POLITIQUE RACISTE ET COLONIALE »  de l’État chilien à l’encontre des communautés indigènes. Nous dénonçons l’ÉTAT POLICIER qui criminalise le peuple Mapuche et tous ceux et celles qui soutiennent ses revendications.

LE RASSEMBLEMENT PRÉVU À L’OPÉRA VENDREDI 29 MAI À 11 HEURES

EST REPORTÉ À LA MEME HEURE PLACE DU PALAIS ROYAL

À l’appel des associations APATAPELA (Marseille), Colores Latino (Lille), Cordillera (Villeneuve d’Ascq), Pueblo (Paris), Terre et Liberté pour Arauco (Arcueil), du Collectif pour les Droits de l’Homme au Chili (France), du Comité Mapuche Belgique (Bruxelles), du CSIA Nitassinan, de l’Org. Kakiñe (Paris), du MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), du Réseau d’Information et de Soutien au Peuple Mapuche (Paris),

Site d’infos : http://mapuche.free.fr

QUESTIONS POSÉES PAR L’ADHÉSION DU CHILI À L’OCDE

Lors de sa visite en France, la Présidente du Chili, Michelle Bachelet, va se rendre à l’OCDE où elle participera à une réunion avec M. Angel Gurria, secrétaire général de l’Organisation, à laquelle le Chili veut adhérer.

L’Organisation pour la Coopération et le Développement Economique (OCDE) a été fondée le 14 décembre 1960 pour remplacer l’OECE née après la guerre, en 1948, dans le but d’accompagner le plan Marshall et de favoriser la reconstruction de l’Europe. Les 30 Etats membres qui la composent représentent les trois quarts de la richesse mondiale. Cinq Etats sont actuellement en attente de leur adhésion : la Russie , la Slovénie , l’Estonie, le Chili et Israël. Pour y adhérer, l’OCDE exige que les Etats membres soient attachés aux principes de la démocratie et de l’économie de marché.

Concernant l’économie de marché, le Chili essaye de  remplir la première des conditions exigées par l’OCDE. Mais, la recherche persistante d’une « forte croissance économique », ainsi que la prétention démesurée pour incorporer le Chili dans le « Club des Grands » (OCDE, Accord de libre-échange de l’Amérique du Nord [ALENA], entre autres) et l’obligation de se conformer aux conditions draconiennes exigées pour son admission ont provoqué de sérieux ravages dans la société chilienne. La future adhésion du Chili à l’OCDE ne fera que renforcer assurément le modèle néolibéral mis en place depuis la dictature. Ce modèle est une source d’inégalités et a permis l’expropriation des terres et des ressources naturelles hydriques, forestières, du sol, des ressources minières, du littoral, entraînant la destruction de sources de travail et de graves conséquences pour l’environnement.

En ce qui concerne le respect de la démocratie, des droits de l’homme et des normes de protection de l’environnement, il reste beaucoup à faire au Chili, sachant que la Constitution de la dictature militaire est toujours en vigueur depuis 1980. En 18 ans de gouvernement de la Concertation , rien n’a été fait pour donner au peuple chilien une nouvelle Constitution réellement démocratique.

Le mardi 12 mai dernier, durant le débat de l’Examen Périodique Universal (EPU) aux Nations Unies, l’ambassadeur du Chili à Genève, M. Carlos Portales, a lui-même reconnu et accepté les recommandations du Comité Contre la Torture des Nations Unies  parmi lesquelles :

-          la réouverture de la Commission sur le statut de Prisonnier Politique et la Torture (réparation et indemnisation des victimes et de leurs familles) ;

-          l’abrogation du décret-loi d’amnistie promulgué par la dictature militaire ;

-          la réforme du Code de Justice militaire pour limiter la compétence des tribunaux militaires qui jusqu’à ce jour peuvent juger des civils ;

-          l’élimination du principe de l’obéissance due aux supérieurs, inscrit dans le Code militaire ;

-          la réforme de la législation concernant le contrôle des forces policières.

Le Comité est préoccupé par les nombreuses violations commises par les forces de police contre des peuples indigènes auxquels la justice applique la loi anti-terroriste. Il demande que des enquêtes effectives et transparentes soient menées sur les violations commises et que les policiers responsables de ces violations soient jugés et sanctionnés.

Le gouvernement chilien une fois de plus s’est engagé à suivre ces recommandations, mais il faut remarquer que ces observations ont été déjà faites par les Nations Unies et d’autres institutions internationales et nationales depuis longtemps. Est-ce que l’entrée dans la zone OCDE permettrait un changement de situation ? Malgré des avances arrachées durement aux autorités, l’expérience de toutes ces dernières années nous rend sceptiques.

Ce sont des conditions pour le plein exercice des Droits de l’Homme et un autre modèle de développement qu’il faut pour garantir au Chili une démocratie réelle, de la dignité, de la justice sociale, de la solidarité et de l‘égalité.

[Liste des Associations signataires]

Associations APATAPELA (Marseille), Colores Latino (Lille), Pueblo (Paris), Terre et Liberté pour Arauco (Arcueil), Collectif pour les Droits de l’Homme au Chili (France), Comité Mapuche Belgique (Bruxelles), CSIA Nitassinan, Org. Kakiñe (Paris),  Réseau d’Information et de Soutien au Peuple Mapuche (Paris),


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26 mai 2009

PARCE QUE... Y'EN A MARRE DES COLLABOS

Dimanche 24 mai 2009, un petit groupe est allé rappeler dans la rue
aux passants et à la Croix-Rouge qui quêtait depuis le début de la
semaine, le rôle de cette dernière en matière d’expulsions et
d’enfermement. A Bastille, les bénévoles harcelés ont du faire appel à
leur chef de secteur, qui a son tour a appelé les keufs. Leur travail
permanent avec l’Etat, une fois de plus effectif, n’a pas empêché le
petit groupe de les harceler aussi à République puis Nation].

A l’attention des passants ... quand la Croix-Rouge part en croisade

TOUT AU LONG DE LA SEMAINE, vous avez peut-être croisé de louches
individus en gilet jaune estampillé d’une Croix qui vous tendaient une
fausse urne. Déjà que les élections ne peuvent rien changer d’autre
que le personnel qui nous dirige, alors quand il faut glisser un
bifton dans l’urne... Entre un racket et un autre, celui du mannequin
milliardaire Adriana et celui de Robert le mannequin de pacotille qui
« sauve des vies », ces maniaques en uniforme nous ont harcelé des
feux rouges aux terrasses des bars, et des places aux entrées de
métro.

Quand on était petit, on nous a appris que la Croix-Rouge faisait
partie, comme ses consoeurs, de ces institutions au grand cœur. Et que
même si elles ne changeaient fondamentalement rien au fonctionnement
de ce monde dominé par l’exploitation, la guerre, la misère et
l’oppression, elles essayaient au moins d’en soigner les blessures et
d’en atténuer les souffrances, comme ils disent dans leur langage
profondément religieux. Pourtant le secours neutre n’existe pas. Et
dans le cas de la Croix-Rouge, ce n’est pas bien compliqué à voir...

Tandis que la faim, les désastres, la guerre et l’oppression font fuir
chaque année des millions de gens dans l’espoir de pouvoir
reconstruire ailleurs une vie un peu meilleure, ce qui les attend ici
en Europe c’est le racisme, les rafles, une exploitation sans limites
et, au bout de compte, les centres de rétention et les déportations.
Quand les réfugiés débarquent en Europe et font une demande d’asile,
ils sont souvent parqués dans des centres dits ouverts (des dizaines
de ces centres sont gérés intégralement par la Croix-Rouge). Comme les
centres de rétention, ils sont entourés de barbelés, des gardiens y
tournent les clés des portes tous les soirs. On y apprend aussi aux
demandeurs d’asile à obéir aux lois du capitalisme et de sa démocratie
(des vêtements collectés par la Croix-Rouge y sont par exemple vendus,
les ‘habitants’ y sont forcés d’une main douce à effectuer des travaux
pratiquement non-rémunérés dans le centre ou pour la commune où ils se
trouvent - question de les habituer au sort d’exploités qui les attend
ici aussi). Ces centres servent également à fixer les demandeurs
d’asile et à les rendre dépendants pour qu’ils ne s’aventurent pas
dans une vie de débrouille hors de l’enceinte. Sous prétexte de souci
humanitaire, l’Etat organise ainsi un contrôle permanent sur tous ces
indésirables. Quand la demande d’asile est refusée, c’est la police
qui vient arrêter les réfugiés refusés dans ces centres neutres et
ouverts pour les déporter vers la misère et la mort. La Croix-Rouge
n’offre donc jamais un secours neutre, puisque ses activités font
partie intégrante de la politique de contrôle de la gestion de
l’immigration.

La Croix-Rouge entretient également des liens étroits avec
l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), cet organisme
qui cherche à soumettre les flux migratoires aux besoins du
capitalisme et du contrôle social. Ce même organisme se sert d’une
multitude d’organisations humanitaires et d’ONG pour réaliser son
chantage avec ses primes de retour. Des réfugiés à qui ce système a
enlevé toute perspective, se voient offrir une pauvre indemnité pour
retourner volontairement vers leur pays d’origine. Alors c’est
simple : d’abord on leur enlève tout avenir, on les enferme dans des
centres d’accueil, on leur fait comprendre qu’ici aussi c’est la
pauvreté qui les attend, et finalement on les fait chanter avec
quelques centaines d’euros pour qu’ils oublient les raisons pour
lesquelles ils avaient fui... Dans d’autres pays européens, comme en
Italie ou en Espagne, la Croix-Rouge Internationale gère directement
les centres de rétention d’où l’Etat déporte les réfugiés en fin de
procédure. Des centres de rétention avec leurs gardiens, leurs
cellules d’isolement, leurs passages à tabac, leurs abus et tout
simplement la privation de liberté. C’est là que la Croix-Rouge montre
encore plus clairement ce qu’elle est vraiment : l’aile humanitaire de
la domination. En Belgique, ce sont les infirmiers de la Croix-Rouge
qui, quand les indésirables se mutinent dans ces centres, soignent les
blessures sans faire entendre la moindre critique et les bourrent de
tranquillisants. A Roissy, la Croix-Rouge cogère avec la police la
zone d’attente pour sans-papiers qui débarquent à l’aéroport, et sert
aussi de caution aux méthodes de la police des frontières (menottes,
coups, baîllon, drogues) lors des expulsions forcées par avion qui
s’en suivent. Le 17 août 2006 lors d’une gigantesque rafle, 508
personnes d’Afrique et d’Europe de l’Est sont chassées du domicile
qu’elles occupaient à Cachan depuis 2003. Chaque bus préfectoral qui
repartait avec les expulsés pour aller les recracher toujours plus
loin en banlieue était escorté d’uniformes bleus à l’extérieur et deux
membres de la Croix-Rouge à l’intérieur. De septembre 1999 à 2002, ce
sous-traitant de tous les Etats s’est aussi vu confier la gestion du
hangar de Sangatte, près de Calais. Là, elle va isoler près de 1800
réfugiés avec la complicité des CRS qui surveillent le camp, pour
laisser à l’Etat le temps de construire un centre de rétention juste à
côté, à Coquelles. A partir de novembre 2002, elle va ainsi ficher
tous les réfugiés, préparant le démantèlement du camp et la chasse à
l’homme qui suivront peu après. Et tout celà, ça s’appelle choisir son
camp.

Mais il n’y a pas que les sans-papiers qui débarquent sur les plages
espagnoles ou qui, épuisés, mettent pied à terre dans les ports et
aéroports européens. Il y a aussi ces millions de réfugiés au Moyen-
Orient et en Afrique qui ont été chassés de chez eux par les guerres,
la misère ou les désastres écologiques pour ensuite être accueillis
dans d’énormes camps de concentration (dans le sens strict du terme :
enfermer administrativement dans un endroit circonscrit et contrôlable
des catégories de gens pour des raisons raciales et de contrôle ou
pour des fins d’exploitation). Ces camps sont souvent gérés par la
Croix-Rouge et pas seulement avec ses médecins, mais aussi avec ses
agents de sécurité. Ainsi la Croix-Rouge ne fait que renforcer l’ordre
actuel composé d’oppresseurs et d’opprimés – et tandis qu’elle soigne
ces derniers, elle tente aussi de calmer la révolte qui, elle seule,
pourrait réellement changer quelque chose.

Quand les armées de la démocratie ont envahi l’ex-Yougoslavie,
l’Afghanistan et l’Irak, ils amenaient derrière eux l’armée
humanitaire de la Croix-Rouge. Sous prétexte de protection contre une
politique d’épuration ethnique, la Croix-Rouge s’est chargée de la
gestion d’une série de camps de concentration et de prisonniers en ex-
Yougoslavie. En réalité, elle cherche à intégrer la politique
européenne de contrôle des flux migratoires dans les manœuvres
militaires des forces de l’ONU. Chacun sait (et pas mal d’employés
dissidents de la Croix-Rouge l’ont quitté parce qu’ils ne supportaient
plus cette neutralité odieuse) qu’il est impossible de rester neutre
en temps de guerre. Rester neutre signifie choisir le camp du plus
fort – même quand on soigne le plus faible. La conduite des guerres
actuelles serait “ humanitaire ”, mais quel être sensé pourrait jamais
croire qu’il y a quelque chose d’humanitaire dans les bombardements,
les corps déchirés, les blessés, les viols ? En prétendant rester
neutre, la Croix-Rouge ne fait que renforcer le pouvoir en place. En
Irak, en Afghanistan, comme ailleurs. L’histoire en apparence sans fin
de l’exploitation et de l’oppression a toujours eu besoin d’un corps
de collaborateurs qui se cachent volontiers derrière un “ je ne savais
pas ”. La gestion démocratique du capitalisme et de l’oppression a
tout intérêt à étendre le plus possible ce que quelqu’un a appelé à
l’époque des camps d’extermination nazis “ la zone grise de la
collaboration ”. Refuser de collaborer avec un système qui organise la
déportation systématique pour préserver les profits économiques et le
pouvoir de quelques uns, c’est ouvrir la possibilité d’une critique
réelle du monde dans lequel on est forcé de vivre. Grattons le vernis
humanitaire de ce système mortifère de déportation, d’incarcération et
d’exploitation !

La Croix-Rouge collabore aux saloperies des Etats : en un moment où
elle quête pour continuer ses activités, qu’elle reçoive donc un peu
de la monnaie de sa pièce ....

**Quelques ennemis de toutes les frontières, 24 mai 2009
( Source : http://lille.indymedia.org/article16497.html )

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25 mai 2009

Liberté pour Moïse Diakité !

Abandon des poursuites pour tous les inculpés de Vincennes !

Il y un presque un an, le 21 juin 2008, au centre de rétention
administrative de Vincennes, Salem Souli mourrait après avoir en
vain réclamé ses médicaments. Le lendemain, les retenus organisaient
dans le centre une marche silencieuse qui fut violemment réprimée.
Au cours de la révolte qui a suivi, ce qui était la plus grande
prison pour sans-papiers en France a été détruite par un incendie.

A la suite de cette révolte collective, huit personnes ont été
arrêtées, inculpées et emprisonnées. Sur ces 8 personnes, plusieurs
ont été libérées, même si elles restent inculpées. Aujourd’hui,
trois sont toujours en prison, en détention « provisoire » depuis
maintenant plus de 10 mois alors même qu'il n'y a toujours pas de
date de procès.

Jeudi 28 mai à 14 h, Moïse Diakité passera devant le juge des
libertés et de la détention pour le troisième renouvellement du
mandat de dépôt. En France, depuis 18 ans, il n'a pas revu ses sept
enfants depuis sa mise en détention. Toutes ses demandes de remise
en liberté ont été refusées bien qu’il ait toutes garanties de
représentation.

Récemment, les avocats de plusieurs inculpés ont demandé des
compléments d’enquête. La communication de ces pièces aussi
fondamentales que l’expertise relative à la propagation rapide du
feu, la communication des vidéos de surveillance, les rapports
d'intervention des compagnies de pompiers intervenues, les échanges
téléphoniques entre les pompiers et les policiers, la procédure
d'enquête concernant la mort de M. Souli, la procédure concernant
les violences subies par M. El Ouertani, le dossier d'enquête sur la
plainte de plusieurs retenus à propos de violences au centre de
rétention de Vincennes en février 2008, a été rejetée en bloc. Ce
refus témoigne d’une volonté d’instruire à charge et d’évacuer toute
responsabilité de l’Etat et des gestionnaires du centre. Mais, tout
cela s’inscrit dans une volonté politique, claire dès le départ, de
faire des exemples pour tenter d’enrayer les révoltes de celles et
ceux que l’Etat enferme au prétexte qu’ils n’ont pas de papiers.

Les sans-papiers enfermés à Vincennes se sont révoltés.

Les inculpés ont maintenant besoin de notre solidarité !

Soyons nombreux jeudi 28 mai à 14h au TGI (escalier F) pour exiger
la libération de Moïse Diakité et des autres !

liberte-sans-retenue@riseup.net

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POUR REVOLTES.NET

Le 1er mai 2009, l’hébergeur de notre site ( revoltes.net) a été tabassé par la BAC et arrêté

Et vous ? Quand viendront-ils vous arrêter ?

Dans son numéro du 23 avril 2009, le journal Politis interviewait Michela Marzano, philosophe italienne et chercheuse au CNRS, au sujet de son livre "Le fascisme, un encombrant retour" qui analyse l’action de Sarkozy et de Berlusconi à la lumière du passé Mussolinien. Elle y met en évidence de troublantes analogies : on est peut-être pas déjà dans un régime fasciste, mais on est en train de s’en rapprocher dangereusement.

En 2003 déjà, dans un article consacré aux prisonniers politiques en France, nous nous inquiétions de la recrudescence d’arrestations arbitraires de syndicalistes. Désormais, plus de 272 000 pages web relatent la montée de la répression du mouvement social.

Six ans et quelques bavures plus tard, il y a eu la mort de Ziad Benna et Bouna Traoré, la révolte des banlieues, le matraquage de Cyril Ferez en 2006, l’incroyable mélange d’incurie et de provocation des forces de répression lors du sommet de l’Otan à Strasbourg en 2009, l’arrestation des épiciers de Tarnac accusés semble t’il essentiellement d’avoir écrit un livre un peu subversif, ... et j’en passe et pas des meilleures !

Ce 1er mai 2009, c’est l’un des coopérateurs et ami de notre site qui s’est fait tabasser, insulter, et arrêter arbitrairement, à Grenoble. Un casseur, lui ??? Il est informaticien, marié, et père de deux enfants. Doué, calme, généreux, et ... bâti comme une allumette. C’est simple : pour maigrir, il lui faudrait perdre un os ! On se connait depuis dix ans, et je suis témoin qu’il y a peu de gens aussi intègres que lui dans ce monde. Voici son témoignage :


- "La manifestation avait fait déjà un bon bout de chemin quand des ’BACeux’ (vous savez, les cowboys de la BAC en civil ...) tentèrent d’arrêter un jeune en plein milieu du bloc que formaient les jeunes autonomes derrière leur banderole !!! Évidemment, 4 BACeux dans un groupe de 100-200 personnes ... ca pouvait pas se passer autrement que ce qu’ils cherchaient : ils se font sortir ’gentiment’ du groupe, sous les huées ("Police partout, Justice de classe", "Police partout, Justice nulle part", ... ) et quelques projectiles (oeufs, peinture, ...), puis se replient entre des voitures et le MacDo.
Ils longèrent ensuite la manif pendant plusieurs centaine de mètres, au niveau des jeunes, histoire de provoquer un peu, puis ils disparurent du champ de vision alors que le cortège poursuivait tranquillement en direction du parc Paul Mistral. Peu avant, le bloc des jeunes s’est dispersé et seule la voiture sono nous a suivi jusqu’à l’entrée du parc. Des barrières métalliques empêchant le passage, elle s’est garée sur le côté et nous avons rejoint les zones installées par chaque organisation au coeur du parc.

C’est alors qu’on nous fît signe que la voiture sono se faisait contrôler et encercler par les CRS. Nous sommes revenus au pas de course vers l’entrée afin qu’il y ait des témoins. Chemin faisant, nous voyons que des escadrons de CRS sont déployés à moitié planqués sous les arbres, mais bon, ... on n’abandonne pas et on rejoint l’entrée en prenant soin de s’arrêter à bonne distance des rangs de CRS casqués. Les forces de répression sont déjà en train de fouiller le véhicule sono et une petite trentaine de personnes sont là à regarder gentiment. Selon les témoignages, le vigile du parc (ou de la mairie ?) a dit au véhicule de sortir de son emplacement de stationnement et, au moment où celui-ci s’apprêtait à se déplacer, les CRS qui étaient restés à l’écart, de l’autre côté du boulevard à 4 voies,s’étaient déployés très rapidement pour empêcher toute manœuvre (Il restait le conducteur et une jeune fille dans la voiture sono).

On commence à se rassembler à une bonne dizaine de mêtre d’eux, histoire de pas provoquer, mais pour leur montrer qu’on surveille leurs agissements envers la voiture sono et ses occupants. Tout cà, sous l’oeil des caméras de l’hotel de ville et des caméras des CRS ...

12h15 : Soudain, nous voyons une personne se faire charger sur la gauche de notre groupe par des BACeux, suivi par la suite de CRS. Quasiment aussitôt, j’entrevois un groupe de 3 personnages patibulaires, ’’tondus de près’’, venant sur notre droite, foncer sur notre groupe de membres de la CNT bien identifiables avec drapeaux, autocollants, ...

Et là ...

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"Rebellion et violences contre les forces de l’ordre" ???

Coups, projection au sol, coups de bottes, je me retrouve à terre avec bientôt 6 gars sur le paletot avant que je comprenne qu’ils s’agissaient de BACeux et non de fachos !

Un deuxième camarade se fait lui aussi projeter au sol, par des CRS, et se fait menotter méchamment alors qu’il ne bouge pas et se laisse faire sans aucune résistance ...

Après s’être acharnés un moment sur moi, enfin ... jusqu’au moment où ils comprennent qu’avec le poids de leur collègue et de sa botte sur le bras, je ne peux pas bouger mon bras afin qu’ils me passent les menottes .... ils finissent par me remettre debout, menotté bien serré ... avec le doigt dans l’œil pour ’’m’aider ’’ à me relever ...

Aussitôt, deux BACeux me prennent en charge et insistent pour me faire baisser la tête, mais jamais un syndicaliste ne baisseras la tête devant les forces de répression ! Enfin, pas chez nous, je l’espère ! Baisser la tête, ca leur permet de te balancer des coups de poings dans la tête sans que les personnes autour ne le voient ... comme ils le feront à un autre interpellé.

De l’entrée du parc jusqu’au fourgon, les deux BACeux profèrent toutes sortes d’insultes et d’insanités à mon encontre : ’Sale PD’, ’On vas te refaire le cul au commissariat’, ’Nous, on est pas des grouillots de flics, on vient des quartiers’ ... sans recevoir de ma part que le silence le plus obstiné.

Arrivés au fourgon, ces derniers me jettent dans le fourgon et me ’remettent’ à un de leur acolytes, policier, ce coup-ci. Ce dernier essaye de me faire assoir à grands coups de baffes dans la figure : menotté et allongé sur le dos entre les sièges, c’est pas simple ... avant de me balancer un coup de pied dans le plexus quand j’avais enfin réussi à poser une fesse sur le siège ... sur le coup, je reste à moitié soufflé et groggy mais je continue de garder le silence.

12h30 : On amène alors, vers le fourgon, le troisième interpellé qui lui aussi est jeté à côté de moi sur la banquette. J’ai le temps de voir une petite personne âgée demander au policier qui nous garde ’Mais pourquoi vous les avez arrêtés ?’ Et ce dernier de répondre, ’C’est des casseurs Madame ! Ils n’ont que ce qu’ils méritent !’. Soudain, j’ai le cœur qui s’accélère de plus en plus, souffle court, je halète et tombe de la banquette. Mon camarade d’infortune, préviens alors le policier qui nous garde. Celui-ci ne décoche pas un regard ... Il renouvelle cet appel à venir à mon aide 5 minutes plus tard, et, ce coup-ci, le policier lui répond en substance "qu’il en a rien à foutre et que je peux bien crever". Cinq minutes plus tard, moi, toujours haletant et avec le cœur en tachycardie, ils démarrent et nous emmène à l’hôtel de police. La bas, ils me déposent sur le banc mais je ne peux me tenir dessus ... et m’écroule à terre. De plus mon bras droit me fait super mal et je n’arrive plus à le plier. Les policiers de permanence s’inquiètent et se décident enfin, eux, à appeler le SAMU.

Celui-ci interviendras à 13h15. Les gens du SAMU prennent ma tension, mon pouls, m’aide à calmer mon coeur et mon souffle avant de repartir en me disant et en otant que le coup au plexus et le stress de l’arrestation sont la cause de mon malaise cardiaque ...

14h00 : je reviens sur le banc, en plus de mon camarade d’infortune du fourgon, une jeune fille (passagère de la voiture) est présente mais non-menotté, ainsi qu’un autre jeune homme pas mal abimé, lui ...

14h15 : Nous voyons passer un OPJ et lui demandons les motifs de nos arrestations, qui ne nous avaient toujours par été signifiés. Pour moi se sera : "Rebellion et violences volontaires envers les forces de l’ordre."

Ensuite :. Passage du médecin qui me regarde rapidement, pusi retour au banc. Passage de BACeux pour enfin enlever les menottes du premier interpellé (fais quand même 2 bonnes heures qu’il a ces menottes hyper serrées). Insultes de la part des BACeux quand ce dernier demande à au moins un peu de politesse puis coups et étranglement ... sous l’oeil des caméras intérieures de l’hôtel de police.

Ils me demandent si je dèsire qu’ils joignent mon avocat et am famille. Je réponds par l’affirmative et leur donne les numéros et noms. Ils préviendront ma femme à 14h45 en lui disant que "tout va bien".

Fouille, et zou, en cellule ... Je roupille un peu, essayant un peu de récupérer avant la suite ...

On m’emmène voir l’OPJ, et début de l’interrogatoire ... Evidemment aucun des BACeux qui m’ont arrété ne sont présents ... Un dossier global est ouvert pour parait-il des "dégradations", des "rebellions" et des "violences envers les forces de l’ordre".

La paperasserie commence, nom, prénom, descendance, ascendance, possession, employeur ... Ce à quoi je réponds de mauvaise grace.

Je lui indique que je suis syndicaliste et qu’au moment où ils m’ont sauté dessus, je portais notre drapeau haut et fier ! Il est impossible que même les BACeux ne l’ai pas vu !

Et alors moi, dans ce dossier fourre-tout, je suis censé avoir empéché l’arrestation du premier interpellé, donc interpellé avant moi et à 30 bons mêtres de ma position ...

Ah ! Et j’apprends que je me suis rebellé car je ne me serais "pas laissé faire" lors de cette arrestation musclée ...

Ce à quoi je répond que n’ayant pas eu le temps de comprendre que mes agresseurs n’étaient pas des agresseurs mais les "forces de l’ordre" elles-mêmes, je ne pouvais pas me trouver en situation de rebellion ! D’autant qu’ils ne s’étaient pas présentés comme tels et qu’aucune sommation ni avertissement quelconque aurait pu laisser penser un seul instant que ces trois gaillards patibulaires et agressifs auraient pu être ... des policiers !!!

L’OPJ est perplexe et continue sur le deuxième chef d’inculpation : ’Violences volontaires sur les forces de l’ordre’.

Là, il me déclare que j’aurais donné des coups de pieds à des agents ! Evidemment, avec mon gabarit d’allumette, et 6 mecs sur le dos, j’ai dû avoir beaucoup de possibilités de leur faire mal ... Je lui demande si ils ont été blessés, en relevant mes manches et en lui montrant les coups de tonfas que j’ai pris sur le bras droit, dont un énorme hématome de 8x6cm sur l’avant bras ... en dessous d’un bracelet en cuir : imaginez comment ils ont du taper fort !

Il passe à la suite et commence à m’interroger sur le premier interpellé : pas de chances, je ne l’avais même pas vu dans la manif et ne le connaissais pas non plus d’avant ! Son interrogatoire laisse transparaître que c’est lui qu’ils voulaient arrêter en particulier et que, nous autres, nous ne sommes que des ’’dégats collatéraux’’ ... De nombreux témoins ayant entendu les conversations des forces de l’ordre avant leur charge brutale confirmeront celà par la suite.

Voilà ... ce fut vite fait ... Il me demande mes empreintes et un prèlévement ADN, tout en ayant l’air de connaitre ma réponse ... Que je lui confirme : Non.

Il me fait signer le PV.

Je demande une copie : on me la refuse ! Il faut que ce soit mon avocat qui leur demande ... La prochaine fois, je ne signe pas si ils ne me donnent pas une copie avant !

Et retour en cellule ... on me précise que mon avocat passera me voir. Quelques temps plus tard, un policier vient me chercher en m’emmène dans une petite salle voir mon avocat, Maître Girault. On se retrouve dans une petite pièce, il prend de mes nouvelles, s’inquiète de mon état de santé et me donne les conseils pour la suite, en me disant que je devrais sortir dans pas trop longtemps.

Ben, franchement, première fois que je suis content de voir un avocat  ;) Un premier mai en plus, et alors, qu’il ne me connaissait pas auparavant !

Retour en cellule ... le temps commence à se faire long, j’ai toujours mal au bras droit et ne peux pas le plier, en plus il fais un froid de canard dans leur cellule et j’ai rien avalé depuis hier soir à part un café ce matin, rapido, et une demi-canette à midi ...

Fin de compte, à 19h45 ils me relâchent, bon dernier ! Et ils s’impatientent quand je mets un peu de temps pour récupérer tous les objets de ma fouille ... Essayez de remettre vos possessions en ordre avec un seul bras : le gauche ! et vous comprendrez ...

Des camarades CNT sont là pour m’accueillir ainsi que d’autres personnes qui nous avaient déjà croisé. Ils ont fait le pied de grue devant l’hotel de police toute l’après midi ! Merci encore à eux, ca fait du bien !

On trace chez un camarade sous l’insistance des policiers qui veulent nous voir déguerpir au plus vite ...

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Extrait des six pages de certificat médical constatant les violences

On contacte un médecin qui veut bien se déplacer pour m’ausculter. On s’installe tranquillement dans un coin et il remplit ses feuilles d’ordonances avec la liste des traumatismes physiques que je présente : hématomes, plaies, éraflures ... au total, 6 pages de constat !

Voilà ce que fut MON premier mai ...

Comble du bonheur, je tombe plus tard, sur un article du Dauphiné Libéré titré : "Quand les casseurs cassent l’ambiance !" Visiblement ils ont repris à l’identique le communiqué du commisaire qu’ils citent. "trois hommes ont été identifiés comme étant des casseurs" : Pourtant un seul interpellé a vu cette accusation retenue contre lui, et pas moi !

Vous avez dit "journalisme", au DauBé ? Diffamation ? Ou servilité ?"

RoX

Ces faits sont gravissimes dans une "démocratie", et pourtant on ne peut s’empêcher d’être un peu soulagés : notre copain est vivant, et encore en état de marcher. Sommes nous en 2009 en France, ou en 1933 en Italie ou en Allemagne ??? On ne sait plus ... on s’habitue, c’est tout !

On s’habitue à vivre dans un régime où la police peut mentir presque impunément, où les droits de l’homme sont de plus en plus régulièrement foulés aux pieds, et où une justice de classe a remplacé la présomption d’innocence par une "présomption de culpabilité". Les "sans-papiers" sont enfermés dans des camps, comme avant la seconde guerre mondiale pour les républicains d’Espagne ; être jeune est suspect aux yeux des gouvernants, les syndicalistes sont arrêtés, et les vrais voyous laissés en liberté. Les jeunes sont trop souvent victimes d’une justice d’abattage, avec les dérives des comparutions immédiates, tandis que les vieux politicards soupçonnés de corruption sont jugés 10 ou 15 ans après les faits, une fois les témoins morts et enterrés, comme pour Pasqua ou Chirac ! Faut-il penser que certains policiers ajoutent la lâcheté à la forfaiture, en préférant arrêter des innocents pacifiques que des "présumés coupables" qui pourraient eux se rebeller pour de vrai ?

Aux états-unis, fortement touchés par ces dérives totalitaires sous le gouvernement Bush, une organisation citoyenne s’est crée, Cop-Watch, pour surveiller les forces "de l’ordre" et filmer leurs dérapages. Faudra t’il en faire autant pour retrouver une police au service des citoyen-ne-s [1] ?

Désormais, VOUS êtes suspect. Suspect de ne pas accepter sans broncher cet "ordre" criminel et destructeur des libertés, de notre humanité, et de notre planète. Désormais, vos communications seront interceptés en dehors de toute autorité judiciaire (loi Hadopi, fichiers Edvige et Cristina), votre ADN sera fiché, et ce qui reste de vos droits revendus au plus offrant. La seule question encore en suspens, c’est : et VOUS ? quand viendront-ils vous arrêter ? Inutile de demander pourquoi VOUS serez arrêtés : ils trouveront ...

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19 mai 2009

LAMINE, ON T’OUBLIE PAS.

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« La police rappelée à l'ordre sur l'utilisation du flash-ball »

Ou bien autorisée à mutiler ?

Dans l'édition du parisien du 17 mai 2009, le quotidien « Le Parisien
libéré / Aujourd'hui en France » publie un dossier d'une page
comprenant un reportage signé Carole Sterlé sur le cas de Samir, 18
ans, blessé à l'oreille gauche, le soir du 1er mai dans la cité des
Fauvettes à Neuilly-sur-Marne. Son avocate est maitre Louisa
Ibazatene. Ce nouveau fait divers confirme nos craintes que la police
prenne l'habitude illégale de viser volontairement en direction de la
tête, au risque d'éborgner des manifestants ou des passants
pacifiques, comme c'est déjà arrivé à plusieurs reprises.

> Mais l'article de tête de ce dossier est signé Stéphane Sellami. Celui-ci annonce que dans le contexte des dernières blessures à l'oeil sur deux jeunes à Villiers-le-Bel (voir le communiqué en début de semaine dernière des parents de Pierre) et de cette blessure à l'oreille, le « patron des policiers de terrain », Eric Le Douaron, a envoyé « en milieu de semaine » une note « à l'ensemble de ses directeurs départementaux », une note que le journaliste a pu se procurer.

> Voici quelques extraits qui concernent précisément le LBD (lanceur de balles de défense) :

> « Suite à l'utilisation de lanceurs de balles de défense type flash-ball lors d'événements récents, je vous demande de rappeler à l'ensemble de vos effectifs les règles impératives d'utilisation de ces types d'armements ». :
> - « usage limité au seul cadre de la légitime défense de soi-même ou d'autrui »,
> - « respect de la distance minimale de tir de 7 m afin d'éviter toute lésion corporelle, au visage notamment »,
> - usage « dans le cadre d'une riposte ou d'une action proportionnée réalisée avec discernement »
> - « ainsi les visées au niveau du visage et de la tête sont formellement proscrites »,
> - établissement « d'un rapport circonstancié et immédiat avant sa fin de service, le jour même du tir (.) transmis avec l'avis du directeur départemental de la sécurité publique sans délai par courriel à la DCSP », ceci « impérativement ».

> Ce à quoi Mohamed Douhane, officier de police, dirigeant national du syndicat Synergie, auteur du livre « Les tabous de la police », Bourin (sic !) éditeur, rétorque qu'il n'est « pas toujours évident » (de faire preuve de discernement et de sang froid.)

> Le lien sur le site du Parisien libéré :
> http://www.leparisien.fr/faits-divers/la-police-rappelee-a-l-ordre-su...

> Cette note de la hiérarchie policière semble bien répondre point par point à plusieurs affaires en cours, et notamment à celle de Pierre, le lycéen blessé à Nantes en manifestation le 27 novembre 2009.

> On notera cependant que cette note risque de passer inaperçue dans le bruit médiatique provoqué par la décision gouvernementale de profiter de récents tirs à La Courneuve pour y envoyer aujourd'hui des patrouilles renforcées, armées de fusils à pompe et de pistolets mitrailleurs. (Décidément, les gangs et les black blocs qui utilisent la violence contre les flics font bien le jeu objectif d'une escalade paramilitaire voulue et planifiée par le gouvernement Sarkozy, qui est prêt et a déjà surarmé sa police, quitte à sacrifier cyniquement quelque agents si c'est le prix à payer pour provoquer artificiellement la tension, instaurer l'état de siège en France, au mépris des libertés républicaines.)

> 7 mètres seulement !
> ==============

> D'autre part, on est en droit de s'étonner de la distance de 7 mètres (seulement !) de distance minimale de tir accordée par M. Le Douaron. Cette distance semblait être celle des flashballs traditionnels, mais les nouveaux LBD eux, sont, semble-t-il, quatre fois plus puissants, et suffisamment précis pour viser avec succès une partie précise du corps en mouvement. De quoi mutiler au visage ?

> Dans son rapport sur l'affaire de Pierre, la CNDS (Commission nationale de déontologie de la sécurité) avait indiqué : « le LBD est une arme de neutralisation, susceptible d'atteindre, avec une excellente précision et une meilleure conservation de l'énergie cinétique, des cibles éloignées de 25 à 30 mètres, alors que le flashball a une portée optimale de 7 mètres » et précisait : « si les projectiles lancés par le LBD ont été choisis pour leur capacité de déformation à l'impact limitant le risque de pénétration dans un corps vivant, ils peuvent avoir des conséquences dramatiques lorsque la partie corporelle atteinte est, comme en l'espèce, le visage et plus précisément les yeux. En outre, un tir à faible distance (à moins de 10- 15 mètres) accroît considérablement les risques. »

> Il est donc permis de se demander si en donnant la possibilité inédite de tirer à partir de 7 mètres (sans d'ailleurs évoquer le type de munitions employées, qui est loin d'avoir révélé tous ses secrets), M. Le Douaron ne prend pas le risque de donner à ses troupes un permis de mutiler des jeunes, sinon, il faut le dire, de tuer.

Posté par critiquesbliss à 10:31 - POLICE PERSONNE NE BOUGE ! - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Yves Baumgarten, poursuivi pour outrage et rébellion

PARIS, 22 mai, 29e chambre du TGI, procès de Yves Baumgarten, signataire de L’appel des 13, poursuivi pour outrage et rébellion, par un policier qui réclame 800 euros de dommages-intérêts.

D’abord prévu en juillet 2008, puis en février 2009, son procès a été reporté car une personne présente sur les lieux de son arrestation (un policier en retraite) a témoigné en sa faveur.

RAPPEL DES FAITS

29 mai 2008, 18 h, Yves s’attable à un café de Barbès, à Paris. Il a rendez-vous avec un ami plus doué que lui en informatique car son ordinateur portable est en panne.

Brusquement, un homme (en civil) fond sur lui. “Tu le vends ? C’est un portable volé ?” Surprise d’Yves. “Vous êtes qui ?” “Police ! Tes papiers !” Suggérant à l’homme qui vient de sortir sa carte de police de le vouvoyer, Yves s’étonne : “Vous n’avez trouvé que moi dans le quartier ?” Un deuxième homme se rue lui. Yves se retrouve plaqué au sol et reçoit des coups de pied. Il reste au sol pendant plusieurs minutes, un genou sur la nuque, un policier sur les reins. Arrivée d’une voiture de police en renfort.

Dans le fourgon, Yves, qui a auparavant décliné sa profession, demande à ce qu’on desserre les menottes. Refus des policiers. L’un d’eux lui répond : “On n’en a rien à foutre que tu sois prof de philo !” C’est pendant le transport dans le fourgon qu’Yves, halluciné par la violence de ce qui lui arrive, se laisse aller à traiter les policiers de “milice de Sarko !” Accueilli au commissariat par un “Ah, le prof de philo qui n’aime pas la police !” il est retenu en garde à vue pendant 24 heures et écope d’une plainte pour outrage et rébellion.

Yves est défendu par Me Nathalie Felzenszwald.


Et n’oubliez pas de signer la pétition contre le délit d’outrage (10.200 signatures) en ligne sur le site de la Ligue des droits de l’Homme

http://www.ldh-france.org/Petition-outrage-offense-L-appel?id_donnee=-8&var_mode=calcul 

Voir : http://codedo.blogspot.com/2009/02/paris-20-fevrier-proces-dyves.html 

Source : http://antirepression.over-blog.com/article-3...
Source : http://codedo.blogspot.com/

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18 mai 2009

Mumia Abu-Jamal : « Un homme debout » dans le couloir de la mort !

Dans le couloir de la mort. Dans « l’archipel du Goulag ». A quelques kilomètres de l’Etat de Pennsylvannie, dans la prison de Greene, des condamné(e)s à mort par la machine judiciaire américaine attendent leur exécution. Parmi eux, Mumia Abu-Jamal, le célèbre prisonnier enfermé depuis 27 ans. Dans sa cellule située dans le « death row », il vit en sursis, dans l’attente non pas de son exécution mais d’une révision de son procès. Dans cette angoisse quasi permanente, habité par l’espoir d’une réhabilitation et assoiffé de justice, il mène une lutte acharnée pour l’abolition de la peine de mort dans le pays de l’Uncle Sam et de la statut de la Liberté.

Mais qui est Mumia Abu-Jamal ?

Journaliste radio. Ecrivain. Ancien membre des Black Panthers. Cet homme épris de justice, d’égalité et de liberté s’acharnait à défendre les droits des minorités à Philadelphie et à dénoncer les abus policiers, la corruption et le caractère discriminatoire voire raciste du système américain. Il était connu pour être « The Voice of the voiceless » (la Voix des sans voix). Wesley Cook, alias Mumia Abu-Jamal a commencé sa trajectoire militante alors qu’il était encore adolescent. Il était semble-t-il surveillé par le FBI et avait très souvent des démêlés avec les policiers. Sympathisant et défenseur du mouvement alternatif écologiste, MOVE (1970), il avait, dans les années 1980, dénoncé par le biais les émissions qu’il animait pour la station de radio WHYY, la condamnation de neuf membres de MOVE, à la suite de la mort d’un policier lors d’une intervention des forces de police dans un local où se réunissaient les militants de ce groupe. Mumia est alors licencié. Il devient journaliste indépendant. Et pour nourrir sa famille, il travaille comme chauffeur de taxi, la nuit.

Accusé pour un crime qu’il dit ne pas avoir commis

9 décembre 1981. 4 heures du matin. Mumia Abu-Jamal dépose un client dans le quartier sud de Philadelphie. Puis il intervient auprès de son frère qui vient de faire l’objet d’un contrôle par l’officier de police Daniel Faulkner. Une fusillade éclate. Le policier meurt, atteint d’une balle au dos et une autre au visage. Mumia est blessé d’une balle dans la poitrine. Assis sur le trottoir, son revolver de calibre 38 traîne à ses pieds. Il est alors arrêté puis accusé de meurtre du policier blanc. Le 3 juillet 1982, il est condamné à mort. Depuis, il ne cesse de clamer son innocence. En mai 2001, dans un affidavit, Mumia déclare qu’il n’a pas tiré sur le policier. En avril 2001, au cours d’une démarche similaire, son frère affirme ne pas avoir vu Mumia tirer.

Les défenseurs de Mumia contestent plusieurs aspects de l’enquête et du procès

Primo, la contradiction entre le rapport du médecin légiste et la version des policiers. Car si ces derniers affirment que la balle du crime provient du revolver calibre 38, le médecin précise qu’elle est originaire d’un revolver 44.

Secundo, le fait que l’arme n’ait fait l’objet d’aucune vérification afin de déterminer si elle avait été utilisée.

Tertio, le caractère contradictoire des rapports de police, les originaux ayant été dissimulés aux jurys. Certains témoins auraient subi des pressions policières. D’autres ont été écartés, menacés et intimidés. Un témoin oculaire a affirmé avoir vu un homme s’enfuir au moment des faits.

Quatro, la remise en cause du caractère raciste du jugement sur la base que le juge Sabo, aurait déclaré selon l’une des greffières, « je vais les aider à faire griller ce nigger »(nègre). La justice américaine refuse la tenue d’un nouveau procès

L’exécution du prisonnier a été empêchée deux fois. En 1995 et 1999 grâce à une mobilisation internationale.

En décembre 2001, un tribunal fédéral a annulé la condamnation à mort de Mumia sur la base d’un certain nombre d’erreurs dans la procédure de relevé du prononcé de la sentence lors du premier procès. La culpabilité du condamné à mort est cependant maintenue. Cette décision a fait l’objet d’un appel par le bureau du procureur de Philadelphie.

En 2006, l’avocat principal, Me Robert, R. Bryan a remis à la Cour Fédérale du 3e Circuit (Haute Cour), un mémoire contestant l’accusation de son client sur la base de défauts de procédure et du caractère raciste du procès et de la violation de la Constitution des USA.

Le 27 mars 2008, La Cour d’Appel Fédérale a annulé la condamnation à mort de Mumia pour vice de procédure tout en maintenant sa culpabilité et rendant la révision du procès impossible.

En avril 2009, la Cour Suprême a refusé la tenue d’un nouveau procès, et ce malgré la campagne locale et internationale de soutien qui réclame un procès équitable en mettant en avant « le droit de Mumia d’être défendu correctement ».

Malgré l’échec des démarches pour la révision du procès, Mumia Abu-Jamal ne se décourage point. L’espoir anime sa lutte et sa détermination de faire aboutir ses demandes. Et dans une interview récente, accordée à la journaliste américaine d’investigation Amy Goodman, il déclare

« the fight goes on… Without struggle, there is no progress. Without struggle, there’s nothing” (le combat continue... Il n’y a pas de progrès sans lutte. Il n’y a rien sans lutte »


sauvons mumia abu jamal
envoyé par le-jipez. -

En France, la campagne de soutien se poursuit…

Plus de 80 associations françaises et organisations politiques, avec le soutien de l’Association Américaine de soutien à Mumia défendent la cause de Mumia Abu-Jamal.

En 1999, il est citoyen d’honneur de Bobigny (93). En 2003, une démarche similaire est adoptée par la ville de Paris. Depuis 2006, une rue dans la ville de Saint-Denis (93) porte le nom de Mumia.

La ville de Philadelphie a déposé une plainte pénale contre les villes de Paris et de Saint-Denis les accusant « d’apologie de crime ». En novembre 2002, 250 000 signatures ont été remises à la Cour Suprême de Pennsylvania.

"Il est toujours "la Voix des sans voix..."

En décembre 2000, feu Bernard Birsinger, député et maire de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a rendu visite à Mumia Abu-Jamal dans le couloir de la mort. Dans son témoignage, relique de la solidarité et de l’Humanisme, il raconte ce qu’il a vécu et vu : un lieu, « domaine de l’oubli, des enterrés vivants... où il a rencontré un homme humble. Courageux. Un être qui a le sentiment de l’autre, vivant dans une situation qui « surpasse en émotions tout ce que l’on peut dire ».

« Il parle peu de lui, des souffrances qu’il endure. Mumia parle constamment des autres, raconte B. Birsinger. Il est toujours « la voix des sans-voix ». Puis il poursuit, il me demande de parler de ce qui se passe en France. Ses yeux s’illuminent lorsque nous parlons de Frantz Fanon... Il porte beaucoup d’admiration à cet écrivain sur lequel il a rédigé une thèse...

Cet homme est magnifique de courage et d’intelligence. Diminué physiquement, il reste d’une dignité splendide. Quelle liberté de pensée ! Mumia est un homme debout. « Nous ne pouvons pas nous serrer la main, mais j’espère vous recevoir très vite, en France, à Bobigny ».

"Mumia me sourit. Nous ressortons assommés. Emus par la beauté de l’intelligence d’un homme au milieu de ce champ de la dégradation humaine. Conscient de de l’importance de dire, j’ai tenté de partager un peu de la densité de ce moment de ces images que je n’oublierai jamais ». Dans sa lettre ouverte aux Américains pour l’abolition de la peine de mort,

"Mumia est combatif, souvent souriant..."

Pierre Mansart, élu communiste, adjoint P. C. F. au maire de Paris qui a rencontré Mumia Abu-Jamal dans sa prison, « dans une petite pièce blanche aux murs capitonnés... écrit : « Ce qui compte avant tout - me dit Mumia avec lucidité- c’est que la mobilisation se poursuive, ne faiblisse pas. A travers mon cas, c’est tout le système judiciaire qui se trouve ébranlé par cette lutte » Il me dit « L’Amérique est une immense prison pour la communauté noire »

Le cas de Mumia Abu-Jamal ne pose-t-il la problématique de la peine de mort qui continue à être en vigueur dans des Etats américains tels que la Georgie, la Virginie, le Texas, la Pennsylvanie… ? Bien que les chiffres de 2008 montrent un recul de la peine de mort (37 au lieu de 42 en 2007), cette réduction est néanmoins due à un moratoire en attendant que la Cour suprême statue sur le caractère constitutionnel ou non de la méthode d’injection létale, ce qui a permis de réduire les exécutions mais pas les condamnations à mort, selon la Death Penalty Information Center.

Le nouveau président des USA élu sur la base de l’Espoir et du changement, pèsera-t-il de tout son poids pour abolir cette pratique qui avilit et déshumanise au même titre que les flagellations et autres formes de châtiment dégradantes et inhumaines ?

Pour aller plus loin :

Democracynow
Mumia

Posté par critiquesbliss à 14:59 - Politique internationale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

De nouveaux prisonniers politiques au Chiapas

Au Chiapas, il y a une alerte. Depuis le 8 mai, il y a de nouveaux
prisonniers politiques zapatistes : un, base d'appui de l'Armée zapatiste
de libération nationale (EZLN), et sept membres de l'Autre Campagne. Ils
sont tous victimes d'une conspiration politique du plus haut niveau, qui a
comme toile de fond le contrôle officiel et privé des lieux touristiques
de l'État, et plus concrètement des très convoitées cascades d'Agua Azul.
Au Chiapas, il y a un appel urgent non seulement à être vigilant, mais
aussi à, d’ores et déjà, condamner l'emprisonnement de huit tzeltales
soumis à un procès rempli d'irrégularités : tortures, traitements
dégradants, saisies illégales, manque d'interprètes et, finalement,
inculpation d'une série de délits (vol avec violence et délinquance
organisée), qui dans des situations normales (la normalité est-elle
injustice ?) ne pourraient jamais être vérifiés pour la simple et bonne
raison qu’ils sont innocents, alors que deux véritables coupables restent
sous la bonne garde des autorités autonomes zapatistes.

Le 13 avril dernier, la police de l’État du Chiapas et la Police fédérale
préventive ont arrêté, torturé et saisi illégalement six habitants
tzeltales de la communauté de San Sebastián Bachajón. Le Centre des droits
de l'homme Fray Bartolomé de las Casas, qui a suivi le cas depuis le
début, a constaté des traces de torture, employée, selon les prisonniers,
pour les forcer à signer une déclaration d’inculpation. Alfredo Gómez
Moreno et Miguel Vázquez Moreno, ce dernier étant base d'appui de l'EZLN,
ont ensuite été arrêtés et ont subi les mêmes faits arbitraires.

Rien n’est laissé au hasard dans ce procès. Les nouveaux prisonniers
politiques sont des personnes engagées dans la lutte sociale dans la
communauté de Bachajón, porte d'accès aux resplendissantes cascades d'Agua
Azul. Ils défendent leurs droits territoriaux et rejettent tout plan
gouvernemental qui ne les prendraient pas en compte, comme la construction
de l’autoroute reliant San Cristóbal des Casas à Palenque, le projet
touristique le plus ambitieux du gouvernement de Juan Sabines. Les
pressions qui tentent de dépouiller les paysans tzeltales ne sont pas
nouvelles. Le 4 novembre 2008, Jerónimo Moreno Demeza a été criblé de
balles par un membre de l'Organisation pour la défense des droits
indigènes et paysans (OPDDIC), groupe paramilitaire chargé du « sale
travail » lié dépouillement des terres. Ce sont les membres de ce groupe
qui ont accompagné la police lors des dernières détentions.

Dorénavant, les gouvernements fédéral et de l’État du Chiapas auront, dans
la prison d'El Amate, au Chiapas, une patate chaude, parce qu'on attend le
lancement d’une campagne pour la libération des inculpés. Le Conseil de
bon gouvernement zapatiste a lancé un appel à la solidarité. Le dernier
mot n'a pas encore été dit.

Gloria Muñoz Ramírez.
losylasdeabajo@yahoo.com.mx

(Paru dans "La Jornada", le 9 mai 2009)

Traduit par Chantal.

Posté par critiquesbliss à 11:46 - Amerique du sud - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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