14 octobre 2009
Le manuel des policiers de la PAF
Comment «tranquilliser» un étranger en situation irrégulière lors de
son expulsion? Comment serrer son cou pour l'empêcher de crier?
Comment détourner l'attention des autres passagers pour éviter qu'ils
ne se «rebellent»? Toutes les réponses à ces questions, et d'autres,
sont consignées dans le manuel des escorteurs de la PAF, dont
Mediapart publie de larges extraits.
Depuis le passage de Nicolas Sarkozy au ministère de l'intérieur, les
reconduites à la frontière constituent l'un des piliers de la
politique de «maîtrise des flux migratoires». En 2008, Brice Hortefeux
a fait «éloigner» du territoire, selon la terminologie administrative,
29.796 personnes, soit près de 4.000 de plus que l'objectif fixé.
Entre le 1er janvier et le 31 juillet 2009, 17.350 sans-papiers ont
subi le même sort, avec Éric Besson à la tête du ministère de
l'immigration et de l'identité nationale.
Au-delà des chiffres, les informations sur les conditions de ces
retours forcés manquent. Les instructions délivrées aux policiers
chargés des escortes révèlent les marges de manœuvre dont disposent
les forces de l'ordre pour contraindre les plus «récalcitrants» à
partir.
Le manuel de 64 pages à usage interne a été mis à disposition des
agents en 2003, après le décès de deux «reconduits», Ricardo
Barrientos, un Argentin de 52 ans, en décembre 2002, et de Mariame
Getu Hagos, un Éthiopien de 24 ans, en janvier 2003. Depuis, d'autres
actes de violences ont été relevés par les associations de défense des
droits des étrangers, notamment la Cimade, présente dans les centres
de rétention administrative, et l'Anafé, en zone d'attente.
Parmi les gestes, la «régulation phonique»
Le livret s'adresse principalement aux 180 agents de l'unité
nationale d'éloignement, de soutien et d'intervention (Unesi),
rattachée à la direction centrale de la police aux frontières, créée
en janvier 1999 et basée à Rungis, dans le Val-de-Marne. Il rappelle
les conditions de recrutement de ces fonctionnaires: visite médicale,
entretien avec un jury composé du chef de service, d'un psychologue et
de deux escorteurs «confirmés», épreuve de «GTPI» (gestes techniques
professionnels en intervention) et test oral de connaissance de
l'anglais.
Tout en exposant le cadre législatif des «éloignements», il vise
surtout à délivrer des «conseils techniques utiles aux fonctionnaires»
afin d'«escorter efficacement les reconduits aux frontières
internationales». Y sont répertoriés les moyens de coercition à leur
disposition: les menottes textiles ou métalliques, les bandes velcro
et la «ceinture d'immobilisation». «Toute forme de bâillonnement est
strictement prohibée», précise le manuel, pour tenter de mettre fin à
une pratique employée il y a quelques années. À l'aide de schémas et
de photographies «en situation», les gestes visant à maintenir la
personne expulsée sont explicités. Comme la «régulation phonique» qui
consiste en un étranglement et dont l'objectif est de «déstabiliser
physiquement» la personne, de «diminuer sa résistance» et de «diminuer
ses capacités à crier». Les risques sont listés: «détresse
ventilatoire et/ou circulatoire», «défaillance de l'organisme» et
«risque vital».
Extrait du manuel des escorteurs.
La présence d'armes («armes à feu», «bombes lacrymogènes»), insiste
le manuel, est interdite, mais dans le cadre des «vols groupés», c'est-
à-dire lorsque plusieurs personnes sont renvoyées en même temps, des
«moyens de défense à usage collectif» peuvent néanmoins être utilisés,
comme les boucliers, les casques de protection ou encore les «bâtons
de défense».
Des conseils sont prodigués pour toutes les étapes de l'expulsion.
Avant le départ, «les escorteurs adoptent vis-à-vis de l'étranger une
attitude courtoise, mais aussi déterminée, ne laissant pas d'autre
alternative que la certitude de son embarquement pour la destination
prévue». Ils doivent «être en tenue civile correcte». «Les appareils
photographiques ou caméras sont à proscrire», précise le manuel. Quant
aux «fonctionnaires féminins», elles «prendront soin, lors d'escortes
à destination de pays islamisés, d'adapter leur tenue aux usages
locaux».
Dans un chapitre consacré à la «fouille» des personnes, il est indiqué
que «les lames de rasoir, fines et aisément dissimulables sont les
objets usuels les plus dangereux découverts. Destinées à des auto-
mutilations superficielles qui saignent abondamment, afin de faire
échec à l'embarquement ou à dérouter l'avion en vol, elles ont été
découvertes fréquemment dans un livre, une semelle de chaussure, le
revers de la chemise, du blouson, dans la ceinture, dans un stylo,
etc.»
«Réduire les risques de rébellion»
L'étranger doit toujours être embarqué «par l'arrière de l'aéronef»
pour «réduire au maximum les risques d'incidents ou de rébellion qui
pourraient survenir lors du cheminement d'accès dans les allées
jusqu'aux places réservées». Il monte aussi dans l'avion avant les
autres pour éviter que les passagers ne le voit. «Observée par
l'équipage», l'installation sur le siège «doit être réalisée
rapidement» car «en cas de difficultés, le personnel navigant peut
être amené à demander au commandant de bord de faire débarquer
l'escorte et l'éloigné». «Dans la mesure du possible, souligne le
manuel, il convient d'isoler les derniers rangs de passagers de ceux
de l'escorte afin d'éviter des gênes aux autres passagers et limiter
ainsi tout risque de prise à partie au cours du vol.» Par ailleurs,
«si plusieurs reconduits voyagent sur le même vol, il est nécessaire
de les séparer afin d'éviter des phénomènes de groupe».
En vol, les escorteurs sont invités à «éviter d'entreprendre sans
nécessité absolue toute discussion tant avec les passagers qu'avec
l'équipage et se concentrer exclusivement sur la surveillance du
reconduit. Il convient également d'instaurer, tout au long du vol, un
dialogue permanent avec le reconduit afin de le tranquilliser». Il
faut aussi «éviter tout déplacement inutile pendant le vol». À propos
des repas, «si l'individu est récalcitrant et/ou si le vol est de
courte durée (jusqu'à 4 heures), on évitera de prendre un plateau
repas». «Toute boisson alcoolisée est strictement prohibée tant pour
l'étranger que pour les fonctionnaires d'escorte», juge utile de
rappeler le manuel. Il faut enfin «s'assurer que le plateau repas
servi au reconduit ne comporte aucun couvert métallique. De même, lors
de la restitution du plateau repas, les escorteurs veilleront à
retrouver les couverts en plastique distribués».
Les déplacements aux toilettes sont également encadrés. Effectués sous
la surveillance de deux fonctionnaires pour «faire obstacle à toute
tentative de l'éloigné de se coucher à terre», ils doivent être
précédés d'une inspection des lieux «sans oublier la poubelle» afin de
«vérifier que l'étranger ne puisse y trouver d'objet dangereux
(rasoir, verres) offert habituellement par la compagnie aux passagers
ou placé là par un comparse voyageant à bord du même avion». Lors du
vol retour des escorteurs, il est précisé que «la consommation de
boissons alcoolisées, vin ou bière à l'exclusion de tout autre alcool,
n'est autorisée qu'en accompagnement d'un repas».
Ces consignes, par les interdits et les autorisations qu'elles posent,
complètent le récit de l'escorteur publié sur Mediapart (ici et là),
la question des pratiques et des éventuels débordements étant d'autant
plus difficile à approcher que les contre-pouvoirs sont quasi
inexistants au moment de la reconduite et qu'une fois expulsé,
l'étranger a peu d'occasions de témoigner.
http://www.mediapart.fr/article/offert/eaf8c992fdc7f59c12bae4583a9aab8c
07 octobre 2009
Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri
Il y a quatre mois, Ali Ziri, âgé de 69 ans, est interpellé par la
police nationale d’Argenteuil, en compagnie de son ami Arezki Kerfali,
âgé de 61 ans, invalide à 60 %. Les deux hommes sont conduits au
commissariat d’Argenteuil puis à l’hôpital Victor-Dupouy.
Ali Ziri tombe dans le coma et finit par mourir deux jours plus tard,
soit le 11 juin 2009. Une première autopsie conclut à une mort en lien
avec une « hypertrophie cardiaque ». Le parquet de Pontoise décide de
classer cette affaire en considérant qu’il n’y avait pas de violences
policières.
Arezki Kerfali affirme avoir été tabassé par la police. Son médecin
traitant ainsi que celui de l'hôpital lui ont d'ailleurs prescrit un
arrêt de travail de huit jours, constatant des contusions multiples.
Devant la détermination du collectif « Vérité et Justice pour Ali Ziri
» et de sa famille, une contre expertise a révélé le 20 juillet que ce
sont bien des coups qui ont tué Ali Ziri.
Des traces d’hématomes de 12 à 17 centimètres ont été relevées sur
tout le corps du défunt.
Le collectif a décidé d’amplifier la mobilisation citoyenne en
organisant un nouveau rassemblement le 9 octobre 2009 à 18 heures
devant la sous-préfecture d’Argenteuil.
Lors de ce rassemblement, des membres du collectif prendront la parole
pour rétablir les faits et exiger que les policiers, auteurs de ces
violences, soient jugés et condamnés. Le tout en lien avec la présence
des proches de la famille Ali Ziri, de son ami Arezki Kerfali, des
personnalités publiques et des associations, qui interviendront pour
évoquer les nombreuses mobilisations actuelles contre les bavures
policières de ces dernières années en France.
Soyons nombreux au rassemblement du vendredi 9 octobre à 18 heures
devant la sous-préfecture d’Argenteuil (rue Alfred-Labrière, face au
centre commercial Côté-Seine).
Sous Préfecture d'Argenteuil
(face au centre commercial Côté-Seine)
2, rue Alfred Labrière
Argenteuil (95)
Transilien J - Argenteuil
14 septembre 2009
Arezki Kerfali victime deux fois : battu par la police et accusé d’outrage
Ali Ziri, 69 ans, est mort le 11 juin 2009 suite à une interpellation
par la police nationale d’Argenteuil. Son ami, Arezki Kerfali, 61 ans
et
invalide à 60%, s’en est sorti avec une fracture au poignet et des
hématomes sur tout le corps.
Dans un premier temps, après une enquête bâclée menée entre autres par
le commissariat de police lui-même, l’affaire a été juridiquement
classée. Il aura fallu toute la détermination de leurs familles
respectives ainsi que de leur avocat et du collectif « Justice et
vérité
pour Ali Ziri » avec la manifestation du 24 juin, pour que la vérité
commence à éclater. La contre-expertise médicale a montré qu’Ali Ziri,
menotté, a reçu plusieurs coups de la police. Il a été constaté 27
hématomes s’étendant jusqu’à 17 centimètres sur son corps et sa mort
par
anoxie (absence d’oxygène) en lien avec une asphyxie pulmonaire de
type
mécanique.
Plus aucun doute : Ali Ziri a été tué, et les trois policiers au moins
impliqués dans sa mort sont toujours en fonction au commissariat
d’Argenteuil.
*Mais le degré d’impunité est tel que c’est Monsieur Kerfali Arezki
qui
se retrouve sur le banc des accusés. Il doit comparaître au tribunal
de
Pontoise le 17 septembre, alors même que c’est lui qui a eu un arrêt
de
travail de 8 jours, une fracture du poignet, des bleus sur tout le
corps
dont les photos prises au sortir de sa garde à vue témoignent. Depuis
ce
jour Monsieur Kerfali consulte un psychologue 2 fois par semaine.*
*Accusé d’outrage à agent alors même qu’il n’a fait que dire tout
comme
Monsieur Ziri avant qu’il ne décède : « Je vais porter plainte ».
L’outrage, c’est la dernière parade juridique des policiers pour
justifier leurs méthodes. *
Toutes ces violences ne sont pas de simples bavures qui s’accumulent,
elles sont le résultat de tout un système de répression, pensé et
structuré qui s’attaque aux plus pauvres quel que soit leur âge, et
tout
particulièrement lorsqu’ils sont arabes ou noirs.
*Face à ces violences policières, mettons un coup d’arrêt. Face à
l’impunité, exigeons la justice.*
Le courage, ce n’est pas tant de contenir la colère que de faire
exploser la vérité.
Notre colère elle ne pourra s’apaiser que dans la justice.
*Nous exigeons la suspension ainsi que la mise en examen des policiers
impliqués, et l’annulation des poursuites contre Monsieur Arezki
Kerfali.*
* Nous vous appelons à nous retrouver le jeudi 17 septembre à
8h45 *
* au tribunal de Grande Instance de Pontoise au 3 rue Victor
Hugo *
. Contact (ATMF), tél. : 01 39 82 81 48. Email : atmfargent@yahoo.fr
Site : www.atmf.org *Les membres du collectif
*(premiers signataires) : ATMF, SDAE, AMABVO, CIVIC , MIR, AC lefeu,
MQJS, MIB, GISTI, FSQP, Les Résidents du Foyer les Remparts,
Europalestine, RESOCI, AL 95, NPA, PCF, PG, PCOF, LO, Les verts, Etre
de Gauche, UL CGT, Les proches et amis du défunt Ali Ziri et d’ Arezki
Kerfali…
07 septembre 2009
Collectif Vérité et justice pour Ali ZIRI
Rassemblement le 11 septembre 2009 à Argenteuil
Le 09 juin 2009, Ali Ziri, retraité algérien âgé de 69 ans, est transporté à l'hôpital d'Argenteuil après un contrôle policier et un passage au commissariat. Il décède le 11 juin, après avoir sombré dans le coma. Le procureur du Tribunal de Grande Instance du Val-d'Oise attribue alors sa mort à « une hypertrophie cardiaque » et décide de clore l'enquête.
Devant la pression du collectif, le magistrat revient sur sa décision et ordonne des investigations complémentaires. Un juge d'instruction a été ainsi nommé et une contre expertise a révélé le 20 juillet que ce sont bien des coups qui ont tué Ali Ziri. Des traces d'hématomes de 12 à 17 centimètres ont été relevées sur tout le corps du défunt.
Ces conclusions soulèvent l'indignation croissante des habitants d'Argenteuil et d'ailleurs. Le succès de la marche du 24 juin et du rassemblement du 19 août le prouve.
Aussi l'écho médiatique grandissant, le collectif a décidé d'amplifier la mobilisation citoyenne en organisant un
rassemblement le 11 septembre 2009 (3 mois jour pour jour après la mort de M. Ali Ziri) à 18 heures, à Argenteuil, sur la dalle du Val-d'Argent-Nord (esplanade de l'Europe).
Lors de ce rassemblement, des membres du collectif prendront la parole pour rétablir les faits et exiger qu'au moins les trois policiers, auteurs de ces violences, soient jugés et condamnés. Le tout en lien avec la présence des familles des victimes, des personnalités publiques et des associations, qui interviendront également pour évoquer les nombreuses mobilisations actuelles contre les bavures policières de ces dernières années en France. D'autres initiatives, plus fortes et unitaires pour obtenir la vérité et la justice pour Ali Ziri et pour toutes les victimes des violences policières, seront annoncées à cette occasion. Paris, le 31 août 2009
Les membres du collectif (premiers signataires) :
AC le feu, AL95, ATMF, AMABVO, CGT, Être de Gauche, GISTI, LO, MIB, MQJS, NPA, PCF, PG, PCOF, Résistons Ensemble contre les violences policières, SDAE, Les Verts, Les Résidents du Foyer les Remparts, Les proches et amis du défunt Ali Ziri...
Source : http://www.gisti.org/spip.php?article1689
03 septembre 2009
Appel à rassemblement Samedi 12 septembre à 14 heures à Paris
Pour marquer le revirement du dossier, suite aux conclusions de l'expertise des medecins légistes, l'association de soutien Vérité et Justice pour Abou Bakari Tandia organise un rassemblement pacifique de vigilance citoyenne à proximité du ministère de la justice.
Le
procureur de Nanterre en poste en 2005, Mr B. Pagès, avait classé
l'affaire Abou Bakari Tandia sans même attendre les conclusions
définitives des légistes. La famille et les proches de la victime font
toujours confiance à la justice française. Néanmoins, il convient après
plus de 4 ans de procédures et une énergie considérable et douloureuse
déployée par des personnes en deuil d'envoyer un signal de "vigilance
citoyenne" au tournant de l'affaire Abou Bakari Tandia.
C'est pourquoi l'association Vérité et Justice pour Abou Bakari Tandia
invite tous les citoyens sensibles aux droits humains à se rassembler
pacifiquement à Paris SAMEDI 12 SEPTEMBRE 2009 de 14h à 16h, à proximité du Ministère de la Justice.
Les rassemblements revendicatifs étant interdits Place Vendôme par la Préfecture de Police, le lieu précis de la manifestation reste encore à valider. Pour le moment, il est fixé à l'angle de la rue de Castiglione et de la rue Saint Honoré.
Accès :
Métro le plus proche : Tuileries (ligne 1 La Défense / Nation)
10 août 2009
MORT D'UN JEUNE POURSUIVI PAR LA POLICE
Un jeune homme âgé de 18 ans est mort, dimanche 9
août à Bagnolet en Seine-Saint-Denis, après avoir
percuté, avec son deux-roues, une
barrière de béton alors qu'il était poursuivi par
la police, selon une information publiée par le site du
quotidien Le Parisien.
Livreur de pizzas, le jeune homme, qui travaillait à
30 mètres du lieu de l'accident, circulait sur une moto
boulevard Raspail à Bagnolet vers 21 heures, lorsqu'une voiture de police lui a demandé de
serrer à droite pour un contrôle', a indiqué une source
proche de l'enquête. 'Il a fait
l'objet d'une injonction par un fonctionnaire de police et n'a pas obtempéré et a pris la fuite, suivi par
la voiture de police', a expliqué à l'AFP
une source judiciaire, confirmant l'information du quotidien.
L'IGS SAISIE
Quelques mètres plus loin à l'angle de l'avenue
Stalingrad et du boulevard Raspail, le jeune homme a perdu
le contrôle de sa moto dans un virage et a percuté une barrière en béton, selon la
police. 'La voiture de police ne l'a pas touché. Il n'y a
pas eu de contact entre la moto et la
voiture des fonctionnaires de police', ajoutent les
sources judiciaires citées par l'AFP.
Le jeune homme est décédé des suites de ses blessures. Le corps devait être transporté à l'hôpital de Montreuil, où il doit faire l'objet d'une autopsie lundi. Le Parquet de Bobigny a immédiatement saisi l'Inspection générale des services. Ses enquêteurs procédaient dans la nuit de dimanche à lundi aux auditions des policiers et devaient également entendre des témoins.
La police
scientifique a également été envoyée sur
les lieux.
Quelques minutes après l'accident, des jeunes originaires du quartier où vivait le jeune homme à
Bagnolet manifestaient leur colère devant des policiers
armés de flash-ball. Dix camions de CRS, des policiers et
trois camions de pompiers ont été
dépêchés en renfort mais aucun incident entre
jeunes et forces de l'ordre n'était à déplorer vers 2
heures lundi.
Trop c'est trop, est ce qu'on va continuer à accorder
à la police nationale des permis de tuer en toute
impunité? jusqu'où seront-ils couverts?
22 juin 2009
Un retraité Algérien mort à la suite d'un contrôle policier à Argenteuil
Le mardi 9 juin, vers 20h30, trois policiers d'Argenteuil, dont une
femme, ont arrêté un
conducteur d'un véhicule, Arezki K., un Algérien de 61 ans, près du
croisement des boulevards
Jeanne-d'Arc et Léon-Feix.
Ce conducteur était accompagné d'un autre
Algérien, Ali Ziri, 69
ans, assis sur ie siège avant du véhicule.
Selon le témoignage de ce conducteur, les trois policiers lui ont
d'abord demandé de sortir du
véhicule au même titre que le passager, Ali Ziri. Suivent alors des
menaces de les emmener
au poste, puis des insultes « pas toujours très républicaines» et
enfin
des menottes et des
coups.
Voyant son ami, Arezki K., traîné par terre, Ali Ziri tente de calmer
les policiers, en leur
adressant cette phrase: « Laissez-le tranquille, vous n'avez pas le
droit de le frapper. Je
dépose plainte contre vous ». C'est alors que les policiers se
saisissent de lui et le menottent
à son tour.
Les deux Algériens sont alors malmenés et mis avec violence à
l'intérieur du véhicule policier.
C'est dans ce véhicule que le drame, ayant entraîné la mort du
retraité
Ali Ziri, s'est
apparemment produit,alors que les deux hommes sont transportés à
l'hôpital d'Argenteuil.
Mis en garde-à-vue, pendant 24 heures, Arezki K., n'apprendra le décès
de son ami que le
jeudi 11 juin par des policiers du commissariat d'Argenteuil. Le
conducteur affirme avoir fait
l'objet d'un tabassage continu, au même titre que son ami Ali Ziri,
alors qu'ils étaient tous les
deux menottés. Le médecin traitant d'Arezki K.ainsi que celui de
l'hôpital lui ont d'ailleurs
prescrit un arrêt de travail de huit jours. Les proches et les amis du
défunt, qui se sont rendus à
l'hôpital d'Argenteuil, ont tous constaté que plusieurs coups étaient
visibles sur le corps de la
victime.
Un collectif réunissant des proches du défunt, des associations, des
partis politiques et des
citoyens d'Argenteuil, s'est mis en place. Les membres de ce collectif
dénommé « Vérité et
justice pour M. Ali Ziri» condamnent avec force la violence «raciste»
utilisée par des
policiers d'Argenteuil à l'encontre d'une personne « âgée ».
Ils
demandent à ce que toute la
lumière soit faite pour élucider les circonstances exactes qui ont
conduit à la mort de cet
Algérien. Une plainte a été introduite.
Mercredi 24 juin à 18 heures
Marche pacifique, pour réclamer la vérité et la justice
Le cortège partira du foyer Sonacotra Les Remparts, 4, rue Karl Marx,
près de la gare du centre d'Argenteuil, pour se rendre sur le lieu de
la
mort de M. Ziri, au croisement des rues Jeanne d'Arc et du boulevard
Léon-Feix et se terminer au commissariat d'Argenteuil. .
+++++++++++
Qui est Ali Ziri ?
Ali Ziri est né en 1940 à Ouled Rached, un village dans la wilaya de
Bouira, en Algérie, dont
une très forte communauté vit depuis plusieurs décennies à Argenteuil.
Arrivé en France à l'âge
de 19 ans, il a travaillé près de 40 ans dans une même société basée à Paris 17ème et a vécu
près de 50 ans à Argenteuil, sans avoir eu aucun problème avec la
police.
En retraite depuis quelques années, il passait son temps à faire des
allers-retours entre la
France et l'Algérie où résidait sa famille composée de deux filles et
deux garçons.
Connu pour sa gentillesse et sa disponibilité à aider les autres, les
gens du foyer et les jeunes
des quartiers le surnommaient affectueusement « Ammi Ali », c'est-à-
dire
« Oncle ou Tonton
Ali ». Il s'apprêtait à retourner dans son pays le lundi 15 juin à 14
heures pour assister au
mariage de son fils aîné Rachid.
Contact: ATMF, 26 boulevard du Général-Leclerc 95100 Argenteuil,
tél/fax. : 01 39828148. E-mail:
atmfarg...@yahoo.fr. Site: www.atmf.org
19 mai 2009
« La police rappelée à l'ordre sur l'utilisation du flash-ball »
Dans l'édition du parisien du 17 mai 2009, le quotidien « Le Parisien
libéré / Aujourd'hui en France » publie un dossier d'une page
comprenant un reportage signé Carole Sterlé sur le cas de Samir, 18
ans, blessé à l'oreille gauche, le soir du 1er mai dans la cité des
Fauvettes à Neuilly-sur-Marne. Son avocate est maitre Louisa
Ibazatene. Ce nouveau fait divers confirme nos craintes que la police
prenne l'habitude illégale de viser volontairement en direction de la
tête, au risque d'éborgner des manifestants ou des passants
pacifiques, comme c'est déjà arrivé à plusieurs reprises.
> Mais l'article de tête de ce dossier est signé Stéphane Sellami. Celui-ci annonce que dans le contexte des dernières blessures à l'oeil sur deux jeunes à Villiers-le-Bel (voir le communiqué en début de semaine dernière des parents de Pierre) et de cette blessure à l'oreille, le « patron des policiers de terrain », Eric Le Douaron, a envoyé « en milieu de semaine » une note « à l'ensemble de ses directeurs départementaux », une note que le journaliste a pu se procurer.
> Voici quelques extraits qui concernent précisément le LBD (lanceur de balles de défense) :
> « Suite à l'utilisation de lanceurs de balles de défense type flash-ball lors d'événements récents, je vous demande de rappeler à l'ensemble de vos effectifs les règles impératives d'utilisation de ces types d'armements ». :
> - « usage limité au seul cadre de la légitime défense de soi-même ou d'autrui »,
> - « respect de la distance minimale de tir de 7 m afin d'éviter toute lésion corporelle, au visage notamment »,
> - usage « dans le cadre d'une riposte ou d'une action proportionnée réalisée avec discernement »
> - « ainsi les visées au niveau du visage et de la tête sont formellement proscrites »,
> - établissement « d'un rapport circonstancié et immédiat avant sa fin de service, le jour même du tir (.) transmis avec l'avis du directeur départemental de la sécurité publique sans délai par courriel à la DCSP », ceci « impérativement ».
> Ce à quoi Mohamed Douhane, officier de police, dirigeant national du syndicat Synergie, auteur du livre « Les tabous de la police », Bourin (sic !) éditeur, rétorque qu'il n'est « pas toujours évident » (de faire preuve de discernement et de sang froid.)
> Le lien sur le site du Parisien libéré :
> http://www.leparisien.fr/faits-divers/la-police-rappelee-a-l-ordre-su...
> Cette note de la hiérarchie policière semble bien répondre point par point à plusieurs affaires en cours, et notamment à celle de Pierre, le lycéen blessé à Nantes en manifestation le 27 novembre 2009.
> On notera cependant que cette note risque de passer inaperçue dans le bruit médiatique provoqué par la décision gouvernementale de profiter de récents tirs à La Courneuve pour y envoyer aujourd'hui des patrouilles renforcées, armées de fusils à pompe et de pistolets mitrailleurs. (Décidément, les gangs et les black blocs qui utilisent la violence contre les flics font bien le jeu objectif d'une escalade paramilitaire voulue et planifiée par le gouvernement Sarkozy, qui est prêt et a déjà surarmé sa police, quitte à sacrifier cyniquement quelque agents si c'est le prix à payer pour provoquer artificiellement la tension, instaurer l'état de siège en France, au mépris des libertés républicaines.)
> 7 mètres seulement !
> ==============
> D'autre part, on est en droit de s'étonner de la distance de 7 mètres (seulement !) de distance minimale de tir accordée par M. Le Douaron. Cette distance semblait être celle des flashballs traditionnels, mais les nouveaux LBD eux, sont, semble-t-il, quatre fois plus puissants, et suffisamment précis pour viser avec succès une partie précise du corps en mouvement. De quoi mutiler au visage ?
> Dans son rapport sur l'affaire de Pierre, la CNDS (Commission nationale de déontologie de la sécurité) avait indiqué : « le LBD est une arme de neutralisation, susceptible d'atteindre, avec une excellente précision et une meilleure conservation de l'énergie cinétique, des cibles éloignées de 25 à 30 mètres, alors que le flashball a une portée optimale de 7 mètres » et précisait : « si les projectiles lancés par le LBD ont été choisis pour leur capacité de déformation à l'impact limitant le risque de pénétration dans un corps vivant, ils peuvent avoir des conséquences dramatiques lorsque la partie corporelle atteinte est, comme en l'espèce, le visage et plus précisément les yeux. En outre, un tir à faible distance (à moins de 10- 15 mètres) accroît considérablement les risques. »
> Il est donc permis de se demander si en donnant la possibilité inédite de tirer à partir de 7 mètres (sans d'ailleurs évoquer le type de munitions employées, qui est loin d'avoir révélé tous ses secrets), M. Le Douaron ne prend pas le risque de donner à ses troupes un permis de mutiler des jeunes, sinon, il faut le dire, de tuer.
15 mai 2009
Le Taser 3.0 ne tire pas : il vidéosurveille
Annoncé ce matin, TASER 3.0, le tout nouveau produit de la société
connue pour son pistolet à impulsion électrique, se présente comme “le
futur de la gestion des enquêtes et des preuves numériques” :
A Taser, nous avons réalisé que votre job ne s’arrêtait pas lorsque le
suspect est placé en détention. En fait, ce n’est que le début.
Les officiers de police font constamment l’objet de fausses
allégations et de plaintes visant à faire douter de leur intégrité et
de leur honneur.
Nous sommes avec vous pour protéger votre honneur, pour enregistrer et
stocker la vérité sur ce qui s’est vraiment passé.
Et pour cela, Taser a décidé (en résumé) de relier les neurones des
policiers à un système de vidéosurveillance géolocalisé. Tout est
expliqué là : http://www.taserpromo.com/.
Axon (du nom qu’on donne aux “connexions sortantes” des neurones -sic)
se présente comme un dispositif d’enregistrement audiovisuel des
incidents, “du point de vue des officiers de police“.
Concrètement, il s’agit d’une micro-caméra que les policiers sont
invités à porter sur leur tête, à mi-chemin entre un casque audio et
une oreillette BlueTooth, reliée à une télécommande (dotée d’un bouton
“vie privée“) et à un petit ordinateur de poche (sous Linux).
Une fois rentré au commissariat, les policiers connectent leurs Axon à
un système, tout aussi sobrement intitulé Evidence.com
(”lapreuve.com“, en VF), qui permet de stocker, et surtout d’analyser,
les enregistrements effectués.
Les vidéos étant géolocalisées par GPS , il est ainsi possible de
zapper entre les différents enregistrements effectués, sur une même
scène, par différents policiers.
Nul doute que cela permettra effectivement de démontrer l’innocence
des policiers faussement accusés d’avoir violenter tels ou tels
suspects.
On espère juste que le bouton “vie privée” ne servira pas, a
contrario, à couvrir leurs débordements.
14 mai 2009
Tasé et battu par la police, un pasteur américain met son arrestation en ligne
Tous les matins, avant d'entamer une journée déjà compilée d'embûches,
je persiste quand-même à vouloir m'accabler de mauvaises nouvelles.
Telle Roger Gicquel au 20h de l'époque, je rentre les épaules, ferme
les yeux et clique au hasard dans mon lecteur de flux.
Ce matin, j'en ai oublié de touiller mon café tellement la vidéo m'a
scotchée.
C'est sur le Nouvel Obs que ça se passe, je la fais courte, Steve
Anderson, pasteur américain, se fait arrêter en voiture par la Police.
Il refuse tout net de se soumettre à une fouille approfondie de son
véhicule, suite aux reniflements suspects du chien de la patrouille.
Il affirme, (le Pasteur, pas le chien, lui il est trop occupé à
renifler, peut pas tout faire c'teu pauv' bête) qu'il avait été
interpellé pour un simple contrôle de routine.
Hop, en Amérique, c'est magique, on te brandit le 4ème amendement
comme un bouclier d'invincibilité.
En l'occurrence, on doit la faire trop souvent à la Police de
l'Arizona.
Et les policiers ont alors dégainé ce que de droit.
S'en suit le contenu de la vidéo, qui, après diffusion, a déclenché
une enquête interne de la Police de l'Etat.
OK.
Y'a tout de même un détail qui me rend toute chafouine.
Internet, on le sait tous, devient le support de tous les médias,
ainsi que de ses extrêmes.
C'est parfois super utile, comme l'étendue de Alerte Enlèvement, ou
complètement superfêtatoire dans le cas des campagnes d'élus sur
Youtube et autres.
Mais dans ce cas précis, j'ai comme qui dirait le cul entre 2 chaises.
C'est vrai qu'aux États Zunis, en matière de Justice, les
enregistrements audio et vidéo sont des preuves valables.
C'est vrai que sans cette vidéo, le Pasteur n'aurait pas touché, ému,
révolté, insurgé, choqué et l'opinion publique, et la Police d'Etat,
et l'enquête internet n'aurait pas été déclenchée.
Alors ça veut dire quoi?
Aujourd'hui, la seule parole d'homme, l'honneur ne suffisent plus?
Comment on faisait avant?
Et ce Pasteur, pour lequel j'ai un profond respect sur le seul
principe de l'éducation et de l'âge, pourquoi avait-il son caméscope
sur lui, prêt à être mis sur "REC"?
Sa vidéo, incluant tout le temps qu'on sait pour la réaliser, il l'a
faite quand? En sortant de l'hôpital? Sur son lit avec le médecin en
charge de le soigner?
Je me demande ce qui a motivé le plus cet homme.
Malgré sa fonction et ses croyances, j'ai presque envie de penser
qu'entre l'acte de dénonciation d'un abus de pouvoir manifeste et
l'occasion de faire un buzz pour sa paroisse, il a peut-être été
partagé.
Et c'est aussi ça Internet, aujourd'hui. La perte de l'acuité. On ne
sait peut-être plus très bien pourquoi on montre, pourquoi on écrit,
pourquoi on dit.
Source : Le post

















