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19 octobre 2009

Des nouveaux fichiers

Les décrets publiés dimanche 18 octobre au Journal officiel portant création de deux nouvelles "bases de données" de police précisent le type de données qui peuvent y être recensées, ainsi que les dérogations possibles. Dans la première, destinée à la "prévention des atteintes à la sécurité publique", figureront: - Motif de l'enregistrement - Photographies - Etat civil - Nationalité - Profession - Signes physiques particuliers et objectifs - Adresses physiques et électroniques - Numéros de téléphone - Titres d'identité - Immatriculation des véhicules - Informations patrimoniales - Activités publiques - Comportement et déplacements - Agissements susceptibles de recevoir une qualification pénale - Personnes ayant entretenu des relations directes et non fortuites avec l'intéressé (se limitant à leur identité, sauf si elles-mêmes présentent un risque d'atteinte à la sécurité publique). En outre, "à titre dérogatoire et dans un cadre strict", selon une circulaire du ministère de l'Intérieur adressée dimanche aux préfets, pourront être indiqués: - Signes physiques particuliers et objectifs "pris comme éléments de signalement" (tatouage, cicatrice, couleur de cheveux) - Origine géographique ou appartenance à un même quartier - Activités politiques, philosophiques, religieuses ou syndicales L'inscription dans cette base de données sera automatiquement supprimée trois ans après le dernier événement ayant donné lieu à son enregistrement pour les mineurs, et après dix ans pour les majeurs. Dans la seconde, consacrée aux "enquêtes administratives liées à la sécurité publique", seront seulement enregistrés: - Motif de l'enquête - Photographies - Etat civil - Nationalité - Profession - Adresses physiques et électroniques - Numéros de téléphone - Titres d'identité Pourra également, "à titre dérogatoire", être fait mention d'éléments à caractère politique, philosophique, religieux ou syndical si y est lié un comportement "incompatible avec l'exercice des fonctions ou missions envisagées". Des mineurs peuvent y être inscrits, s'ils ont plus de 16 ans et ont fait l'objet d'une enquête administrative les concernant directement dans le cadre d'une procédure de recrutement. L'inscription sera automatiquement supprimée cinq ans après son enregistrement "quel qu'ait été le résultat, favorable ou non de l'enquête" (Nouvelobs.com)

Posté par critiquesbliss à 09:05 - Politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 octobre 2009

Hortefeux veut créer deux nouveaux fichiers

Alors que l’on "attend", depuis plus d’un an, le décret d’application
d’Edvirsp (pour “Exploitation documentaire et de la valorisation de
l’information relative à la sécurité publique“), qui devait remplacer
le fichier Edvige, France Info révèle ce matin que Brice Hortefeux
n’attend plus que le feu vert du Conseil d’Etat pour créer deux
nouveaux fichiers, dont une “version édulcorée” d’Edvige, censée
répondre aux incidents survenus ce week-end à Poitiers.

En déplacement à Poitiers, au lendemain des “graves incidents” qui ont
eu lieu en marge du rassemblement contre la prison de Vivonne, Brice
Hortefeux a “demandé aux préfets de réaliser “un inventaire des lieux
de vie communautaire où se regroupent des mouvances anarchistes
potentiellement violentes” de la part des services compétents, et
sollicité “une identification très précise du ou des groupuscule(s)
qui organise(nt) ces incidents”, pour mieux lutter contre ce type de
violences“.

Selon France Info, “le ministre est prêt a assumer deux nouveaux
fichiers, dont une version un peu édulcorée d’Edvige : les personnes
appartenant à des bandes violentes y seront répertoriées, mais les
orientations sexuelles des militants, par exemple, ne seront plus
mentionnées… :

    Brice Hortefeux en est convaincu : une police mal préparée est
d’abord une police mal renseignée. La preuve : sur les 18 personnes
placées en garde à vue à Poitiers, plus de la moitié n’était pas
fichée.

    Pire : pour le ministre, rien n’a permis d’anticiper l’ampleur des
violences. Les manifestants étaient cinq fois plus nombreux que prévu,
et surtout très bien organisés.

Revenons un peu sur ce qui s’est passé. Fruit d’un partenariat public-
privé d’un montant de 50M d’euros, la nouvelle prison de Vivonne, où
les détenus de l’ancienne prison de Poitiers ont été transférés ce
dimanche, était “déjà surpeuplée” avant même d’être livrée, comme
l’atteste cet article paru en décembre dernier dans la Nouvelle
République :

    « L’effectif théorique de Vivonne est de 560 détenus » expliquait
la semaine dernière un juge d’application des peines, « avec 240
places en centre de détention et 240 en maison d’arrêt.

    Or, selon le cahier des charges imposé au constructeur (la société
Thémis, groupe Bouygues), il est prévu 780 places. On atteindra vite
ce chiffre. On est donc très loin de l’encellulement individuel ! On a
visité les lieux lundi dernier (le 8 décembre). On a bien vu qu’il y
avait trois lits par cellule ».

Le collectif contre la prison de Vivonne appelait à une manifestation
anticarcérale festive places d’Armes, précédée de débats et devant
logiquement se clôturer par des concerts rap et punk.

Dans les faits, les policiers ont été débordés par des “militants
d’ultra-gauches” cinq fois plus nombreux que prévus, et “extrêmement
bien préparés“, alors que les forces de l’ordre ne l’étaient semble-t-
il pas assez.

C’est d’autant plus étonnant que les “vilains gauchistes” et autres
“anarcho-autonomes” sont pourtant clairement placés sous surveillance
depuis, au moins, 2006, et que, comme le rappelait récemment l’agence
Reuters, “le ministère de l’Intérieur a mobilisé depuis plusieurs mois
ses services sur cette forme de contestation radicale, qui prendrait
de l’ampleur” (voir A propos, je ne sais pas si vous savez, mais les
gauchistes mangent des petits enfants).
Fichiers policiers: quand y’en a plus, y’en a encore…

Depuis des années, c’est devenu une habitude, les faits divers sont
souvent instrumentalisés afin de créer, qui une nouvelle loi (depuis
2002, 30 textes de lois sécuritaires ont été adoptés), qui un nouveau
fichier policier (on en dénombre 58, soit +70% en trois ans).

Comme de juste, et plutôt que de prendre le temps d’analyser les
dysfonctionnements, et l’impréparation, de ses services de
renseignement, Brice Hortefeux en appelle donc à la création de deux
nouveaux fichiers : un pour identifier les “mouvances anarchistes
potentiellement violentes”, un autre pour recenser leurs “lieux de vie
communautaires”…

En mars dernier, le ministère de l’Intérieur expliquait aux 70
parlementaires qui l’avaient interrogé sur les suites données au
fichier Edvige qu’Edvirsp (pour “Exploitation documentaire et de la
valorisation de l’information relative à la sécurité publique“), son
successeur, “ne comportera que des données directement liées à la
sécurité publique ou permettant de répondre aux demandes d’enquêtes de
recrutement imposées par la loi” (voir EDVIGE servira à recruter… et
licencier).

Le problème ? Edvirsp n’étant toujours pas officiellement créé, les
anciens RG (rebaptisés SDIG -Sous direction de l’information
générale-, à l’occasion de la création de la DCRI -Direction centrale
du renseignement intérieur) en sont tenus à maintenir leurs fiches sur
des bouts de carton… (voir Comment légaliser les fichiers
policiers ?).

Comme le souligne France Info, “le fichage actuel, à base de fiches en
carton remplies à la main, est “obsolète”, commente-t-on place
Beauvau“.

Et alors que l’on attend, depuis plus d’un an, la publication du
décret portant création d’Edvirsp, il a suffi d’une émeute dans les
rues de Poitiers pour voir poindre, en une journée, deux nouveaux
fichiers, dont les décrets -miracle- auraient déjà été soumis au
Conseil d’Etat :

    Les fichiers pourraient entrer en vigueur par décret. Le ministère
n’attend plus que le feu vert du Conseil d’Etat. Une manière d’éviter
des débats houleux au Parlement, avec le risque que l’opposition
qualifie de passage en force cette manière de faire.

Pour ceux qui l’ignoreraient, le nombre de fichiers policiers a
augmenté de 70% ces trois dernières années, et le quart des fichiers
recensés n’a aucune existence légale : la loi informatique et libertés
a été modifiée pour leur donner le “droit d’être “hors la loi”
jusqu’en 2010. Or, la moitié des Français y sont fichés, et, rien que
sur ces trois dernières années, plus d’un million y sont toujours
considérés comme “suspects” alors même qu’ils ont été blanchis par la
Justice (voir Le quart des 58 fichiers policiers est hors la loi).

http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/10/13/hortefeux-veut-creer-deux-nouveaux-fichiers/

Posté par critiquesbliss à 20:38 - Politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 octobre 2009

Testés en Irak, appliqués au G20: les nouveaux canons anti-émeute

vidéos à voir sur http://numerolambda.wordpress.com/2009/10/03/irak-g20-canons-anti-emeute/

Pour disperser les manifestants en marge du sommet du G20 en
Pennsylvanie, les canons à eau ont été remplacés par d’autres types
d’armes “non létales” issues de recherches militaires. Par exemple, le
LRAC – Long Range Acoustic Device -, qui a fait ses premières armes en
Irak en 2006 comme lors du récent coup d’état militaire au Honduras,
est présenté dans la littérature comme « un système d’hyperfréquence
(qui) peut être dirigé sur un groupe d’individus, entraînant nausées,
malaises intestinaux, troubles de la vision et de l’ouïe». Les images
qui suivent, prises par des sources indépendantes et diffusées sur
Indymedia, révèlent toute cette belle mécanique contre-
insurrectionnelle.

Notez bien l’autre arme acoustique, plus conventionnelle : la voix
synthétique de la police façon Robocop qui gueule : «Le chef de la
police de Pittsburg a déclaré ce rassemblement illicite, donne l’ordre
à toutes les personnes de se disperser immédiatement. Peu importe les
raisons d’être ici, vous devez partir. Si vous ne vous dispersez pas,
vous pourriez être arrêté et/ou sujet à d’autres actions
policières.» (à partir de 2′45).

lrad-daylight

On aperçoit un peu mieux l’énorme parabole du LRAD en action sur un
autre film pris de jour (images de propagande du fabricant ATC – ci-
contre: http://numerolambda.wordpress.com/2009/10/03/irak-g20-canons-anti-emeute/
)

Pour y voir un brin plus clair, plongeons dans un papier paru à
l’automne 2007 dans la revue Cultures & Conflit, fait le point sur ces
nouvelles armes anti-émeute (1). Bien sûr, elles profitent, tout comme
les drones de surveillance, d’une large inspiration militaire, testé
comme il se doit dans les foyers de la résistance en Irak.

    La mise en service à titre d’expérimentation en 2006 en Irak, dans
le cadre de la politique de contre-insurrection, d’armes comme le Long
Range Acoustic Device (LRAD) et l’Active Denial System (ADS) a signé
une étape primordiale dans le développement de systèmes antipersonnels
de nouvelle génération. (…) Ces systèmes sont actuellement déployés en
Irak et font l’objet d’expérimentations actives sur la population
civile. Ils ont notamment été testés dans le centre de Bagdad, dans la
région de Falloujah et à Camp Bucca.


Le canon à ultrasons en action (photo de propagande)

Les armes acoustiques excitent les flics en tous genre depuis des
générations, on s’en sert maintenant plus simplement pour virer les
ados bruyants des cages d’escalier. Le LRAD, c’est la version
hardcore.

    Le Long Range Acoustic Device est un système d’hyperfréquence
fondé sur une technique de génération de sons développée par la firme
American Technology Corporation qui consiste à produire deux ultrasons
de fréquences légèrement différentes : le signal haute fréquence se
dissipera rapidement dans l’atmosphère, tandis que le signal basse
fréquence va persister et peut être dirigé sur un groupe d’individus,
entraînant nausées, malaises intestinaux, troubles de la vision et de
l’ouïe. Une variante portative est à l’étude, capable de tirer des «
balles sonores » de forte intensité. Le LRAD a connu un premier emploi
concluant en repoussant l’abordage du paquebot Seabourn Spirit par des
pirates, au large des côtes somaliennes, en novembre 2005.

A voir aussi: un clip-documentaire monté à partir d’images réelles
capturées à Pittsburgh, qui montre un face à face hallucinant où les
armes non létales de premier choix sont des camescopes et des
appareils photo numériques :
Which side are you on? (musique: Pete Seeger, célèbre chanson pro-
ouvrière)

Arrêtons-nous à présent sur l’ADS, le canon micro-ondes, autre
variante du flingue cérébral made in USA — conçu et vendu par Raytheon
(lire ce document commercial de juin 2009), le marchand d’armes à qui
l’on doit les fameux missiles Patriot, dont les taux d’efficacité
avaient été entièrement bidonnés lors de la première Guerre du Golfe
(1991). Photos à droite, la version militaire de l’ADS montée sur un
hummer, et la version civile (le “Silent Guardian”). L’article de
Culture & Conflits poursuit :

    ads-milL’ADS est un canon à ondes millimétriques pulsées de basse
puissance et une technologie pleinement opérationnelle. Baptisé «
projet Sheriff », ce système tactique voué à l’engagement rapproché se
compose d’un émetteur de moyenne portée incrusté dans une antenne
orientable. Il peut être monté selon les besoins sur le toit d’un
poste de garde comme arme à effet de zone ou sur des véhicules type
Humvee, Stryker ou Light Armored, comme arme anti-émeute.

    ads-civilian(…) Le rayon émet sur une fréquence de 95-100 GHz,
insuffisante pour pénétrer le corps, mais assez forte pour réagir avec
les terminaisons nerveuses du derme superficiel et chauffer les
molécules d’eau des couches sous-cutanées, provoquant au bout de cinq
secondes une sensation de brûlure si intense que le réflexe naturel de
l’individu est de prendre immédiatement la fuite. Le rayon émis n’est
pas ionisant – non radioactif – et par conséquent ne comporte pas de
dan

    ger carcinogène. (…) le principal non-dit de ce système réside
dans son potentiel létal. (…) il est techniquement tout à fait
envisageable d’accroître la pulsation du rayon pour en faire une arme
mortelle, « rhéostatique ».

    Une autre incertitude concerne les conséquences pour le cerveau
d’une exposition répétée au rayon. Bien que les chercheurs militaires
démentent les risques de pathologies encéphaliques, le facteur de la
durée d’exposition reste central.»

Et le dernier petit gadget, pour la fin. Le laser au deutérium
fluoré ! «Paralysie temporaire…»?

    On peut également mentionner, puisqu’il est en cours de
finalisation industrielle, l’existence du Pulsed Energy Projectile
(PEP), laser à deutérium fluoré développé par Mission Research Corp,
dont les phases de test devraient débuter avant 2010. Ce développement
augure la naissance d’une génération d’armes potentiellement
révolutionnaires parce que susceptibles, comme l’ADS, d’investir la
globalité du spectre opérationnel.

Charmant, le laser PEP ! Voyez plutôt:

    « Le PEP utiliserait un laser au fluorure de deutérium à
impulsions conçu pour produire un plasma ionisé à la surface de la
cible visée. Le plasma entraînerait à son tour une onde de pression
ultrasonique qui passerait dans le corps et stimulerait les nerfs
cutanés afin de provoquer une douleur et une paralysie temporaire ».

Epilogue : merci à notre ami lecteur qui souligne que les mêmes armes
acoustiques ont été utilisées lors du récent putch militaire au
Honduras… Par matériel interposé, les USA ont donc indirectement
participé à ce coup d’Etat, qui flaire bon les vieux réflexes anti-
communistes des années 70 et 80… Sur ces images amateurs, on remarque
le bruit significatif du LRAD, ainsi que la voix mécanique du camion
blindé, dont les propos n’ont même pas été traduis en langue locale.

(1) Georges-Henri Bricet des Vallons, « L’arme non létale dans la
stratégie militaire des Etats-Unis : imaginaire stratégique et genèse
de l’armement », Cultures & Conflits, 67, automne 2007, mis en ligne
le 21 février 2008. http://www.conflits.org/index3116.html

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21 septembre 2009

La PJJ va-t-elle vers un suicide collectif ?

Mardi 15 septembre 2009, Mme KOKOSZKA Catherine, directrice départementale
de la protection judiciaire de la jeunesse de Paris a tenté de mettre fin
à ses jours par défenestration sur son lieu de travail. Selon certains de
ses collègues, cet acte faisait suite à une réunion de la direction
interrégionale Ile de France-Outre-mer de la PJJ  au cours de laquelle les
directeurs départementaux ont appris des fermetures de structures qu'ils
devaient annoncer aux services concernés.
Mme Kokovska n'a semble-t-il pas supporté cette annonce supplémentaire
dont la conséquence est de mettre en péril les services éducatifs au
détriment des jeunes pris en charge.
Au moment où le ministère de la justice mène une propagande pour
soit-disant lutter contre le taux élevé de suicide en milieu carcéral, il
semblerait qu'en parallèle,  une autre politique soit mené pour conduire
la protection judiciaire  de la jeunesse à un suicide collectif !
Cette politique est entamée depuis déjà de nombreuses années avec le vote
de lois de plus en plus répressives (Lois Perben, loi prévention de la
délinquance, loi sur le récidive...)  et l'ouverture de structures fermées
(centre éducatifs fermés et Établissements pénitentiaires pour mineurs).
Fin 2009 l'ordonnance du 2 février 1945  devrait disparaître pour laisser
place à un code  pénal des mineurs qui mettra certainement un terme
définitif aux prises en charge éducatives.
Dans le quotidien des éducateurs et éducatrices, la pression est de plus
en plus grande envers celles et ceux qui cherchent à proposer des
solutions éducatives (deux éducatrices de Saint-Denis en ont fait les
frais cette année en étant mutées pour raisons de service), qui refusent
de sacrifier les projets des adolescents au profit de l'application de
directives autoritaires, qui refusent tout simplement d'être de simples
exécutants.
Dans ce contexte où ceux qui réforment ont comme seul souci de faire des
économies budgétaires en diminuant le personnel et au travers d'opérations
immobilières, ce sont les adolescents qui sont les premiers à en souffrir.
L'administration demande aux professionnels non pas de penser
l'accompagnement éducatif dans toute sa dimension subjective non
limitative et non restrictive mais bien d'accompagner des mesures de
surveillance et/ou de répression. Tout cela concourt à la multiplication
de situations inhumaines qui ne laissent pas d'autres destinées aux jeunes
que la rue ou la prison.
Il est temps de laisser de côté nos individualismes pour affronter
collectivement cette machine à tuer qu'est le capitalisme !

Paris le 21 septembre 2009
le secrétariat fédéral CNT

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15 septembre 2009

RASSEMBLEMENT DVT LE MINISTERE DE L'INTERIEUR

PROPOS HONTEUX :
HORTEFEUX DEMISSION !

RASSEMBLEMENT
DEVANT LE MINISTERE DE L'INTERIEUR

MERCREDI 16 SEPTEMBRE 2009 17H30

RDV Place Chassaigne Goyon
Métro St Philippe du Roule (ligne 9)

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18 juillet 2009

Pour l’interdiction immédiate du Flash-ball

Mercredi 8 juillet, Joachim Gatti, 34 ans, cinéaste, a perdu un œil touché au visage par l’un des nombreux « flash balls » tiré par des policiers contre un groupe de manifestants pacifiques qui protestaient contre l’expulsion d’un bâtiment occupé à Montreuil. Selon de nombreux témoignages, tous les tirs visaient au-dessus de la taille.

Nous ne saurions recenser l’ensemble des blessures irréversibles dues à l’utilisation de plus en plus fréquente de ces armes dans le « maintien de l’ordre », tant lors de manifestations que dans le quotidien des interventions des forces de police. Rappelons toutefois qu’en moins d’un an, au moins trois manifestants ont été grièvement atteints à l’œil : ce fut le cas de Pierre, 17 ans, un lycéen Nantais lors d’une manifestation à l’automne dernier et Joan, 25 ans, un Toulousain qui participait à une autoréduction dans un supermarché ce printemps.

En 2002, lors de la dotation en flash ball de la police le gouvernement et les syndicats de policiers s’étaient voulus rassurants (?) affirmant que ces armes étaient « non létales » et que leur usage resterait exceptionnel et rigoureusement encadré (suivant le principe de « proportionnalité de la riposte »)... Les faits démontrent qu’il n’en est rien.

Assurée de son impunité, la police utilise quotidiennement ces flash ball de façon offensive, ignorant délibérément ces fameux principes supposés régler leur utilisation et sans hésiter à s’en servir de manière à occasionner le maximum de dégâts (tirs à bout portant, tirs délibérés à la tête, etc.).

Ce qui c’est passé à Montreuil, Toulouse ou Nantes, s’inscrit dans une logique d’utilisation croissante et quotidienne d’une répression expéditive pour faire régner l’ordre : arrestations et interrogatoires d’enfants, multiplication des gardes à vues, criminalisation du syndicalisme, dispersions brutales et violentes de rassemblements « non encadrés » (manifestations, rassemblements, fêtes, concerts), etc.

Parce que nous ne pouvons accepter une telle surenchère de la violence policière ; parce que nous ne pouvons nous résoudre à accepter une société où la réponse à tout conflit ou tensions sociales soient les « tirs tendus » de flash ball : nous demandons l’interdiction immédiate de cette arme, avant que l’irrémédiable ne se produise.

Parmis les premiers signataires
Eric Hazan, éditeur. Gerard Delteil, écrivain. Nicole et Jacques Lesage de La Haye. Frédéric Neyrat, philosophe. Gilles Perrault, écrivain. Serge Quadruppani, écrivain, Diane Scott, metteur en scène ...

Un dossier d'information et un formulaire pour signer
en ligne cet appel sont disponibles à l'adresse :
http://petitions.samizdat.net/flash-ball

Les signatures par e-mail peuvent être envoyées à l'adresse :
flashball@samizdat.net

laclinik

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12 juillet 2009

MARCHE POUR MOHAMED

Les parents de Mohamed Benmouna, ce jeune homme de 21 ans, retrouvé
pendu dans sa cellule du commissariat de Chambon-Feugerolles avaient
demandé l’annulation de la marche en mémoire de leur fils.

Mais samedi après-midi, environ 350 personnes se sont réunies à
Firminy.

La marche est partie de l’immeuble où vivait Mohamed et s’est dirigée
ensuite vers le commissariat de Chambon-Feugerolles.

Une banderole en drap sur laquelle on pouvait lire « A la mémoire de
Mohamed. On veut la vérité » ouvrait cette marche.

Quelques minutes après le départ d'une marche qui se voulait
silencieuse, plusieurs dizaines de jeunes d’une vingtaine d’années ont
remonté le cortège . Une fois en tête du cortège, ils se sont mis à
scander : « Allah akhbar », « Allah est le seul dieu et Mohamed est
son prophète » ou « Justice pour Mohamed », révèle Le Parisien.

Une fois devant le commissariat où le jeune Mohamed s’est donné la
mort, une vingtaine de proches de la jeune victime ont été autorisés à
déposer deux gerbes de fleurs.

Un cordon de CRS a tenu à distance les manifestants en colère.

Dans Le Parisien, Myriam, la tante de Mohamed qui se trouvait au
milieu des manifestants a rappelé que la famille ne croit pas à la
thèse officielle, celle du suicide :

« On le connaissait. Il n'est pas suicidaire. On veut marcher pour ne
pas l'oublier. Et aussi parce qu'on veut faire notre deuil en paix.
Pour ça, il faut arrêter de dire qu'il s'est suicidé, c'est pas vrai
».

De son côté, Nordine, un oncle de Mohamed a tenu à préciser ;

« On a confiance en la justice. Mais on veut savoir ce qui s'est passé
».

La marche s’est déroulée sans incident

Rappel :

Le parquet de Saint-Etienne a révélé que la  deuxième autopsie du
corps de Mohamed Benmouna, avait confirmé « l'absence de trace de
violence » .

Le procureur de la République a précisé que « les traces relevées sur
le cou de Mohamed Benmouna sont compatibles avec une pendaison et
l'autopsie exclut l'intervention d'un tiers lors de la pendaison ».

La première autopsie avait « exclu toutes traces de violences » sur
Mohamed Benmounia.

Vendredi soir, le parquet de Saint-Etienne a ouvert  une information
judiciaire contre X pour « homicide involontaire », afin d'établir
s'il y a eu un défaut de surveillance durant la garde à vue de Mohamed
Benmouna.

source :
http://www.lepost.fr/article/2009/07/12/1616925_suicide-en-garde-a-vu...

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26 mai 2009

PARCE QUE... Y'EN A MARRE DES COLLABOS

Dimanche 24 mai 2009, un petit groupe est allé rappeler dans la rue
aux passants et à la Croix-Rouge qui quêtait depuis le début de la
semaine, le rôle de cette dernière en matière d’expulsions et
d’enfermement. A Bastille, les bénévoles harcelés ont du faire appel à
leur chef de secteur, qui a son tour a appelé les keufs. Leur travail
permanent avec l’Etat, une fois de plus effectif, n’a pas empêché le
petit groupe de les harceler aussi à République puis Nation].

A l’attention des passants ... quand la Croix-Rouge part en croisade

TOUT AU LONG DE LA SEMAINE, vous avez peut-être croisé de louches
individus en gilet jaune estampillé d’une Croix qui vous tendaient une
fausse urne. Déjà que les élections ne peuvent rien changer d’autre
que le personnel qui nous dirige, alors quand il faut glisser un
bifton dans l’urne... Entre un racket et un autre, celui du mannequin
milliardaire Adriana et celui de Robert le mannequin de pacotille qui
« sauve des vies », ces maniaques en uniforme nous ont harcelé des
feux rouges aux terrasses des bars, et des places aux entrées de
métro.

Quand on était petit, on nous a appris que la Croix-Rouge faisait
partie, comme ses consoeurs, de ces institutions au grand cœur. Et que
même si elles ne changeaient fondamentalement rien au fonctionnement
de ce monde dominé par l’exploitation, la guerre, la misère et
l’oppression, elles essayaient au moins d’en soigner les blessures et
d’en atténuer les souffrances, comme ils disent dans leur langage
profondément religieux. Pourtant le secours neutre n’existe pas. Et
dans le cas de la Croix-Rouge, ce n’est pas bien compliqué à voir...

Tandis que la faim, les désastres, la guerre et l’oppression font fuir
chaque année des millions de gens dans l’espoir de pouvoir
reconstruire ailleurs une vie un peu meilleure, ce qui les attend ici
en Europe c’est le racisme, les rafles, une exploitation sans limites
et, au bout de compte, les centres de rétention et les déportations.
Quand les réfugiés débarquent en Europe et font une demande d’asile,
ils sont souvent parqués dans des centres dits ouverts (des dizaines
de ces centres sont gérés intégralement par la Croix-Rouge). Comme les
centres de rétention, ils sont entourés de barbelés, des gardiens y
tournent les clés des portes tous les soirs. On y apprend aussi aux
demandeurs d’asile à obéir aux lois du capitalisme et de sa démocratie
(des vêtements collectés par la Croix-Rouge y sont par exemple vendus,
les ‘habitants’ y sont forcés d’une main douce à effectuer des travaux
pratiquement non-rémunérés dans le centre ou pour la commune où ils se
trouvent - question de les habituer au sort d’exploités qui les attend
ici aussi). Ces centres servent également à fixer les demandeurs
d’asile et à les rendre dépendants pour qu’ils ne s’aventurent pas
dans une vie de débrouille hors de l’enceinte. Sous prétexte de souci
humanitaire, l’Etat organise ainsi un contrôle permanent sur tous ces
indésirables. Quand la demande d’asile est refusée, c’est la police
qui vient arrêter les réfugiés refusés dans ces centres neutres et
ouverts pour les déporter vers la misère et la mort. La Croix-Rouge
n’offre donc jamais un secours neutre, puisque ses activités font
partie intégrante de la politique de contrôle de la gestion de
l’immigration.

La Croix-Rouge entretient également des liens étroits avec
l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), cet organisme
qui cherche à soumettre les flux migratoires aux besoins du
capitalisme et du contrôle social. Ce même organisme se sert d’une
multitude d’organisations humanitaires et d’ONG pour réaliser son
chantage avec ses primes de retour. Des réfugiés à qui ce système a
enlevé toute perspective, se voient offrir une pauvre indemnité pour
retourner volontairement vers leur pays d’origine. Alors c’est
simple : d’abord on leur enlève tout avenir, on les enferme dans des
centres d’accueil, on leur fait comprendre qu’ici aussi c’est la
pauvreté qui les attend, et finalement on les fait chanter avec
quelques centaines d’euros pour qu’ils oublient les raisons pour
lesquelles ils avaient fui... Dans d’autres pays européens, comme en
Italie ou en Espagne, la Croix-Rouge Internationale gère directement
les centres de rétention d’où l’Etat déporte les réfugiés en fin de
procédure. Des centres de rétention avec leurs gardiens, leurs
cellules d’isolement, leurs passages à tabac, leurs abus et tout
simplement la privation de liberté. C’est là que la Croix-Rouge montre
encore plus clairement ce qu’elle est vraiment : l’aile humanitaire de
la domination. En Belgique, ce sont les infirmiers de la Croix-Rouge
qui, quand les indésirables se mutinent dans ces centres, soignent les
blessures sans faire entendre la moindre critique et les bourrent de
tranquillisants. A Roissy, la Croix-Rouge cogère avec la police la
zone d’attente pour sans-papiers qui débarquent à l’aéroport, et sert
aussi de caution aux méthodes de la police des frontières (menottes,
coups, baîllon, drogues) lors des expulsions forcées par avion qui
s’en suivent. Le 17 août 2006 lors d’une gigantesque rafle, 508
personnes d’Afrique et d’Europe de l’Est sont chassées du domicile
qu’elles occupaient à Cachan depuis 2003. Chaque bus préfectoral qui
repartait avec les expulsés pour aller les recracher toujours plus
loin en banlieue était escorté d’uniformes bleus à l’extérieur et deux
membres de la Croix-Rouge à l’intérieur. De septembre 1999 à 2002, ce
sous-traitant de tous les Etats s’est aussi vu confier la gestion du
hangar de Sangatte, près de Calais. Là, elle va isoler près de 1800
réfugiés avec la complicité des CRS qui surveillent le camp, pour
laisser à l’Etat le temps de construire un centre de rétention juste à
côté, à Coquelles. A partir de novembre 2002, elle va ainsi ficher
tous les réfugiés, préparant le démantèlement du camp et la chasse à
l’homme qui suivront peu après. Et tout celà, ça s’appelle choisir son
camp.

Mais il n’y a pas que les sans-papiers qui débarquent sur les plages
espagnoles ou qui, épuisés, mettent pied à terre dans les ports et
aéroports européens. Il y a aussi ces millions de réfugiés au Moyen-
Orient et en Afrique qui ont été chassés de chez eux par les guerres,
la misère ou les désastres écologiques pour ensuite être accueillis
dans d’énormes camps de concentration (dans le sens strict du terme :
enfermer administrativement dans un endroit circonscrit et contrôlable
des catégories de gens pour des raisons raciales et de contrôle ou
pour des fins d’exploitation). Ces camps sont souvent gérés par la
Croix-Rouge et pas seulement avec ses médecins, mais aussi avec ses
agents de sécurité. Ainsi la Croix-Rouge ne fait que renforcer l’ordre
actuel composé d’oppresseurs et d’opprimés – et tandis qu’elle soigne
ces derniers, elle tente aussi de calmer la révolte qui, elle seule,
pourrait réellement changer quelque chose.

Quand les armées de la démocratie ont envahi l’ex-Yougoslavie,
l’Afghanistan et l’Irak, ils amenaient derrière eux l’armée
humanitaire de la Croix-Rouge. Sous prétexte de protection contre une
politique d’épuration ethnique, la Croix-Rouge s’est chargée de la
gestion d’une série de camps de concentration et de prisonniers en ex-
Yougoslavie. En réalité, elle cherche à intégrer la politique
européenne de contrôle des flux migratoires dans les manœuvres
militaires des forces de l’ONU. Chacun sait (et pas mal d’employés
dissidents de la Croix-Rouge l’ont quitté parce qu’ils ne supportaient
plus cette neutralité odieuse) qu’il est impossible de rester neutre
en temps de guerre. Rester neutre signifie choisir le camp du plus
fort – même quand on soigne le plus faible. La conduite des guerres
actuelles serait “ humanitaire ”, mais quel être sensé pourrait jamais
croire qu’il y a quelque chose d’humanitaire dans les bombardements,
les corps déchirés, les blessés, les viols ? En prétendant rester
neutre, la Croix-Rouge ne fait que renforcer le pouvoir en place. En
Irak, en Afghanistan, comme ailleurs. L’histoire en apparence sans fin
de l’exploitation et de l’oppression a toujours eu besoin d’un corps
de collaborateurs qui se cachent volontiers derrière un “ je ne savais
pas ”. La gestion démocratique du capitalisme et de l’oppression a
tout intérêt à étendre le plus possible ce que quelqu’un a appelé à
l’époque des camps d’extermination nazis “ la zone grise de la
collaboration ”. Refuser de collaborer avec un système qui organise la
déportation systématique pour préserver les profits économiques et le
pouvoir de quelques uns, c’est ouvrir la possibilité d’une critique
réelle du monde dans lequel on est forcé de vivre. Grattons le vernis
humanitaire de ce système mortifère de déportation, d’incarcération et
d’exploitation !

La Croix-Rouge collabore aux saloperies des Etats : en un moment où
elle quête pour continuer ses activités, qu’elle reçoive donc un peu
de la monnaie de sa pièce ....

**Quelques ennemis de toutes les frontières, 24 mai 2009
( Source : http://lille.indymedia.org/article16497.html )

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25 mai 2009

POUR REVOLTES.NET

Le 1er mai 2009, l’hébergeur de notre site ( revoltes.net) a été tabassé par la BAC et arrêté

Et vous ? Quand viendront-ils vous arrêter ?

Dans son numéro du 23 avril 2009, le journal Politis interviewait Michela Marzano, philosophe italienne et chercheuse au CNRS, au sujet de son livre "Le fascisme, un encombrant retour" qui analyse l’action de Sarkozy et de Berlusconi à la lumière du passé Mussolinien. Elle y met en évidence de troublantes analogies : on est peut-être pas déjà dans un régime fasciste, mais on est en train de s’en rapprocher dangereusement.

En 2003 déjà, dans un article consacré aux prisonniers politiques en France, nous nous inquiétions de la recrudescence d’arrestations arbitraires de syndicalistes. Désormais, plus de 272 000 pages web relatent la montée de la répression du mouvement social.

Six ans et quelques bavures plus tard, il y a eu la mort de Ziad Benna et Bouna Traoré, la révolte des banlieues, le matraquage de Cyril Ferez en 2006, l’incroyable mélange d’incurie et de provocation des forces de répression lors du sommet de l’Otan à Strasbourg en 2009, l’arrestation des épiciers de Tarnac accusés semble t’il essentiellement d’avoir écrit un livre un peu subversif, ... et j’en passe et pas des meilleures !

Ce 1er mai 2009, c’est l’un des coopérateurs et ami de notre site qui s’est fait tabasser, insulter, et arrêter arbitrairement, à Grenoble. Un casseur, lui ??? Il est informaticien, marié, et père de deux enfants. Doué, calme, généreux, et ... bâti comme une allumette. C’est simple : pour maigrir, il lui faudrait perdre un os ! On se connait depuis dix ans, et je suis témoin qu’il y a peu de gens aussi intègres que lui dans ce monde. Voici son témoignage :


- "La manifestation avait fait déjà un bon bout de chemin quand des ’BACeux’ (vous savez, les cowboys de la BAC en civil ...) tentèrent d’arrêter un jeune en plein milieu du bloc que formaient les jeunes autonomes derrière leur banderole !!! Évidemment, 4 BACeux dans un groupe de 100-200 personnes ... ca pouvait pas se passer autrement que ce qu’ils cherchaient : ils se font sortir ’gentiment’ du groupe, sous les huées ("Police partout, Justice de classe", "Police partout, Justice nulle part", ... ) et quelques projectiles (oeufs, peinture, ...), puis se replient entre des voitures et le MacDo.
Ils longèrent ensuite la manif pendant plusieurs centaine de mètres, au niveau des jeunes, histoire de provoquer un peu, puis ils disparurent du champ de vision alors que le cortège poursuivait tranquillement en direction du parc Paul Mistral. Peu avant, le bloc des jeunes s’est dispersé et seule la voiture sono nous a suivi jusqu’à l’entrée du parc. Des barrières métalliques empêchant le passage, elle s’est garée sur le côté et nous avons rejoint les zones installées par chaque organisation au coeur du parc.

C’est alors qu’on nous fît signe que la voiture sono se faisait contrôler et encercler par les CRS. Nous sommes revenus au pas de course vers l’entrée afin qu’il y ait des témoins. Chemin faisant, nous voyons que des escadrons de CRS sont déployés à moitié planqués sous les arbres, mais bon, ... on n’abandonne pas et on rejoint l’entrée en prenant soin de s’arrêter à bonne distance des rangs de CRS casqués. Les forces de répression sont déjà en train de fouiller le véhicule sono et une petite trentaine de personnes sont là à regarder gentiment. Selon les témoignages, le vigile du parc (ou de la mairie ?) a dit au véhicule de sortir de son emplacement de stationnement et, au moment où celui-ci s’apprêtait à se déplacer, les CRS qui étaient restés à l’écart, de l’autre côté du boulevard à 4 voies,s’étaient déployés très rapidement pour empêcher toute manœuvre (Il restait le conducteur et une jeune fille dans la voiture sono).

On commence à se rassembler à une bonne dizaine de mêtre d’eux, histoire de pas provoquer, mais pour leur montrer qu’on surveille leurs agissements envers la voiture sono et ses occupants. Tout cà, sous l’oeil des caméras de l’hotel de ville et des caméras des CRS ...

12h15 : Soudain, nous voyons une personne se faire charger sur la gauche de notre groupe par des BACeux, suivi par la suite de CRS. Quasiment aussitôt, j’entrevois un groupe de 3 personnages patibulaires, ’’tondus de près’’, venant sur notre droite, foncer sur notre groupe de membres de la CNT bien identifiables avec drapeaux, autocollants, ...

Et là ...

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"Rebellion et violences contre les forces de l’ordre" ???

Coups, projection au sol, coups de bottes, je me retrouve à terre avec bientôt 6 gars sur le paletot avant que je comprenne qu’ils s’agissaient de BACeux et non de fachos !

Un deuxième camarade se fait lui aussi projeter au sol, par des CRS, et se fait menotter méchamment alors qu’il ne bouge pas et se laisse faire sans aucune résistance ...

Après s’être acharnés un moment sur moi, enfin ... jusqu’au moment où ils comprennent qu’avec le poids de leur collègue et de sa botte sur le bras, je ne peux pas bouger mon bras afin qu’ils me passent les menottes .... ils finissent par me remettre debout, menotté bien serré ... avec le doigt dans l’œil pour ’’m’aider ’’ à me relever ...

Aussitôt, deux BACeux me prennent en charge et insistent pour me faire baisser la tête, mais jamais un syndicaliste ne baisseras la tête devant les forces de répression ! Enfin, pas chez nous, je l’espère ! Baisser la tête, ca leur permet de te balancer des coups de poings dans la tête sans que les personnes autour ne le voient ... comme ils le feront à un autre interpellé.

De l’entrée du parc jusqu’au fourgon, les deux BACeux profèrent toutes sortes d’insultes et d’insanités à mon encontre : ’Sale PD’, ’On vas te refaire le cul au commissariat’, ’Nous, on est pas des grouillots de flics, on vient des quartiers’ ... sans recevoir de ma part que le silence le plus obstiné.

Arrivés au fourgon, ces derniers me jettent dans le fourgon et me ’remettent’ à un de leur acolytes, policier, ce coup-ci. Ce dernier essaye de me faire assoir à grands coups de baffes dans la figure : menotté et allongé sur le dos entre les sièges, c’est pas simple ... avant de me balancer un coup de pied dans le plexus quand j’avais enfin réussi à poser une fesse sur le siège ... sur le coup, je reste à moitié soufflé et groggy mais je continue de garder le silence.

12h30 : On amène alors, vers le fourgon, le troisième interpellé qui lui aussi est jeté à côté de moi sur la banquette. J’ai le temps de voir une petite personne âgée demander au policier qui nous garde ’Mais pourquoi vous les avez arrêtés ?’ Et ce dernier de répondre, ’C’est des casseurs Madame ! Ils n’ont que ce qu’ils méritent !’. Soudain, j’ai le cœur qui s’accélère de plus en plus, souffle court, je halète et tombe de la banquette. Mon camarade d’infortune, préviens alors le policier qui nous garde. Celui-ci ne décoche pas un regard ... Il renouvelle cet appel à venir à mon aide 5 minutes plus tard, et, ce coup-ci, le policier lui répond en substance "qu’il en a rien à foutre et que je peux bien crever". Cinq minutes plus tard, moi, toujours haletant et avec le cœur en tachycardie, ils démarrent et nous emmène à l’hôtel de police. La bas, ils me déposent sur le banc mais je ne peux me tenir dessus ... et m’écroule à terre. De plus mon bras droit me fait super mal et je n’arrive plus à le plier. Les policiers de permanence s’inquiètent et se décident enfin, eux, à appeler le SAMU.

Celui-ci interviendras à 13h15. Les gens du SAMU prennent ma tension, mon pouls, m’aide à calmer mon coeur et mon souffle avant de repartir en me disant et en otant que le coup au plexus et le stress de l’arrestation sont la cause de mon malaise cardiaque ...

14h00 : je reviens sur le banc, en plus de mon camarade d’infortune du fourgon, une jeune fille (passagère de la voiture) est présente mais non-menotté, ainsi qu’un autre jeune homme pas mal abimé, lui ...

14h15 : Nous voyons passer un OPJ et lui demandons les motifs de nos arrestations, qui ne nous avaient toujours par été signifiés. Pour moi se sera : "Rebellion et violences volontaires envers les forces de l’ordre."

Ensuite :. Passage du médecin qui me regarde rapidement, pusi retour au banc. Passage de BACeux pour enfin enlever les menottes du premier interpellé (fais quand même 2 bonnes heures qu’il a ces menottes hyper serrées). Insultes de la part des BACeux quand ce dernier demande à au moins un peu de politesse puis coups et étranglement ... sous l’oeil des caméras intérieures de l’hôtel de police.

Ils me demandent si je dèsire qu’ils joignent mon avocat et am famille. Je réponds par l’affirmative et leur donne les numéros et noms. Ils préviendront ma femme à 14h45 en lui disant que "tout va bien".

Fouille, et zou, en cellule ... Je roupille un peu, essayant un peu de récupérer avant la suite ...

On m’emmène voir l’OPJ, et début de l’interrogatoire ... Evidemment aucun des BACeux qui m’ont arrété ne sont présents ... Un dossier global est ouvert pour parait-il des "dégradations", des "rebellions" et des "violences envers les forces de l’ordre".

La paperasserie commence, nom, prénom, descendance, ascendance, possession, employeur ... Ce à quoi je réponds de mauvaise grace.

Je lui indique que je suis syndicaliste et qu’au moment où ils m’ont sauté dessus, je portais notre drapeau haut et fier ! Il est impossible que même les BACeux ne l’ai pas vu !

Et alors moi, dans ce dossier fourre-tout, je suis censé avoir empéché l’arrestation du premier interpellé, donc interpellé avant moi et à 30 bons mêtres de ma position ...

Ah ! Et j’apprends que je me suis rebellé car je ne me serais "pas laissé faire" lors de cette arrestation musclée ...

Ce à quoi je répond que n’ayant pas eu le temps de comprendre que mes agresseurs n’étaient pas des agresseurs mais les "forces de l’ordre" elles-mêmes, je ne pouvais pas me trouver en situation de rebellion ! D’autant qu’ils ne s’étaient pas présentés comme tels et qu’aucune sommation ni avertissement quelconque aurait pu laisser penser un seul instant que ces trois gaillards patibulaires et agressifs auraient pu être ... des policiers !!!

L’OPJ est perplexe et continue sur le deuxième chef d’inculpation : ’Violences volontaires sur les forces de l’ordre’.

Là, il me déclare que j’aurais donné des coups de pieds à des agents ! Evidemment, avec mon gabarit d’allumette, et 6 mecs sur le dos, j’ai dû avoir beaucoup de possibilités de leur faire mal ... Je lui demande si ils ont été blessés, en relevant mes manches et en lui montrant les coups de tonfas que j’ai pris sur le bras droit, dont un énorme hématome de 8x6cm sur l’avant bras ... en dessous d’un bracelet en cuir : imaginez comment ils ont du taper fort !

Il passe à la suite et commence à m’interroger sur le premier interpellé : pas de chances, je ne l’avais même pas vu dans la manif et ne le connaissais pas non plus d’avant ! Son interrogatoire laisse transparaître que c’est lui qu’ils voulaient arrêter en particulier et que, nous autres, nous ne sommes que des ’’dégats collatéraux’’ ... De nombreux témoins ayant entendu les conversations des forces de l’ordre avant leur charge brutale confirmeront celà par la suite.

Voilà ... ce fut vite fait ... Il me demande mes empreintes et un prèlévement ADN, tout en ayant l’air de connaitre ma réponse ... Que je lui confirme : Non.

Il me fait signer le PV.

Je demande une copie : on me la refuse ! Il faut que ce soit mon avocat qui leur demande ... La prochaine fois, je ne signe pas si ils ne me donnent pas une copie avant !

Et retour en cellule ... on me précise que mon avocat passera me voir. Quelques temps plus tard, un policier vient me chercher en m’emmène dans une petite salle voir mon avocat, Maître Girault. On se retrouve dans une petite pièce, il prend de mes nouvelles, s’inquiète de mon état de santé et me donne les conseils pour la suite, en me disant que je devrais sortir dans pas trop longtemps.

Ben, franchement, première fois que je suis content de voir un avocat  ;) Un premier mai en plus, et alors, qu’il ne me connaissait pas auparavant !

Retour en cellule ... le temps commence à se faire long, j’ai toujours mal au bras droit et ne peux pas le plier, en plus il fais un froid de canard dans leur cellule et j’ai rien avalé depuis hier soir à part un café ce matin, rapido, et une demi-canette à midi ...

Fin de compte, à 19h45 ils me relâchent, bon dernier ! Et ils s’impatientent quand je mets un peu de temps pour récupérer tous les objets de ma fouille ... Essayez de remettre vos possessions en ordre avec un seul bras : le gauche ! et vous comprendrez ...

Des camarades CNT sont là pour m’accueillir ainsi que d’autres personnes qui nous avaient déjà croisé. Ils ont fait le pied de grue devant l’hotel de police toute l’après midi ! Merci encore à eux, ca fait du bien !

On trace chez un camarade sous l’insistance des policiers qui veulent nous voir déguerpir au plus vite ...

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Extrait des six pages de certificat médical constatant les violences

On contacte un médecin qui veut bien se déplacer pour m’ausculter. On s’installe tranquillement dans un coin et il remplit ses feuilles d’ordonances avec la liste des traumatismes physiques que je présente : hématomes, plaies, éraflures ... au total, 6 pages de constat !

Voilà ce que fut MON premier mai ...

Comble du bonheur, je tombe plus tard, sur un article du Dauphiné Libéré titré : "Quand les casseurs cassent l’ambiance !" Visiblement ils ont repris à l’identique le communiqué du commisaire qu’ils citent. "trois hommes ont été identifiés comme étant des casseurs" : Pourtant un seul interpellé a vu cette accusation retenue contre lui, et pas moi !

Vous avez dit "journalisme", au DauBé ? Diffamation ? Ou servilité ?"

RoX

Ces faits sont gravissimes dans une "démocratie", et pourtant on ne peut s’empêcher d’être un peu soulagés : notre copain est vivant, et encore en état de marcher. Sommes nous en 2009 en France, ou en 1933 en Italie ou en Allemagne ??? On ne sait plus ... on s’habitue, c’est tout !

On s’habitue à vivre dans un régime où la police peut mentir presque impunément, où les droits de l’homme sont de plus en plus régulièrement foulés aux pieds, et où une justice de classe a remplacé la présomption d’innocence par une "présomption de culpabilité". Les "sans-papiers" sont enfermés dans des camps, comme avant la seconde guerre mondiale pour les républicains d’Espagne ; être jeune est suspect aux yeux des gouvernants, les syndicalistes sont arrêtés, et les vrais voyous laissés en liberté. Les jeunes sont trop souvent victimes d’une justice d’abattage, avec les dérives des comparutions immédiates, tandis que les vieux politicards soupçonnés de corruption sont jugés 10 ou 15 ans après les faits, une fois les témoins morts et enterrés, comme pour Pasqua ou Chirac ! Faut-il penser que certains policiers ajoutent la lâcheté à la forfaiture, en préférant arrêter des innocents pacifiques que des "présumés coupables" qui pourraient eux se rebeller pour de vrai ?

Aux états-unis, fortement touchés par ces dérives totalitaires sous le gouvernement Bush, une organisation citoyenne s’est crée, Cop-Watch, pour surveiller les forces "de l’ordre" et filmer leurs dérapages. Faudra t’il en faire autant pour retrouver une police au service des citoyen-ne-s [1] ?

Désormais, VOUS êtes suspect. Suspect de ne pas accepter sans broncher cet "ordre" criminel et destructeur des libertés, de notre humanité, et de notre planète. Désormais, vos communications seront interceptés en dehors de toute autorité judiciaire (loi Hadopi, fichiers Edvige et Cristina), votre ADN sera fiché, et ce qui reste de vos droits revendus au plus offrant. La seule question encore en suspens, c’est : et VOUS ? quand viendront-ils vous arrêter ? Inutile de demander pourquoi VOUS serez arrêtés : ils trouveront ...

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21 mars 2009

Comparutions immédiates de manifestants après le 19 mars : Rapide Compte rendu d'audience

Rapide Compte rendu d'audience du 20 mars 2009

Ils sont 10 à comparaître sur les 17 arrêtés (1).
Rappel des faits selon le rapport du Commissaire:
En marge de la manifestation du 19 mars qui a réuni 12000
manifestants (selon les RG) à St Nazaire, à 16h59, des jeunes se
dirigent vers la sous préfecture. Attroupement allant jusqu'à 600
personnes. Des propos hostiles au président sont entendus, un drapeau
tricolore est brûlé. Les sommations de se disperser sont faites à
17h27, 17h34 et 17h42. Ces sommations sont accompagnées des tirs de
trois fusées rouges réglementaires à chaque fois. Des véhicules de la
BAC font l'objet de vitres cassées et une bouteille d'acide
chloridrique est retrouvée dans l'une d'elle.
Le procureur insiste sur le fait que les forces de l'ordre était cachées.
Il annonce : ils sont venus s'amuser pour en découdre avec les forces de l'ordre.
6 personnes étaient alcoolisées et c'est un mélange alcool/bêtises qui les amènent ici ce soir.
Une copie du texte "les révoltés du 29" paru sur Indymédia Nantes est dans chacun des dossiers des prévenus, comme élément à charge sur l'intentionnalité de constitution de regroupement armé.
Les inculpés sont trop nombreux pour tenir dans le box. Ils sont donc devant le banc des avocats, face au tribunal, dos au public.
Une vingtaine de policiers séparent les inculpés du public dans la salle. Une vingtaine de membres du codelib se relaient pendant l'audience qui s'ouvre finalement à 19H00 par une comparution n'ayant rien a voir avec la manif (un SDF jugé pour incendie).
Des collègues, amis, familles de prévenus sont également présents.
Le procès des manifestant s'ouvre vers 20H00, et se terminera après minuit. la presse quittera l'audience avant la fin des comparutions.
L'information de mise sous mandat de dépôt pour les personnes refusant la comparution immédiate est annoncée.
Les chefs d'inculpation sont très proches pour l'ensemble des prévenus avec cependant quelques détails:
- Violence (avec ou sans armes) sur agent des forces de l'ordre sans avoir entrainné d'ITT
- Participation à attroupement armé
- outrage à agent
- Refus de prélèvement d'ADN
Deux des dix prévenus refusent comparution immédiate. ils sont immédiatement déféré à la maison d'arrêt de Nantes.
Il seront donc finalement 8 à comparaître
La mise en scène est assez bien orchestrée.
Le premier à comparaître assume politiquement sa colère. Il se fera interrompre et rabrouer car "ici on ne fait pas de politique".
Il est accusé d'avoir provoqué la révolte et incité les personnes à venir en découdre avec les forces de l'ordre.
Le procureur demande 8 mois de prison. Peine qui sera suivi par le tribunal avec mandat de dépôt.
L'Avocate de la défense qui termine sa plaidoirie en arguant que "si le tribunal n'est pas un lieu où l'on fait de la politique", elle espère que son client "sera jugé sur les faits et que le tribunal ne rendra donc pas un jugement politique" se fait vertement tancée par la présidente du tribunal, qui demande l'inscription de la phrase aux minutes, sans doute pour signalement au Bâtonnier..
L'ambiance est donnée : la défense n'a rien à dire, et surtout pas des choses dérangeantes!
Le second est chargé pour ses problème d'alcool, et ses antécédents judiciaires en la matière.
Le ministère public joue donc une partition assez claire : des meneurs révoltés qui n'ont pas droit à l'expression et qu'il faut mâter, ou des alcooliques irresponsables dangereux, qu'il faut mettre au banc de la société.
Pour 6, les peines prononcées par le tribunal sont supérieures aux réquisitions du procureur.
Procureur/ Tribunal
6 mois avec sursis avec obligation de soins (alcool)/ 4 mois ferme et
2 avec sursis
4 mois avec sursis avec obligation de soins (alcool)/ 4 mois ferme
4 à 6 mois dont une partie ferme/ 4 mois ferme
3 à 4 mois ferme avec mandat de dépôt/ 4 mois ferme
4 mois dont 2 avec sursis/ 4 mois ferme
4 mois dont 2 avec sursis /6 mois avec sursis et 5 ans de mise à
l'épreuve (un jeune majeur -18 ans le 11 mars) qui passait par là
après son boulot, s'est trouvé pris dans le mouvement de foule et qui
a reconnu ne pas aimer les CRS...)
4 mois dont 2 avec sursis/ 4 mois ferme
Petit exemple de la prise en compte du contradictoire :
Concernant un des inculpés, l'avocat démontre par le biais d'une
photo prise par les forces de l'ordre que l'individu cité dans le PV
d'accusation (un individu virulent avec un vêtement rouge) ne
correspond pas à la description de son client. Sur le cliché, l'homme
est vêtu d'un sweat rouge à capuche alors que son client porte un
pull rouge sans capuche. Il en résultera tout de même 4 mois ferme.
Les autres dossiers sont à l'avenant...
Par deux fois des policiers Nazairiens se constitueront partie civile
pour des dommages et intérêts pour outrage. Ils obtiendront 1 euro
symbolique...
Des dossiers très maigres, où seule compte la parole des policiers,
puisqu'ils sont assermenté. Les photos au dossiers ne montrent rien
d'autre qu'une présence de certains des prévenus. Les violences sur
agents ne sont étayées par aucune ITT, ni aucune plainte. Bref, des
dossiers monté sur le dos des personnes ramassées et qu'il s'agit de
confondre par tous les moyens.
Aucune prise en compte des plaidoiries, ni sur les aspects
juridiques, ni sur les aspects circonstanciés propres à chaque
personne et à ses actes. Gestuelles, mimiques et soupirs
désapprobateurs de la présidente pour déstabiliser les avocats...
Menaces explicites quand les plaidoiries sont trop pertinentes. Il
faut être aux audiences pour comprendre ce qui se joue en pareils cas.
4 mois semble devenir la réponse automatique du tribunal de Saint-
nazaire. Automatisme qui ne peut qu'attiser la colère et discréditer
encore un peu plus cette parodie de justice.
Comment comprendre que le plus souvent le tribunal de Saint-Nazaire
aille au delà des réquisitoires ?
Tribunal et procureur alternent entre mépris de classe et cynisme
judiciaire. Cette justice là n'est qu'un instrument de répression, et
fait clairement le choix d'une spirale du rapport de force en tapant
toujours plus fort. Ce qu'il va falloir analyser pour trouver les
réponses appropriées.
Comme précédemment, ce sont des salariés qui prennent, plutôt jeunes,
en situation précaire (intérim, chômage) mais le plus souvent avec
des qualifications.
Le message est clair : il faut se résigner à tout accepter, car force
doit rester à la loi. Drole de conception de la démocratie et de la
justice.
Les 8 prennent finalement non pour ce qu'ils on fait, mais pour avoir été là.
Celui qui prend le plus, paiera de 8 mois fermes pour avoir été là,
mais pour avoir justifier sa colère au regard de la situation
politique et sociale, et ne pas s'être contenter de dire qu'il
n'avait fait que suivre le mouvement.
Il est sortis sous les applaudissements de la salle.
Maigre consolation !
A la sortie nous avons récupéré les 7 camarades qui n'avaient pas de mandat de dépôt.
Inutile de vous dire qu'ils était salement cabossés, alors qu'aucun
n'avait opposé de résistance aux moment des arrestations !

Note :
Pour les autres gardé-à-vue le soir du 19 : 2 mineurs passeront
ultérieurement. 5 majeurs seront convoqués en avril.
Un troisième mineurs, interpellé le 20 parce qu'il recherchait son
sac sur le lieu de la manifestation, sera également convoqué par le
juge pour enfants!

http://www.codelib.info/2009/03/comparutions-immediates-de-manifestants.html


      

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